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La faveur des empereurs Souabes

l'historiographie romantique 527

qu'en Angleterre aujourd'hui encore, des catégories entières de documents n'avaient cessé de rester en vigueur. L'historiographie s'en trouvait gênée à chaque pas : car cela pouvait entraîner des suites fâcheuses qu'une personne non autorisée pénétrât dans les secrets des archives, même si elle ne voulait que faire des recherches archéologiques sur un passé lointain.

Ce danger fut écarté en bien des cas par la Révolution française. De nombreux Etats, comme les grandes Républiques italiennes, disparurent complètement ; des classes entières perdirent d'un coup tous leurs privilèges, comme la Noblesse française au 4 août. Beaucoup de prétentions juridiques furent déboutées en principe. Une masse énorme de papiers d'Etat se trouva ainsi périmée et put être mise à la libre disposition de l'historiographie. Déjà pendant la Révolution les Archives en France furent ouvertes à tous. Il ne faut pas déprécier cet avantage extérieur par la raison qu'il ne semble pas servir à faire comprendre l'esprit de l'histoire. Qu'on s'imagine ce qu'aurait pu faire Ranke, si les archives vénitiennes ne lui avaient pas été accessibles.

C'est peu à peu seulement que l'exemple de la France agit sur les Etats qui ne s'étaient pas séparés aussi violemment de leur passé. Ceux-là aussi se mirent petit à petit à livrer leurs Archives aux recherches historiques, naturellement sauf les parties qui avaient une importance politique actuelle. Fait caractéristique, l'Angleterre, qui laissait à ses historiens une plus grande liberté que tout autre pays, résista à l'ouvertures de ses Archives plus longtemps que les Etats du continent transformés par la Révolution : c'est qu'en Angleterre on pouvait au xix^ siècle encore alléguer comme droits en vigueur des précédents tirés du moyen âge, parce que la législation n'a jamais été codifiée.

Il en est à peu près de même de bien des points de droit dans l'Eglise catholique. Là aussi de nombreuses institutions possèdent des privilèges particuliers qui n'ont jamais été formellement abolis. Aussi la Curie n'a-t-elle que tout récemment ouvert ses Ai'chives, maintenant que par suite des modifications modernes de la situation politique une grande partie de l'ancienne légistatioa ecclésiastique est pratiquement périmée.

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