‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 239 sur 341 · HEGEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

HEGEL HISTORIEN

aus^ (ibid. 1.48). Ce n'est qu'en apparence qu'une philosophie est réfutée par une autre. Dî'ese Widerlegung kommt in allen Enlwicklungen vor. Die Entivickhmg des Bamnesist Widerlegung des Keimes, die Blute die Widerlegung derBldlter, dass sie nicht die hôchste, wahrhafte Existenz des Baumes sind. Die Blute ivird endlich widerlegt durcli die Frucht; aber sie kann nicht zur Wirklichkeil kommen ohne das Vorhergehen aller frilheren Stuf en'- (I,ol). L'historien de la philosophie n'a pas à raisonner ni à juger, mais à comprendre et à justifier chaque système à sa place. Ici règne aussi la grande présomption que le monde a marché selon la raison [Die grosse Pràsumtion dass es in der Welt vermmflig zugegangen I, 49.)

Cette raison s'exprime en ce que Die Aufeinanderfolge der Système in der Geschichte dieselbe ist ivie die Aufeinanderfolge in der logischen Ableitung der Begritfsbestimmungen der fdee^ (I, 43) et que das Fortleitende die innere Dialeklik der Gestaltungen ist I, 50.)

On voit quelle violence Hegel impose aux faits, et l'histoire a depuis suffisamment démontré combien peu son système répond à la réalité. Mais il y a deux choses qu'il ne faut pas oublier.

Premièrement, Hegel, d'accord avec toute la conception romantique de l'histoire, a décidément mis fm, sur le terrain de l'histoire de l'esprit, aux explications individuelles et pragmatiques. La méthode consistant à dériver des systèmes philosophiques de mesquines intrigues personnelles, avait vécu.

Deuxièmement, la tentative était faite pour la première fois de composer une histoire de la philosophie où était établie une connexion intime entre les différents systèmes. Avant Hegel il n'existait que des histoires de philosophes, de même qu'avant Winckel-

1. La diversité des principes qui apparaît ici n'est pas indéterminée, mais nécessaire ; les formes s'intègrent dans la forme complète. Ce sont les déterminations de la forme primitive; leur image constitue le tout.

2. Cette réfutation se présente dans tous les développements. Le développement de l'arbre est la réfutation du germe, la fleur réfute les feuilles, en montrant qu'elles ne sont pas l'existence suprême et véritable de l'arbre. La fleur est enfin réfutée par le fruit, mais il ne peut arriver à la réalisation sans les degrés qui l'ont précédé.

3. La succession des systèmes dans l'histoire est la mémo que la succession dans la dérivation logique des déterminations de l'idée.

4. Ce qui dirige le développement, c'est la dialectique interne des formations successives.

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mann il n'y avait eu que des histoires d'artistes. Si Hegel a poussé à l'extrême ses vues sur les rapports de dépendance de systèmes philosophiques récents vis-à-vis de plus anciens, s'il les a comprimés dans son malheureux cadre dialectique, cela diminue son mérite, mais ne l'eflace pas. Il fut le premier qui s'essaya à une histoire génétique de la philosophie.

Aucun autre de ses ouvrages historiques n'a produit dans l'historiographie des effets aussi marqués que cette œuvre qui était son cours favori. On peut bien dire que sans son Histoire de la philosophie toute l'histoire moderne de la philosophie et des dogmes aurait pris une autre figure.

Et cela malgré les défauts qu'avait l'ouvrage, abstraction faite de l'erreur spéculative initiale. Ce n'est pas un livre, c'est un cahier de cours, qui ne peut passer pour un travail fini. Les études préliminaires, comme on ne pouvait l'attendre autrement d'un écrivain encyclopédique, ne sont pas très profondes. La répugnance contre la nouvelle méthode de critique philologique a eu souvent des effets fâcheux. Mais tout cela, c'étaient des imperfections que des disciples spécialistes pouvaient aisément corriger et qui ont été bientôt corrigées. Elles ne touchaient pas le cœur de sa conception.

La « Philosophie de l'histoire ». — U Histoire de la philosophie partait d'une hypothèse non démontrée. Elle remplaçait par des constructions dialectiques les contingences imprévisibles du cours de l'histoire. Elle spiritualisait outre mesure Ihistoire de la philosophie, en détachant les systèmes des philosophes de toutes leurs racines non philosophiques, en les isolant même de leur entourage spirituel, par exemple des croyances positives des masses contemporaines. Mais elle traitait au moins un sujet qui avait une réelle continuité interne, et qui appartenait à l'histoire de l'esprit.

La Philosophie de Ihistoire de Hegel, au contraire, représentait un essai sur un sujet mal approprié.

Déjà la supposition qu'il y avait une histoire universelle avec un développement d'ensemble n'était pas soutenable. La doctrine de saint Augustin et de Bossuet, qui groupait Vhistoire universelle autour du christianisme, était étroite, mais formait un système serré et conséquent. L'idée de l'éducation du monde pour le christia-

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