HEGEL HISTORIEN
nisme une fois traduite en langage laïque et nmétaphysique , il n'était plus possible, en tout cas, il était peu philosophique de garder le point de vue européocentrique, qui ne peut se soutenir qu'en présupposant une religion hors de laquelle il n'y a pas de salut. On pardonne à un philosophe de tenir son système pour l'aboutissant de tout le développement philosophique, et de faire converger vers ce but final la spéculation antérieure. Mais un penseur qui voit dans l'état politique du présent le but de l'histoire universelle descend au rang d'un publiciste. Et quand il identifie ce but avec la constitution accidentelle du pays et qu'il essaye de dresser celle-ci comme le résultat raisonnable de l'histoire en face de mouvements d'opposition réformatrice, sa philosophie prend l'aspect désagréable d'une apologie officieuse.
Ce fut le cas pour Hegel.
Pour lui, l'histoire universelle était der (notwendige) Fortschrift im Bewusstsein de?' Freiheit^, développement qu'on ne pouvait construire qu'en plaçant « lOrient » au commencement, en le faisant suivre par les Grecs et les Romains, et en terminant par les peuples germano-chrélie^is . Or, cette série peut bien servir de base quand on veut donner une histoire de la civilisation européenne. Mais quand on met hardiment, comme Hegel, l'État au centre de l'histoire universelle, on n'a pas le droit de changer arbitrairement la scène géographique et d'imaginer un enchaînement entre des formes d'États qui avaient à peine entre elles un contact quelconque. Et où puisaitil la compétence nécessaire pour conclure de la tendance à une plus grande liberté politique qui s'était manifestée en Europe dans les derniers siècles à un plan d'histoire universelle de l'Esprit du monde .'* N'aurait-il pas pu aussi bien partir de l'Orient actuel, par exemple (puisqu'une reconnaissait pas l'histoire de peuples n'ayant pas formé d'États, tels que les Indiens) de l'État chinois? Il donnait comme but final au monde Das Bewusstsein des Geistes von seiner Freiheil und ebendamit die Wirklichkeit seiner Freiheit- -. eh bien, ce monde, même quand on en retranchait tous les peuples non doués politi-