‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 25 sur 341 · PONTAN. — PETITS AUTEURS A NAPLES · texte numérisé non relu

PONTAN. — PETITS AUTEURS A NAPLES

roi Alphonse pour être employé à la Chancellerie, vice-chancelier 1463. mort à Naples 1503) n"a composé qu'un seul ouvrage historique : De Ferdinando I rege neapolitano Alphonsi fdio 11. vi. Le titre fait illusion. Pontan ne donne, comme il en fait lui-même la remarque en finissant, qu'une histoire du Bellum neapolitanum, c'est-à-dire de la guerre entre le roi Ferdinand et le duc d'Anjou, Jean de Calabre 1460-1465. Une seule phrase résume les trente autres années du règne. 1"^ éd., Naples, 1509 ; puis dans Graevius IX, 3. — La monographie de C.-M. ïallarigo, G. P. i: i suoi tempi ; I. I : la vita (1871) ne contient rien sur Pontan historien.

Le successeur de Facius n'était plus un bel esprit, mais un homme d'Etat averti. Peut-être est-ce la cause de son infériorité dans l'art de la narration. Facius s'était senti dans son historiographie comme un poisson dans l'eau. On voit avec quelle joie il saisissait l'occasion d'y faire preuve de sa virtuosité de style et de son talent descriptif. Pontan ne s'astreignit qu'à contre-cœur à la manière humaniste. Son exposition ne s'anime que quand il abandonne la forme traditionnelle, dans les nombreuses digressions d'antiquaire qui sont bizarrement enchevêtrées avec l'histoire des expéditions de guerre et de pillage rattachées tout extérieurement l'une à l'autre. A la fin, Pontan se dédommagea des efforts que lui coûtait l'historiographie par une dissertation archéologique en forme. Il s'en excuse à peu près comme un écolier qui, en s'acquittant consciencieusement d'une tâche obligatoire, s'est acquis le droit à un plaisir extra.

C'est un indice du caractère personnel de l'historiographie napolitaine que Ferdinand I*"" n'ait pas cru nécessaire de commander un ouvrage faisant suite à l'histoire de Facius. Bien que Facius n'ait pas traité les trois dernières années du règne d'Alphonse, Pontan commence à l'avènement du nouveau roi. Le manque de liberté de l'historiographe se trahit curieusement dans l'introduction. Pontan, cherchant à caractériser la situation politique générale de l'Italie, fait un tableau assez réussi de la condition oii se trouvent les grands Ktats. Il les examine tous... sauf Naples, dont il donne tout juste le nom.

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