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L'école de Hegel

Le système de philosophie de l'histoire de Hegel a eu sur l'historiographie une influence puissante. INIais il n'a été réellement fécond que dans l'histoire de l'esprit. Sa spiritualisation de l'histoire générale et de l'histoire politique, sa tentative pour présenterl'histoire du monde comme le progrès dialectique d'une idée qui serait identique à la réalité, se trouvait en contradiction trop frappante avec les faits réels pour que les historiens politiques aient pu lui rester fidèles. Mais elle domina l'histoire de la théologie dogmatique et de la philosophie, surtout quand les historiens venaient de la théologie et étaient par là prédisposés à admettre un plan de la Providence dirigeant la marche de l'histoire.

a. — Baur.

Ferdinand Christian Baur, né 1792 à Schwieden près Kannstadt, théologien, 1817 professeur à la Klosterschule de Blaubeuren, appelé 1826 à l'université de Tubingue, où il mourut 1860. De ses nombreux écrits sur l'histoire de l'Eglise et des dogmes, nous ne nommons que les principaux :

1" Das manichàische Religionssystem, 1831.

2" Die christtiche Gnosis oder die christliche Religionsphilosophie in ikrer geschichtlichen Entivicklung , 1835.

3'^' Lehrbuch der christlichen Dogmengeschichte , 1847.

4^* Paulus der Apostel Jesii Christi, 1845.

5*^ Kritische TJntersuchungen ûber die kanonischen Evangelien, 1847.

6° Kirchengeschichte, 1853 à 1863 ; les deux premiers volumes publiés encore par lui-même (le premier sous le titre Das Christentam und die christliche Kirche der drei ersten Jahrhunderte), le troisième préparé par lui, les deux derniers d'après les cahiers de cours qu'il a laissés.

7° Die Epochender kirchlichen Geschichtschreibung, 1852.

r)48 • HISTOIRE DE L HISTORIOGRAPHIE MODERNE

Cf. 0. Ffleiderer, Die Eniwickluag der protcstanlischen Théologie, 1891 ; K. Weizsacker, F. Chr. B., 1892 (discours) ; G. Fràdiich F. Chr. B... als Thcologe. SchvifWellev und Charaktcr 1909; E. Schneider, F. Ch. B. in sciner Bedeutung fur die Théologie, 1^09.

Baur disciple de Hegel. — Le disciple le plus grand et le plus inlluetitdc l'Iiistorien Hegel fut le théologien wurtembergeois Baur.

Baur emprunta tout à fait à Hegel ses vues sur la philosophie de l'histoire. Ses travaux d'histoire ecclésiastique ne font qu'appliquer à l'histoire du christianisme ou plutôt du dogme chrétien la méthode de r histoire de la philosophie. Si le maître avait vu dans l'histoire de la philosophie l'épanouissement de l'idée de la philosophie, Baur regardait l'histoire de l'Eglise comme l'épanouissement de l'idée chrétienne. Comme Hegel, il croyait que le procès dialectique à l'aide duquel le constructeur d'un système développe une idée était aussi la forme réelle du développement historique.

11 avait sur Hegel cet avantage de traiter un sujet dont la continuité interne était bien mieux établie que l'unité de la philosophie moderne et de l'ancienne. 11 était en état d'infériorité en ce que la conception idéologique était beaucoup moins bien appropriée à l'histoire de l'Eglise et de la doctrine chrétiennes qu'à l'histoire de la philosophie.

Baur ne traite pour ainsi dire que la philosophie de la religion ou de la théologie. Il ne prend pour articles de foi que les idées qui avaient été formulées et propagées dans des cercles à éducation philosophique. Ses idées n'ont point de contact avec la réalité. 11 négligeait l'élément personnel et irrationnel (ses grands hommes, comme ceux d'Hegel n'agissent, que parce qu'ils personnifient une forme de l'idée) ; il plaçait les transformations des dogmes en dehors des circonstances politiques, sociales et géographiques, même en dehors des ciiangements essentiels dans l'organisation ecclésiastique ; mieux encore il les détachait de leurs rapports avec les idées réelles des masses. Il suivait bien çà et là l'action des systèmes philosophiques sur la doctrine chrétienne, mais il en restait là.

Les historiens politiques contemporains n'analysaient volontiers que les idées des personnalités dirigeantes et ne se représentaient comme pouvoirs actifs que les gouvernements et les parlements : de même, pour Baur, le peuple, les laïcs et les communautés, dispa-

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