L'école narratme
a. — Barante.
Prosper Brugière, baron de Barante, né 1782 à Riom, mort 1866, diplomate, publiciste, conseiller d'Etat sous l'Empire et sous la Restauration ne compte dans l'historiographie que pour son ouvrage principal, l'Histoire des ducs de Bourgogne (1364 à 1483), f" édition 1824 à 18-26.
Le baron de Barante fut le vrai classique de la nouvelle école romantique inspirée par Walter Scott. Nul n'a représenté plus purement la doctrine de la couleur locale. Thierry unissait sans les relier la forme de Chateaubriand à des théories empruntées à Saint-Simon et à d'autres : Barante ne présenta qu'une narration. Ce n'est pas en vain qu'il donna pour devise à son histoire le mot de Quintilien : Scribiluradnarranduyn, nonadprobandum. Il déclara son intention lormclle de rendre à l'histoire le charme du roman historique (Préface, p. xl). Il ne poursuivit aucune tendance, pas même celle dune réhabilitation du pieux et chevaleresque moyen âge. Il s'abstint de toute réflexion. Son récit devait agir à la façon d'une ancienne chronique, uniquement par sa naïveté.
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Son succès fui dil en grande partie à ce qu'il sut trouver pour son but la matière la mieux appropriée. Aucune école lustoriograpluque n'a traité les côtésextérieurs et variés de la vie avec autant de complaisance et d'abondance que les chroniques de la Flandre française du xiV et du xv*" siècle. Le style de Rubcns qu'employaient Froissart et ses confrères avait si bien taillé la besogne aux romantiques qu'il ne restait j)resqne plus rien à faire pour le conteur moderne avide de couleur locale. Aussi, tant que la mode littéraire resta fidèle au goût romantique, il n'y eut guère d'ouvrage qui pût le disputer en popularité à ÏHisioire des ducs de Bourgogne de Baranle. Son pastiche habile, quoiqu'au fond très vide, eut la vogue comme un roman historique. Le déclin fut d'autant plus rapide. La science plus récente ne lui reprocha pas seulement le manque de critique des sources; elle fut choquée de ce que Barante n'abordait même pas les problèmes historiques.
b. — Thierry.
Augustin Thierry, né 1795 à Blois, 1814-1817 secrétaire de Saint- Simon, puis écrivain libre, nommé 1835 par le duc d'Orléans bibliothécaire du Palais-Royal, mort 1856 à Paris, depuis 1826 aveugle et paralysé. Ses titres historiques sont principalement VHistoire de la conquête de V Angleterre poj' les Normands (1825 ; fortement modifiée dans les éditions d'après 1830) et les Récits des temps mérovingiens (1840; auparavant 1033 ss. dans la Revue des Deiix-31 ondes). 11 développa son programme historique dans les Vingt-cinq Lettres sur l'histoire de France, dont dix parurent d'abord 1820 dans le Courrier français (le tout sous forme de livre, 1827). Des articles progiammes du même genre et des Essais critiques des années 1817 à 1827 sont rassemblés dans Dix a7is d'études historiques (1834). Les deux livres ont été fortement modifiés dans les éditions suivantes. Essai sur l'histoire de la formation et des progrés du Tiers-Etat 1853.
Cf. à coté des histoires de la littérature française : C. Jullian, Aug. Thierry et le mouvement historique sous la Restauration, dans la Revue de synthèse historique 13 (1906) 129 ss. L. Aubineau, M. A. Thierry et son système historique 2'^ édition 1879 (critique faite au point de vue ultramontain).
Ne pas confondre avec Augustin Thierry son frère Amédée Thierry (1797-1873), également historien, auteur de l'Histoire des Gaulois (1828).
Thierry et Ranke : différence de leurs méthodes. — Augustin Thierry était une nature moins simple.
Son ouvrage principal, \ Histoire de la conquête de V A7iglelerre