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Adolphe Thiers, né 1797 à Marseille, d'abord avocat, puis surtout journaliste, à partir de 1820-21 à Paris, lb32 et 34 ministre de l'Intérieur, 1836 et 1840 Président du conseil, ensuite dans l'opposition, après 1848 partisan de Napoléon jusqu'au coup d'Etat, prend part aux négociations qui terminèrent la guerre de 1870-71, élu Président de la République, se retire 1873, mort 1877 à Paris. Son Histoire de la Révolution française (1S23 à 1827) fut continuée par un ouvrage de plus de valeur, VHistoire du Consulat et de l Empire (1845 à 1862).
Cf. sur Thiers historien d'abord la dissertation-programme [Avertissement de Vauteur) en tète du tome XII (1855) de l'Histoire du Consulat. — J. Simon, Thiers, Guizot, Rémusat, 1885 ; P. de Rémusat, Thiers, 1889 ; nous ne pouvons guère citer que comme une curiosité les 3 volumes du Comte de Martel parus 1883 87 sous le titre Les histoiiens fantaisistes, M. Thiers. Plusieurs points de vue justes dans l'article de P. Lanfrey. Etudes et Portraits politiques, 3'^ édition, 1874.
Le contemporain et le rival de Guizot, Adolphe Thiers s'éloigna plus encore du lilbéralisme vulgaire dans la conception de l'histoire. Il appartenait plus décidément que le premier à la tendance historiographique issue de Voltaire. Ce n'était pas un doctrinaire libéral. Il préconisait l'État fort rationnellement administré, tel qu'il avait existé selon lui dans les premières années du pouvoir personnel de Napoléon. Que cet ordre fût établi et maintenu par un despote ou par un gouvernement parlementaire, cela ne le préoccupait pas; les moyens lui étaient indifférents, pourvu que le but fût atteint. Il ne se récriait pas avec les libéraux dogmatisants contre l'absolutisme, aussi peu que plus tard il prêta la main aux tentatives sans espoir de rétablissement de la monarchie. Il avait toujours les yeux ouverts sur la situation concrète, sur les nécessités de l'existence politique.