Erdmannsdôi'iTer
Bernhard Erdmannsdôrffer né 1833 à Altenburg, 1858 privatdozent en histoire àléna, 1862 à Berlin où il s'était transporté 1861, 1864 professeur d'histoire à la Kriegsakademie, 1869 professeur adjoint à l'Université, 1871 professeur titulaire à Greifswald, 1873 appelé à Breslau, 1874 à
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Hoidelberg où il meurt 1901. Auteur de Deutsche Geschichte vom Weslfdlù^chcn Frieden bis zum Regierungsantritte Friedrichs des Grossen 1892-93. — Cf. là-dessus avant tout la critique dans la Hlst. Zeitschrift 73 (189i), 329 ss. ainsi que le discours de D. Scliaefer ibid, 87 (1901), 56 ss., reproduit dans le second volume de ses Aufsàtze, Vortràge und Reden, 1913.
Cette évolution vers la considération impartialement scientifique de l'histoire nationale se prononce déjà chez le successeur de Treitschke dans sa chaire d'Heidelberg, Bernhard Erdmannsdôrffer
ErdmannsdorHcr appartenait encore, en général, à l'école de Sybel. C'était un historien politique : l'Etat et son développement, les actes des hommes qui sont intervenus d'une manière marquante dans l'histoire politique, forment le contenu de son exposé ; il n'assigne qu'une place secondaire à l'histoire de la pensée et de la civilisation; l'histoire économique est tout à fait reléguée. Mais pour sa tendance Erdmannsdôrffer n'avait rien à faire avec les autres élèves de Sybel. Il n'écrivait plus, comme Treitschke, dans les dispositions batailleuses des années 60. Ses jugements avaient l'impartialité du chercheur qui peut contempler d'un observatoire sûr l'histoire nationale. Il s'abstenait consciemment d'emprunter au présent le critère de son jugement historique, c'est-à-dire de critiquer le passé exclusivement d'après les services rendus par lui à l'idéal politique du présent. Il cherchait à comprendre les personnages de l'histoire par leur époque et leurs intérêts. Il se refusait à regarder, ainsi que Droysen, les Hohenzollern comme ayant été dès l'origine les champions de l'unité allemande ; il se refusait à faire payer ainsi que Sybel aux hommes d'État autrichiens de l'ancien temps l'aversion du politique de la « Petite Allemagne ».
Erdmannsdôrffer marque la fin de l'historiographie de la « Petite Allemagne ». Son livre ne tend plus à l'éducation. Il ne veut plus, en passant par l'histoire, proclamer indirectement un évangile politique. Mais dans la disposition et la limitation de son sujet, il maintient les principes qu'avait suivis Sybel et Hausser. Son Histoire d'Allemagne fut la dernière production de l'école de Sybel et peut-être la plus accomplie pour ce qui est du poli de la narration et de l'objectivité du jugement. Mais elle ne renfermait pas de germes d'avenir; elle était le terme d'un développement qui avait fait son temps.