Lecky
William Edward IIahïpole Lecky, né 1838 à Dublin, homme de lettres, 1891) élu à la Chambre des eon)munes par lUniversilé de Dublin, mort 1903 à Londres, nous appartient par ses deux premières œuvres prineipales, HîS^ori/ ofthe Rise and Influence ofthe Spirit of Rationalism in Europe 1865 eiHistory of European Morals from Augustus ta Cliarlemagnei8&9. Moins original est le troisième ouvrage, écrit dans un esprit libéral modéré, History of England in the Eightccnth Century 1878 k 1890 (les chapitres sur rirlande parurent aussi à part sous le titre: Ireland intlw Eicjhteenth Century) intelligent ouvrage d'histoire pragmatique dans l'ancien style. — Cf. la biographie composée par sa femme : A Memoir of the Right Hon. W. E. H. Lecky, 1909. Lecky a développé ses principes historiographiques dans plusieurs articles : v. Historical and Political Essays 1908.
Btuckle trouva en Lecky son disciple le plus fidèle.
Dans son premier ouvrage, Lecky se borna à décrire le cas qui avait servi de point de départ à Buckle (et à Comte) pour leur doctrine des lumières intellectuelles comme seul instrument du progrès. Buckle en restait à des assertions générales, Lecky chercha à démontrer en détail que le progrès de la culture européenne dans les siècles était dû au recul de la conception théologique du monde. Le second ouvrage, l'histoire des idées morales en Europe d Auguste à Charlemagne, est un peu plus indépendant. Mais la position du problème est encore celle de Buckle. C'est à l'instigation d'un des axiomes les plus connus de V Introduction à l'histoire de la civilisation anglaise que fut posée la question de savoir si des principes moraux pouvaient se modifier dans le cours du développement. Lecky se montra seulement plus indépendant que dans son premier ouvrage en ce que, contrairement à son maître, il ne contesta pas péremptoirement la possibilité d'une telle modification, et entreprit même d'écrire Vhistoire d'une idée morale, la doctrine chrétienne de l'ascétisme. Son exposé sert du reste des intentions analogues à celles de Buckle : quand Lecky insistait sur le côté de la morale chrétienne que la doctrine protestante moderne avait à peu près laissé tomber, il avait l'arrière-pensée de formuler d'une façon saisissante la différence entre le renoncement chrétien et l'éthique du siècle des lumières qui poussait à la joie d'agir. Dans ce livre encore il est agnostique.