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Petits historiographes milanais

C'est une intelligente narration de Ihistoire milanaise dans les années d'après 1520 que composa Galeazzo Capra appelé Capella (né 1487 à Milan, secrétaire intime du ministre Morone, mort 1537). Il savait mettre les événements politiques dans une lumière et un relief extraordinaire; on comprend que Guichardin ait volontiers puisé à cette source. Ce jugement favorable n'est pas affaibli par le fait que l'auteur, naturellement, se met au point de vue des Sforza. — Commentarli de rébus gestis

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pro rcstitiUionc Franeisci II Mediolancsiam ducis, d'abord Niïi'omberg, 153?, puis fréquentes éditions, et au-^si dans Graevius. T//t'.s. Ant. It., 11, 2. Cf. Kanke. Zar Kritik ncucrer Geschichtschr., 92 1".

On ne trouve par contre pas plus de valeur originale que chez Crivelli (voir p. 50\ dans VHUtoirc Milanaise du patricien et juriste Bernardine Ahluno {Hisloriarum ah origine urbis Mediol. ad nostra usquc tcinpora sectioncs très, écrite entre 1523 et 1538; les parties 1500 à 1516 seulement publiées comme Bellum venetum dans Graevius V, 4, et 1521 à 1535 comme Bellum gallicum dans Mûller, Miscellanea d^istoria itaiiana lU ; l'impression de l'ouvrage entier commencée pou après la mort de l'auteur, vers 1550, fut arrêtée). Arluno s'est contenté de transcrire en latin humaniste les sources qu'il avait (pour le Bellum venetum., l'histoire de Morenigo. voir ci-dessus, p. 44) Cf. Ranke, Zar Krit., 90 ss.

d. — VÉtat de l'Église [Platina).

Les Vitw Pontificum (de Jésus-Christ à Paul II) ont été écrites sur l'ordre de la Curie par Bartolomeo Sacchi, qu'on appelle Platina du nom de son lieu de naissance Piadena, près de Crémone. Né 1421, humaniste, après 1453 au service des Gonzague comme précepteur des fils du marquis Louis ; en 1461 à Romp avec un de ces fils. Francesco, élevé au cardinalat; sous Pie II en 1464 nommé abbreviator papal; destitué par Paul II et quand il écrit à ce sujet une supplique au pape, incarcéré; relâché sur l'intervention du cardinal Gonzague, bientôt après arrêté de nouveau 1468 pour participation à la sodalité de Pomponius Leetus, mais finalement absous de l'accusation d'avoir conspiré contre la vie du pape. Sous Sixte IV, à l'élection duquel le cardinal Gonzague avait fortement contribué, chargé de l'administration de la Bibliothèque vaticane. Mort 1480. L'ouvrage fut remis au pape Sixte IV fin 1474 ou au commencement de 1475. Le manuscrit original contient encore le commencement d'une biographie du pape régnant [jusqu'à 1474]. (Cf Pastor dans la. Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswissenschaft de Quidde, IV [1890], 350 ss). l""" édition (jusqu'à Paul II), Venise 1479 ; le fragment de la biographie de Sixte IV seulement chez Muratori Scrip. 111, 2. Plus tard souvent continué. — G. 1. Schorn, Die Quellen zu den Vitae Pontificum Rom. des B. PL, 1913 (dissertation de Giessen; aussi dans la Rômische Quartalschrift 1913 kirchenhistorischer Teil). Sur VHùtoire de Mantoue de Platina, voir ci-dessous (p. 59).

La Curie ne pouvait rester en arrière des autres gouvernements italiens. 11 eût été inconcevable que les papes n'eussfent pas fait écrire leur histoire par un humaniste. Sixte IV confia la tâche à l'humaniste, favori des Gonzague, qui avait déjà fait ses preuves par une histoire de Mantoue.

La mission de Platina ne différait guère en principe de celle d'un Sabellicus ou d'un Merula. Comme eux, il avait à fondre les récits

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antérieurs, rédigés en un latin barbare, dans une histoire officieuse d'un style humaniste uniforme. Sur deux points seulement sa lâche s'écartait des voies habituelles.

D'abord l'histoire des papes — moitié celle d'un Etat, moitié celle d'une Institution — ne pouvait guère être mise sous la forme des annales de Tite-Live. Il était plus naturel de la raconter (comme Suétone l'a fait pour les empereurs romains) dans une suite de biographies. Gela dispensait Platina de la parure du style. Il pouvait renoncer aux discours et résumer les sources plus exactement que cela n'était permis aux annalistes. Le purisme perdait aussi du terrain. Un humaniste, ensuite, avait certains égards à observer vis àvis d'un sujet ecclésiastique. Platina n'était pas plus crédule aux miracles que tout autre historiographe humaniste. Mais sa critique avait des bornes. Merula avait pu rejeter les fables sur la fondation de Milan, mais non les légendes de famille des Visconti (ci-dessus, p. S3). Platina, de même, ne pouvait se montrer sceptique qu'autant qu'il n'abordait pas des légendes d'une importance fondamentale pour la papauté. Libre à lui de ne pas connaître (contre Jérôme et les écrivains plus anciens, cf. Ptolomaeus de Lucques, I, 15; édit. Muratori, XI, 766) la prétendue correspondance entre saint Paul et Sénèque, d'ajouter un ut aïunt à des miracles comme celui de la main séchée de l'évêque Georges, raconté dans le Liber Pontificalis (édit. Duchesne, I, 469; ou à l'histoire empruntée à Martin de Troppau sur le pape Sylvestre qui se serait donné au diable, ou à propos du racontar du même Martin que le tombeau de Sylvestre se mettrait à suer et ses os à claquer, quand un pape devait mourir, de faire cette remarque railleuse : Verumne sit an secus, ipsi Pontifices viderint, ad quos perlinet. Mais les légendes décisives dans la vie de saint Pierre, par exemple, il ne lui était pas permis d'y toucher. La tradition ecclésiastique l'entraînait d'ailleurs, tout humaniste qu'il était, à prendre souvent le ton de l'édification. C'est tout à fait dans le style d'un zélé moine mendiant que dans la vie d'Etienne III il oppose à la pieuse simplicité de l'ancien temps le faste moderne des prêtres.

Malgré ces concessions au style ecclésiastique, l'ouvrage de Platina marque un grand pas de plus dans la sécularisation de l'histoire. Platina est le premier auteur qui ait libéré l'histoire de l'Eglise de

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son isolement clérical ellail mise en rapport avec l'histoire profane. A cet égard, il s'émancipa complètement de ses sources. Le progrès ne s'accomplit d'abord que d'une façon tout extérieure. Etablir un lien organique entre l'histoire politique et l'histoire ecclésiastique, était au-dessus de forces de l'auteur, cl il entremêle très gauchement des extraits d'historiens profanes au texte ecclésiastique traditionnel. Mais la séparation artificielle était abolie.

11 ne faut pas chercher chez Platina des vues historiques profondes. Si l'on veut s'instruire sur le développement de la papauté, on ne trouvera pas son compte chez lui. Et puis ses Vies ne sont proprement ni de la biographie ni de l'histoire. Elle ne font en somme que raconter — couramment et superficiellement, comme les histoires par annales. Combien le portrait de Grégoire VII manque de couleur ! Combien peu Platina a-t-il tiré parti de la première épître de Clément P'' aux Corinthiens (qu'il mentionne) ! Les dernières biographies seulement, pour lesquelles il pouvait puiser dans ses souvenirs, font exception. Il a su donner particulièrement à Aeneas Sylvius un relief caractéristique. Sa plume enfiellée de haine a fait au contraire du portrait de Paul II une caricature, qui ne peut prétendre à la ressemblance.

Il est heureux pour Platina qu'il ait pu écrire ses biographies en un temps où la papauté comme institution n'était pas encore attaquée. Il n'avait pas à s'inquiéter d'un parti hostile prêt à se forger de tout document sur les fautes d'un pape des armes contre l'institution elle-même. La considération un peu usurpée dont il jouit longtemps repose en grande partie sur cette circonstance. Les Protestants l'appréciaient parce que son exposé de l'histoire des papes n'avait pas été expurgée encore à leur intention ; les catholiques cultivés y recouraient volontiers parce qu'il les instruisait sans pusillanimité confessionnelle sur l'histoire ecclésiastique médiévale. Une pareille objectivité fut pour longtemps inaccessible aux deux confessions. L'ouvrage ne fut-il pas môme, en 1580, mis à l'index de Parme (Reusch, Index, 580) !

e. — Les autres Etats italiens.

Les annales humanistes des autres Etats offrent peu de choses remarquables. En général, une brève indication suffira.

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