‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 48 sur 341 · Pîtti · texte numérisé non relu

Pîtti

Jacques Pitti, né 1519 à Florence, partisan des Médicis, élu sénateur 1558 sous Cosme F'', consul de l'Académie florentine, 1572 en ambassade auprès du pape Grégoire XIII, mort 1589 :

1° Apologia de' Cappucci, défense des Popolani de Florence contre les attaques de la Storia de Guichardin sous forme de dialogues — écrite après 1570 et probablement avant 1575. Inachevé. Le premier livre seul est conduit jusqu'au bout; rien ne reste des deux autres que l'ouvrage devait contenir [Arch. stor. it,, 1, p. xxvi). Edité dans Areh. stor. it., IV, 2(1853).

2" Istorie florentine. Également inachevé. Pitti ne voulait proprement narrer que l'histoire du siège de l'an 1529 et ne traiter les temps antérieurs que dans l'introduction. Mais il ne dépassa guère le commencement du siège; depuis 1494, le récit est plus détaillé. Les livres suivants on n'a conservé que des fragments. Publié dans Arch. stor. it., l (1842).

3° Vitadi A. GiacominiTebalducci le même sur lequel Nardi avait déjà écrit (voir p. 105). Existe en deux versions (1570 et 1574). Dans Arch. stor. it., IV, 2 (1853).

Littérature. — Ranke, Zur Kritik 39 ss. ne traite que de VApologia A. Giorgetti, Il Dialogo di Bartolomeo Cerretani fonte délie « Istorie fior. » di J. P. dans Miscellanea fîorentina di erudizione e storia, 1, 5 (mai 1886). Le dialogue de Cerretani dont le Sommario utilisé par Pitti n'est qu'un extrait, a été depuis publié en partie par J. Schnitzer dans les Quellen und Forschungen zur Geschichte Savonarolas III (1904). Cf. là-dessus J. Rocca « B. Cerretanis Dialog. », 1907.

La Storia d'Italia lut tôt après son apparition vivement attaquée par le parti des Popolani. Un contemporain plus jeune, Jacopo Pitti, né en 1519, chercha, dans un dialogue vivement écrit, par-

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semé de locutions populaires quelquefois peu intelligibles, à défendre le parti du peuple de Florence contre les reproches de l'aristocrate Guichardin. Il est possible qu'il ait touché juste sur quelques points. Mais en général son Apologie justifie brillamment l'imparliahlé relative de Guichardin. Car beaucoup des allégations de Pitti contre les Grands sont si évidemment et si monstrueusement forgées par la haine de parti, qu'elles pourraient suffire à confirmer le jugement sévère porté par Guichardin sur l'incapacité politique des Popolani. De plus les erreurs véritables censurées par Pitti sont si légères pour la plupart qu'on voit bien quel petit nombre d'inexactitudes pouvait découvrir même l'œil vigilant de l'adversaire.

Dans son Histoire florentine, Pitti ne s'éleva pas davantage audessus d'un esprit de parti borné. 11 y glorifie le Peuple d'une façon puérile (toutes ses fautes doivent être attribuées à l'excès de sa générosité et de sa confiance) ; il élève contre les Grands des reproches insensés; il les accuse, comme déjà dans VApologia (p. 296 s), d'avoir soutenu secrètement la rébellion des Pisans (p. 37) ; sa peinture de la situation extérieure montre fort peud'inteUigence politique et un optimisme bien naïf : de sorte qu'involontairement il vient à l'appui du jugement défavorable de Guichardin sur son parti.

Il faut considérer, il est vrai, que Pitti n'avait pas été ou n'avait été que comme enfant témoin de la plus grande partie de la révolution florentine et qu'il ne fait que répéter les récits fantastiques de vieux Popolani. Mais il ne les corrige nulle part. Son introduction sur l'ancienne histoire de Florence montre combien lui-même était déjà étranger à la politique : ce tableau sans couleur, cet enthousiasme de collège pour la liberté ne laissent pas soupçonner que le sujet avait été traité par des hommes comme Machiavel et Nerli. Nous savons pertinemment aujourd'hui que Pitti a emprunté presque toutes les données de faits de son second livre, principalement pour les années 1500 à 1519, à un extrait (Sommario) de la Sloriain dialogo délia mutazione di Firenze de Bartolomeo Cerretani (mort 1524) : son Histoire florentine ne peut dès lors prétendre à aucune valeur indépendante. Pitti a corrigé pour le style l'exposé du Piagnone un peu simple; il l'a empiré pour le fond en le reproduisant.

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