L'ÉCOLE DE Machiavel
a. — Nerli.
Philippe de' Nerli, né 1485 à Florence, zélé, ainsi que toute sa famille, pour les Médicis, lié d'amitié avec Machiavel (il parie, Comm., p. 138, I. Vil, de la part qu'il prenait aux conversations des Orti Oricellari), en 1517 et 1522 un des Priori di liberté, de 1524 à 1527 sous Clément 'VU, g'ouverneur de Modène; arrêté 1529 par les Arrabbiati à cause de ses sympathies médicéennes et gardé en prison jusqu'à la fin du siège; fut après la restauration des Médicis un des ouvriers les plus actifs de la consolidation de l'Etat; souvent employé à des ambassades par Cosmel^'', dont il était parent ; mort à Florence 1556. — il composa Commentarii de' fatti civili occorsi tiella città di Firenze dal 1215 al 1531 . L'époque d'avant 1494 (livres I, II et la plus grande partie du IIP) n'est traitée que comme introduction. Commencé et mené environ jusqu'au troisième livre en 1534 (p. 56). Nerli paraît avoir alors abandonné son travail. 11 ne le reprit, sur les instances du grand-duc qu'en 1549; comme Segni le cite, il doit avoir été terminé au plus tard en 1553. — Bien que présenté 1574 au grand-duc François par le petit-fils de Nerli, son ouvrage, comme beaucoup d'autres exposés historiques écrits sous Cosme I®"", ne fut imprimé qu'au xviii*^ siècle par les soins de Settimani et avec la fausse indication du lieu d'impression, Augusta 1728. Réimpression 1859. — Cf. Ranke, Zw Kritik, 81 s. et surtout Lupo Gentile, Studi sulla sùoriografia fiorentina (1905), 60 à 70; en outre A. Niccolai, F. de' N., 1906.
Son attitude vis-à-vis du sujet. — Filippo de' Nerli est de beaucoup le plus distingué des élèves de Machiavel.
Inférieur à l'auteur du Principe en originalité et pour le talent de synthétiser, Nerli le dépassait par son jugement sobre, topique, et son travail consciencieux. Il est vrai qu'il n'était plus dans la même situation vis-à-vis du sujet. L'histoire de la constitution florentine n'avait plus d'actualité pour lui. L'évolution était terminée, le principat des Médicis était délinitivement établi. Les féroces luttes de l'ancien temps étaient à jamais éteintes. Elles n'apprenaient plus à l'historien qu'une chose : les bienfaits qu'apportait la nouvelle monarchie. L'histoire de la constitution de Florence était pour Nerli ce qu'était celle d'Athènes pour Aristote : elle le touchait assez peu pour qu'il pût la traiter scientifiquement.
Pas tout à fait cependant. D'abord il avait été personnellement associé aux passions des derniers temps de la République : aussi