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Varcbi

Benedetto Varchi, né 1502 à Florence, adonné dès le jeune âge à des études humanistes et philosophiques, adhérent pendant les troubles autour de 1520 du parti républicain et par suite en exil durant les premières années de Cosme, rappelé 1534 à Florence, chargé 1546-47 d'écrire l'histoire des dernières révolutions de Florence, mort 1565. Sa Storia fioreniina (1527-1538) est inachevée, comme il appert de quelques renvois à des indications qui manquent, r^ édition, Cologne 1721, puis d'autres; la dernière 1857-58. — Cf. Ranke, Zur Kritik, 82 ss. Lupo Gentile, Studi sulla storiografia fiorentina (1905), 89 ss. Du même, Sulle fonte délia « Stor fcor ù di B. V. 1906 et dans le Bolletino stor. Pistoiese, II, 1 (sur les sources pour le cose di Pistoja). Sur l'accusation davoir utilisé des lettres falsifiées, cf. la littérature indiquée par Pastor, Gesch. der Papste, IV, 2 (1907), p. 392, note 1. — Renseignements biographiques chez Manocorda, B. V. 1903 (dans les Annali délia R. Scuola Normale Sup. de Pise, XVII).

Benedetto Varchi occupe parmi les historiens florentins une place tout à fait particulière. Il est en réalité le plus moderne d'entre eux.

Son dernier critique (Lupo Gentile) lui concède à peine le titre d'historien, parce que comme Segni il n'a pas eu l'activité pratique de l'homme d'Etat. Cela est injuste. Assurément Varchi n'éprouvait ni passion politique ni le besoin d'action politique. Il ne pouvait s'appuyer sur une expérience semblable à celle d'un Guichardin ou d'un Nerli. Homme paisible et timoré, il fuyait les périls de la vie publique. Mais cela ne l'a pas empêché de se distinguer comme historien.

Varchi était un lettré ; mais il prenait à l'histoire un autre intérêt que celui du style. Il ne l'abordait pas en rhéteur, mais en philosophe, tout au moins en psychologue. Il ne jugeait pas les situations politiques avec la sûreté d'un écrivain formé par les affaires; mais son analyse psychologique embrassait l'homme tout entier. Il ne savait pas aussi bien que les personnes mêlées aux affaires, relever dans des documents politiques les points essentiels en jetant au panier les choses insignifiantes ; mais la récolte de ses matériaux était aussi complète et aussi systématique que chez pas un, même chez Guichardin. Moins profond que Machiavel et Guichardin, il évitait en

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revanclïc la couleur tendancieuse de l'un et la partialité politique de l'autre. Il prôto une voix à la classe des indifférents ou des demiindifférents, qui n'avait jusqu'alors dans l'historiographie florentine pas de représentants, sauf sous les déguisements de la rhétorique. Remarquez cette petite phrase qui le trahit (III, 17) : Fu dagli nomini parte prudenti, i ouali delle oose politiche si dilettano, e parte dagli scioperati, i quali allra faccenda non hanno, sopra questa elezione (de N. Capponi comme gonfalonier 1527) variamente discorso. On chercherait vainement une remarque pareille chez Machiavel ou Guichardin : leur historiographie ne connaît que des gens mêlés à l'action.

Toutefois, sans les luttes constitutionnelles de Florence, on n'aurait pas eu Varchi. Non seulement elles le plongèrent dans la réalité politique, mais elles lui donnèrent la possibilité d'écrire comme il pensait. La liberté de parole de l'époque révolutionnaire se perpétua d'abord sous la monarchie. La génération de Cosme ne s'accoutuma que lentement à la nouvelle situation et le duc lui-même n'était pas encore l'Altesse Sérénissime du xvii' siècle. Varchi n'était pas obligé par des égards pour une cour d'adoucir le cynisme de son jugement. Sa sage et froide analyse psychologique ne rencontrait pas encore de barrières. On ajoute peu de foi à son affirmation (VI, 39) que le duc lui laissait pleine liberté ; on rappelle (Lupo Gentile, p. 90) que Cosme regardait le duc Alexandre et Clément VII comme illégitimes et ne devait pas se sentir atteint par une critique dirigée contre ces deux Médicis. Soit! 11 n'en reste pas moins que l'Histoire florentine de Varchi n'est pas une œuvre tendancieuse et que les documents officiels ont été mis sans réserve à sa disposition.

C'est dans l'ensemble plus que dans les détails qu'on s'aperçoit du manque de sens historique. Le temps était passé pour une histoire de la ville sous forme de chronique détaillée. Ce n'était pas pour rien que Guichardin avait laissé inachevée son Histoire florentine pour se mettre à écrire une Histoire d'IiALiE. Depuis que le sort de la Toscane se décidait à Madrid, l'historiographie restreinte à une localité était un anachronisme. Varchi n'a pas compris cela. Il consacre à dix années de l'histoire de Florence autant de place que d'autres à tout un siècle.

11 est vrai que cette prolixité n'était pas uniquement de sa faute.

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