‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 62 sur 341 · Petits ouvrages · texte numérisé non relu

Petits ouvrages

Trois seulement offrent des traits un peu remarquables.

La biographie de Pie II par Campanus (1429 à 1477, nommé par Pie évêque de Teramo ; cette vie, sans doute écrite en 1464, parut d'abord comme Epistola V, 1. dans les Opéra de Campanus [Rome 1495] puis souvent, et aussi chez Muratori Script. III, 2) et la biographie de Nicolas V par Giannozzo Manetti (voir p. ^0; chez Muratori, Script. III, 2) fournissent des peintures vivantes, parce que les auteurs parlent par leur propre expérience, Campanus du pontificat de Pie II, dont il a été le poète de cour, Manetti de l'activité favorable aux humanistes du pape qui avait fait de lui son secrétaire. Au reste, les deux écrits veulent être avant tout des éloges. Cf. G. Lesca, G. A. Campano (1892).

C'est un éloge aussi, en dépit du sujet, que la Vie de Charhmagne de Donato Acciaiuoli (né 1428 à Fioi'ence où il meurt 1478), humaniste et homme d'État (d'abord dans une édition latine des vies de Plutarque, Rome 1470 ^ puis aussi dans Mencken, Script. Rer. Germ. I, 1728). L'ouvrage fut composé quand une ambassade de Florence fut envoyée 1461 à Louis XI ; il fut offert en présent au roi. La dédicace à un successeur du héros aussi bien que la vénération de l'auteur pour le prétendu second fondateur de sa ville natale étaient des obstacles à l'impartialité. Pour l'essentiel il se fonde sur Einhard ; mais il remanie son texte à la façon humaniste habituelle. Des données précises sont remplacées par des tournures vagues, des remarques louangeuses sont amplifiés par la rhétorique. Einhard rapportait (c. 25) que Charles avait parlé latin aussi bien qu'allemand, qu'il comprenait le grec, mais ne savait pas le parler. Acciaiuoli le représente comme literis non modo latinis sed etiam graecis liberaliter institutus (éd. Mencken, p. 830). Sa critique historique est pleine de contradictions, ainsi qu'on pouvait l'attendre d'un disciple de Bruni. Acciaiuoli raconte, sans émettre le moindre doute, la légende de la reconstruction par Charles de la ville de Florence, et il ne rejette pas non plus sa croisade légendaire ni l'histoire de Roland.

1. Gomme il se trouve dans cette édition de Plutarque des restitutions latines des deux Vies perdues d'Annibal et de Scipion l'Africain, on a soupçonné Acciaiuoli d'avoir fait acte de faussaire. A tort, comme Lessing déjà {Briefe, 1753, pièce 25) le conjecturait. Si plusieurs éditions portent « traduites du grec de Plutarque », ce n'est pas la faute d' Acciaiuoli. Sa dédicace (imp. p. ex. dans l'édition de Cologne désignée par Hain, Rep. Bibl. sous le n° 13 124) le fait connaître comme l'auteur de ces Vies sans malentendu possible.

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