‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 71 sur 341 · I. — Observations générales · texte numérisé non relu

I. — Observations générales

L'historiograpliie humaniste en Italie avait bien été jusqualors dépendante des Autorités, mais non pas de l'Église. Elle avait dû souvent, en politique, se plier aux désirs des gouvernements ; mais elle n'avait pas eu de ménagements à garder pour la doctrine des théologiens, et ses mandants n'avaient pas tenu à une attitude correcte vis-à-vis de l'Église. Elle avait profité de cette liberté dans une large mesure. Elle était aussi peu cléricale, aussi incroyante que cela était possible avant les découvertes scientifiques du xvii^ siècle. Elle reflétait sans déguisement les vues des laïques éclairés d'Italie. Elle exprimait franchement ce que pensaient les classes dirigeantes de Florence et de Venise.

A la liberté de parole en religion semblait vouloir s'associer la liberté de parole politique. Déjà l'activité de Jove est caractéristique à cet égard. Les lettrés commençaient à prendre conscience de leur importance et pensaient pouvoir négocier avec les gouvernements sur un pied d'égalité. Des « maîtres-chanteurs » auraient pu, avec le temps, faire éclore des historiens indépendants. Plus décisif encore fut ce qui se passa à Florence. La République florentine avait de tout temps accordé à ses historiographes une plus grande liberté que d'autres États. La révolution de 1494 renversa les dernières barrières. Comment aurait-on eu peur des livres d'histoire, après que les derniers fondements de la vie politique avaient fait l'objet de discussions publiques !

La contre-réformation et l'établissement du Principal en Toscane amenèrent la fin de cet état de choses.

On connaît refl"et de la contre-réformation en Italie, le régime religieux et politique de l'Espagne imposé à tous les Etats italiens, à

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