Petits ouvrages
La valeur de Foglietta ne ressort que par comparaison avec les autres continuateurs des annales humanistes. Foglietta faisait au moins quelques concessions à la nouvelle tendance florentine et s'expliquait avec ses partisans. D'autres, qui n'avaient pas son intelligence, s'en tenaient encore absolument à la forme humaniste démodée. Ainsi son contemporain Jacopo Bonfadio (né au commencement du xvi*^ siècle à Gonzana, territoire de Brescia, en 1545 professeur de philosophie à Gênes, accusé 1550 de pédérastie et exécuté) écrivit l'histoire de Gênes de 1527 à 1550 dans l'ordre rigoureux des annales et dans un style puriste [Annalium Genuensium II. V. Bonfadio commence à peu près à la date où avaient cessé les annales d'Agostino Giustiniani. Inachevé. Composé de 1545 à 1550, l'*^ édit. Pavie, 1586; et aussi dans Grœvius, Thés. Ant. II. I, 2).
Tout aussi insignifiants sont les récits écrits en italien de l'histoire napolitaine. Le livre d'Angelo di Costanzo (né 1507 à Naples, mort après 1590; Istoria del regno di Napoli, de Frédéric H à 1489; 1'* édit. complète 1581) est médiocre comme exposition, et les recherches sont brouillonnes. Costanzo ne se contentait pas de parer de sa rhétorique les récits d'annalistes du moyen âge ; quand les détails manquaient, il se fabriquait lui-même, à l'instar d'Annius de Viterbe (ci-dessous p. 165) ses sources historiques (Matteo di Giovenazzo).
La monographie de Camillo Porzio sur la Conspiration des barons napolitains contre le roi Ferdinand I'^' ne vaut pas beaucoup mieux. Plus d'une observation montre que l'auteur a lu Machiavel et Guichardin et les descriptions géographiques insérées à l'imitation de Jove ne sont pas maladroites. Mais on y voit tout aussi clairement s'annoncer l'époque de l'absolutisme, Porzio ne saurait représenter des événements politiques autrement que sous la forme d'intrigues de palais. Il usa encore de documents originaux et ne se rendit que rarement coupable d'in-
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vcntions directes. Mais il employait ses témoignages sans critique, et poussait la peinture romanesque au point de faire penser trop souvent au Décamcron. La chronologie était au-dessous de lui. Son ouvrage est à la tète du développement qui aboutit aux romans historiques de Saint-Héal.
Porzio (né après 1526 à Naples, mort ibid 1580) à l'instigation de Jove dont il avait fait la connaissance entre i5!i0 et 1552, composa comme complément à l'œuvre historique de celui-ci la Congiura de Baroni del regno di Napoli contra il re Ferdinando I (jusqu'à 1486). Commencé en latin, puis rédigé en italien sur le désir du cardinal Seripando, afin que cela puisse servir d'exemple à tous les désobéissants dans le royaume, i''' édition, Rome 1565, puis très souvent (édit. Torraca 1885). Cf. Ranke, Zur Kritik ,
94 s. Littérature plus ancienne chez Torraca, Discussioni e ricerche let- |
terarie (1888). Lettres sur la Congiura, édition G. Sforza, dans Arch. stor. ital. sér. V, XII (1893), 149 ss. Porzio songeait en outre à continuer l'ouvrage de Jove en une Istoria dltalia. Le début seul est achevé : après un aperçu des années 1544 à li47, il traite les événements de l'année 1547 (les mêmes que Foglietta). 1'''' édition par Gervasio 1839.