‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 75 sur 341 · III. — L'ÉCOLE DE GdIGHARDIN · texte numérisé non relu

III. — L'ÉCOLE DE GdIGHARDIN

Les petits historiens florentins de la première moitié du xvi« siècle se trouvaient presque tous sous l'influence prédominante de Machiavel. Celle de Guichardin fut d'abord nulle. Son Histoire florentine resta inconnue et son Histoire d'Italie parut trop tard pour avoir pu modifier les travaux historiques de ses contemporains.

La proportion fut renversée quand la génération qui avait pris part aux luttes de partis de la révolution florentine fut éteinte. Les théories politiques de Machiavel ne furent pas oubliées ; mais ses œuvres historiques, comme modèles,' cédèrent le pas à celles de Guichardin. Le temps des histoires de villes était passé, ainsi que le temps des conflits constitutionnels. La politique d'un État de la dimension de la Toscane ne pouvait plus être traitée à part ou en rapport avec l'histoire d'Italie seulement ; elle n'était intelligible qu'en tant que partie de l'histoire européenne. Cela mit en relief l'historien qui, le premier (avec Jove, qui ne fut pas pleinement adopté), avait tiré les conséquences de ce changement de situation. Son titre, il est vrai, n'annonçait que l'histoire d'Italie ; mais il n'avait jamais négligé de rattacher les événements nationaux à l'ensemble européen. Il avait traité sommairement les luttes de partis d'une portée locale et

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réservé une peinture détaillée aux événements qui avaient quelque influence sur la politique internationale. L'ouvrage de Guichardin devint ainsi le modèle de l'historiographie politique des temps qui allaient venir. On comprend parfaitement que les historiens sérieux de la lin du xvi^ siècle et du xvii* l'aient suivi ; s'ils ont embrassé également sa partialité (p. 146), ce n'est pas sa faute.

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