Sigonias
Carolus Sigonius. né 1523 ou 1524 à Modène, où il fut 1546 professeur de grec; en 1552 il enseigne la culture humaniste à Venise : 1560 professeur à Padoue, 1363 à Bologne; mort 1584 à Modène. Parmi ses
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écrits, réunis par Argelati dans son édition des Opéra (Milan 1732 à 1737) nous nommerons :
1° Une histoire d'Italie au moyen âge : Historiarum de occidentali imperio 11. XX (284 à DÔ'a ; i'^ édit. Bologne 1577) et Historiarum de regno Italiac 11. XX (565 à 1268; les quinze premiers livres [jusqu'à 1200] parurent 1574, les cinq derniers seulement après la mort de l'auteur avec des additions d'une main étrangère 1591, le tout à Venise). Un Catalogus (Index et liste des sources), Bologne 1576.
2° Historiae ecclesiasticae 11. XIV (jusqu'à 311). Inachevé. Ecrit par ordre du pape Grégoire XIII. l'« édition, Milan 1734 (dans les Opéra). De donatione Constantini Magni (se prononce pour l'authenticité), d'abord dans les Opéra VI.
3" Etudes sur l'histoire de Bologne, entres autres Historiae Bonoaiensium 11. VI (jusqu'à 1267) écrit sur mandat de la ville, imprimé avec de forts amendements, Bologne 1578.
4° Etudes sur l'histoire grecque et romaine : De republica Atheniensium (Bologne 1574) ; Fasti consulares ac triumphi acti a Romulo rege usque ad Tiberium Caes. (1550 Mantoue), etc. — Cf. J.-Ph. Krebs. VitaC. S. (Programme de Weilburg 1837) et en allemand 1840 ; G. Franciosi Délia vita e délie opère di C. S., 1872 (discours de cérémonie) ; A. Hessel, De regno Italiae von C. S. (Dissertation de Berlin ; et aussi Histor. Studien, édit. Ebeling, 13) 1900; s'occupe aussi de la Vie de Campeggi de Sigonius.
Sigonius a ceci de remarquable qu'il cherche à unir la méthode savante à la forme humaniste. Son Histoire d'Italie est un compromis entre Blondus et Bruni. Il désignait lui-même comme ses devanciers Blondus et Sabellicus, d'un côté donc le chef de la direction savante, de l'autre un type de la rhétorique humaniste. Son guide réel fut d'ailleurs Calchi, dont il suivit exactement la méthode pour l'usage des documents. Il ne fit qu'appliquer les principes de V Histoire milanaise à l'histoire générale d'Italie. Il rechercha systématiquement des documents et entreprit l'un des premiers des voyages pour les archives. Mais tandis que Calchi avait produit, à la mode de l'ancien temps, un ouvrage assez régulier, quoique partial, dans Sigonius nous voyons le savant en lutte avec le styliste. Son travail ambigu ne satisfait ni la critique ni Testhétique. Sa manière de traiter les documents est caractéristique. Un véritable historien n'en aurait tiré que l'essentiel pour l'histoire ; un véritable érudit les aurait reproduits sans changement. Sigonius ne fait ni l'un ni l'autre. Il donne ses documents en entier, c'est vrai, mais en traduit le texte en latin d'humaniste. Et à côté il place des discours librement m ventés; des
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lableaux exactemeiil copiés sur les sources sont suivis de peintures ornementales arbitraires.
Le point de vue historique l'ait complètement défaut. Cela est vrai daulrcs de ses ouvrages encore. Sur la biographie de Gampeggi, Hessel fait la remarque (p. 89) que : der Fûlle des Materials nichl der Wert der Darstellung entsprecheK On peut en dire autant des dissertations sur l'histoire ancienne.
Nous constatons partout le manque d'indépendance du jugement ; mais l'auteur n'en est pas en tous points responsable. Sigonius n'était pas libre vis-à-vis des autorités, soit politiques, soit ecclésiastiques. Personnellement, les affaires de l'Eglise le laissaient froid, comme les anciens humanistes. Mais ses jugements historiques avaient à se régler sur les exigences de la censure ecclésiastique. Dans son Histoire de Bologne, il avait ajouté à une notice sur la donation du Constantin cette incise : ut a piis hominibus creditur. Les autorités ecclésiastiques demandèrent ou qu'il s'exprimât sans équivoque, disant par exemple ut multi prohatae fidei scriptores tradiderunt, ou mieux qu'il retranchât complètement la parenthèse. Sigonius s'arrangea avec la vérité historique en parlant en termes généraux d'une donatio {Opéra, éd. Argelati III, 334). Notez qu il s'agissait là d'un point sur lequel depuis un siècle, depuis Valla, il n'y avait plus de discussion entre humanistes. Les magistrats civils étaient devenus tout aussi pusillanimes ; auprès d'eux VHistoire de Bologne n'eut pas moins de difficultés à vaincre qu'auprès des censeurs ecclésiastiques.