Petits ouvraokb
a. — Gyraldus.
La décadence de l'historiographie humaniste est encore plus manifeste chez Lilius Gregorius Gyraldus, né 1479 à Ferrare, humaniste; à Rome sous Léon X et Clément VII jusqu'à 1327; mort 1552 à Ferrare. Les dix Dialogi historiœ poetarum tam cjrsecorum quam latinorum (1545) sont le premier essai d'une histoire littéraire de l'Antiquité (se trouvent aussi dans G. opéra omnia, Leyde 1696).
Une histoire de la littérature grecque rencontrait certainement plus de difficultés que celle de la littérature latine ; mais si Gyraldus resta audessous de Crinitu3(p.H5s.),celane tient pas seulement à la plus grande abondance de la matière et aux lacunes de la tradition. Au lieu de se borner comme cet autre auteur à un recueil sans prétention de bons renseignements, il nous donne un fatras énorme d'extraits de sources plutôt mauvaises que bonnes, avec un mélange sans critique de légende et d'histoire (parmi les poètes lyriques figure Achille, dial. IX inc.) et des digressions à n'en plus finir. Il évite un plan chronologique uniquement pour terminer dans une confusion à ne plus s'y reconnaître. Il lui faut un livre et demi avant d'arriver à Homère. Et puis son ouvrage ne renferme pas plus que celui de Crinitus de jugements littéraires ou esthétiques personnels.
II y a plus de mérite dans les deux dialogues de Gyraldus De poetis suorum temporum (d'ab. Florence 1551; nouv. édit. par K. Wotke, 1894, comme dixième cahier de Lateitmchc Literaturdenkmàler, édit. M. Herrmann). C'est au fond un travail de journaliste, et les jugements, presque tous élogieux. sont superficiels ; Gyraldus cependant prend posture, travaille soigneusement et traite consciencieusement aussi les œuvres écrites en italien, ainsi que les poètes humanistes de l'étranger.
16i msToiub; uk l HisTOKioouvriiib; modeune
b. — Fazellus.
Le moine dominicain et professeur de théologie Thomas Fazellus, (né 1498 à Sciacca en Sicile, mort 1570) fut poussé, à ce qu'il prétend, par .love à écrire son Histoire de Sicile. {De rébus Siculis décades H [jusqu'à 1556]; d'ab. Palcrmc i558, commodément accessible dans les Rer. Sic. Script., Francfort 1579) Mais son travail relève de l'école de Blondus. Fazellus ne se distingue de son modèle que par son absence de critique, et pas seulement dans les choses d'Eglise. Comme ses prédécesseurs du moyen âge, il aime à s'occuper d'énigmes pseudo-historiques. Il se posera par exemple ce problème : les géants qui autrefois (avant le déluge, s'entend) ont habité la Sicile, étaient-ils autochtones ou non, et, dans ce dernier cas, d'où peuvent-ils être venus? L'existence des cyclopes ne fait pas doute; car Moïse qui vaut mieux que tous les païens, a parlé aussi de géants (v. les premiers livres des deux décades). Et comme historien, il n'est pas plus indépendant que Blondus. Même dans la première décade, qu'il consacra à l'ancienne géographie de l'île pour compléter Vltalia illustrata (p. 128), il ne fait presque que répéter ce que d'autres avaient dit avant lui; dans le septième chapitre du premier livre de moribus Siculorum il se contente à peu près de rassembler quelques sentences d'auteurs anciens. Comme Cvrnaeus (p. 59 s.) avait autrement su peindre les Corses !