‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 85 sur 341 · C. — Les faux des humanistes · texte numérisé non relu

C. — Les faux des humanistes

L'historiographie humaniste provoqua une nouvelle espèce de faux historiques.

On n'avait pas manqué au moyen âge de Chroniques controuvées. Mais les anciens faussaires avaient généralement poursuivi des buts pratiques. Leurs produits devaient servir de fondement à des prétentions juridiques quelconques. Les faux de l'humanisme ont eu d'autres motifs.

L'historiographie humaniste avait éveillé le besoin d'histoires nationales complètes avec récits détaillés. Or, la tradition authentique, pour les temps anciens, laissait souvent la narration en plan. Les faux avaient pour but d'animer ces parties mortes. Ils devaient servir à rétablir dans l'histoire une proportion artistique. Souvent il s'y mêlait des tendances nationalistes. Mais, même en ce cas, le procédé des humanistes se sépare en principe de celui de leurs devanciers. Ils flattaient peut-être la vanité patriotique; mais ils ne visaient pas à faire une affaire. Autrement pourquoi auraient-ils inventé des sources antiques ? Des auteurs anciens on ne pouvait tirer des prétentions juridiques.

Il y eut encore des humanistes fabriquant des chroniques pour des motifs tout autres qu'idéalistes. 11 ne s'agit pas ici de ces faux vulgaires, mais uniquement de ceux qui sont propres à notre période de l'historiographie.

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