‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 94 sur 341 · Velly · texte numérisé non relu

Velly

L'ouvrage de Daniel fut la dernière production remarquable de l'historiographie nationale française avant le romantisme. Les œuvres des abbés Velly (1709 à 1759) et Anquetil (1723 à 1806) sont tout à fait sans valeur.

L'abbé Velly représenta surtout l'historiographie galante (voir cidessousp. 411 ss.).Il chercha bien, dans quelques détails extérieurs, à se conformer aux tendances historiques du « siècle des lumières » . Dans la préface de son Histoire de France (d'abord de 1753 à 1762 ; elle devait aller jusqu'à Louis XIV, mais s'interrompt à l'année 1350 ; continuée plus tard par d'autres), il fait la guerre aux expositions anciennes, qui ne traitaient que des actions des princes, et promet de porter aussi son attention sur l'histoire du peuple. Mais, comme de coutume, on en resta à la promesse.

En fait d'érudition, Velly est bien au-dessous de Daniel et de Mézeray. Il ne fait aucune différence entre de bonnes sources et de mauvaises, entre les Mémoires d'un Du Gange et les imaginations d'un compilateur du moyen âge. Par sa loyauté et la foi qu'il montre au moins officiellement, il se distingue des « philosophes » ; il partage avec eux et, parmi eux, avec les disciples de Rousseau l'optimisme des âmes sensibles et l'enthousiasme pour l'état de nature. Il prêche le despote sentimental. Charlemagne est dépeint comme un philantrope du xvni'' siècle « Ce qui distingue surtout Charlemagne, c'est ce tendre amour pour ses peuples qui lui faisait verser des larmes sur leurs malheurs, qu'il n'avait pu prévoir, mais qu'il sut toujours réparer ».

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