‹ Histoire de l'homme au masque de fer, accompagnée des pièces authentiques et de facsimileChapitre 6 sur 12 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

le m'esCiitffe bien heureux que le foi ait autant âjTprouiré la manière dont je me suis conduit dans rafTaire de M. le duc de Mantoùe, que vous me le témoignez dans la lettre que vous m'avez fah Fhonneuf de m'éerire le i3 de ce mois^ et que Sa Majesté ait eu la bonté de considérer davantage le zèle que j'ai pour son service , que ma capacité. Je ne pourrai plus à l'avenir vous rien dire de nou'veau sur ce sujet, et le comte Matlhioli vous informera amplement^ quand il sera arrivé à la cour, des sentimens de son maître , de l'état de ses af*^ iaires et de ce qu'on peut s'en promettre; mais Iti disposition ou je l'ai vu me fait espérer qu'il ne sera pas impossible de traiter cette négociatiou sans courre le risque de la rompre, jusqu'à ce que la saison d'agir soit passée, et que lorsqu'il counoîtra la nécessité qu'il y a d'attendre que le roi puisse prendre des mesures pour faire passer une armée en Italie, il employera assez volontiers le crédit qu'il a sur l'esprit de M. le duc de Mantoue pour lui ôter toute sorte de défiance et pour Tem^

pcclier de s'impatienter de ce retardement; peutv être même pourroit^l porter son maître, s'il l'avoit bien entrepris , à se mettre sous la protection déclarée du roi^ comme il a été jusqu'à présent sous celle de là maison d'Autriche, et à se contenter que Sa Majesté payât la garnison qu'elle établiroit dans Casai. Enfin ^ Monsieur, cette affaire va être en de si bonnes mains, puisque ce sera vous* même qui la ménagerez ^ que ce qui y paroît Teplus difficile pourra réussir. Je vous dirai seulement que je sçais que le comte Mattbioli a besoin et a grande envie de faire $41 fortune , et qu'il y a peu de choses auxquel\es $on maître ne se déterminât pour avoir une somme d'argent un peu forte, et par l'espérance d'un grand emploi^ dont au fond on pourroi& ne lui donner qu/e le titre, comme M. le duc de Modène en a eu un au service de la Fi-ance^ et feu M. le duc de Mantoue à celui de l'empereur I dont il a été vicairergénéral e^ Italie^ avec ufi corps d'armée qu'il y oommandoit. 4 .....•%••*...«....•... ..

L'abbé d'EsTRADEs (1).

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(1) Arcllivcs (les ailaircs ctraDg«rcs.

(ih)

A M. DE POMPONNE

Venite^Uai de mai 1678.

Monsieur^

Le comte Matthioli est ici depuis quatre jours avec son maître^ il vint hier me voir pour me dire que les Espagnols avoient fait de si grands efforts depuis près de deux mois auprès de M. le duc de Mantoue, qu'ils l'auroient peut-^lrc obligé de consentir à tout ce qu'ils en ddsiroient^ qui étoit de retirer la garnison de Guastalle^ d'introduire les Allemands dans Casai ^ et de se déclarer ouverte^ ment contre la France , s'il s'étoit éloigné un moment de lui^ parce que la duchesse-mère et tout le conseil de ce prince sont à la dévotion de la maison d'Autriche f qu'il a iklluqu'il ait attendu que le marquis Galerati soit retourné k Milan ^ et qu'il demeurât encore trois semaines ou un mois auprès de M» le duc de Mantoue^ qui doit aller dans ce temps-là k Casai oit il lui a persuadé d'attendre son retour de France^ qu'ainsi il ne pourra partir que vers la fin de juin^ mais qu'il ne différera pas davantage. Je lui ai repondu qu'il avoit eu raison d't'lre aussi assidu auprès de son maître dans un

temps oiisa présence lui étoitaussi nécessaire; qu'iï ne devoit point se mettre err chemin peur aller à la cour, qu'il ne fût auparavant bien assuré queson absence n'apporteroit aucun changement aux sehtimens et aux affaires de ce prince , mais que jele pouvois assurer que le roi le verroit avec joie, et qu'il recevroit toute sorte de salisfâction de ce' voyage.

• L'abl^ë d'EstRADES (i).

A M. DE POMPONNE

Yenise , le 1 1 jùi».,! 678:

Monsieur ,

Le comte Mattbioli, qui ue perd pas de vue M. de Mantoue, par les raisons dont j'ai déjà, eu l'honneur de vous informer, est venu ici Êiiie un voyage de trois ou €{uaU'e jours avec ce prince; il m'a assuré qa il éioit toujours da^s U

(1) Archives des affaires étrapgèreft.

résolaiion de partir à là fîn de ce mois pour aller ii la Courbet qu'il accompafjperoit auparavant son maître à Casai , où il avoit découvert depuis peu (les pratiques que les Espagnols y faisoient pour s*eni parer de cette place. J*en pris occasion^ Mon* sieur; de lui représenter que , quand le bruit qui s'étoit répandu de la paiK générale seroit véritable, M. le duc de Mantoue en auroit encore plus de besoin de la protection du roi; que la maison d'Autriche ne seroit pas en état de faire de la peine à aucun ptince tant qu'elle auroit la puissance de Sa Majesté à combattre; mais que si elle n'avoit plus cet obstacle, il lui seroit aisé d'exécuter les desseins que son maître ne pouvoit pas douter (p'clle n'eût contre lui; qu'il avoit un grand intérêt à se mettre en état de ne pas craindre d*éire djépouillé de Casai et du Mont-Ferrat, dont la cour de Vienne s'étoit déclarée vouloir mettre en possession l'impératrice Eléonore, qui n'avoit d'autre vue que de le laisser un jour à M. le prince de Lorraine, en faveur de son mariage avec une^ veuve de Pologne; que'M. le duc de Mantoue ne pourroit éviter ce malheur qu'en se procurant Tappui du roi par une étroite liaison d'inlérols, comme seroit celle qu'il prendroit avec Sa Majesté si elle avoit une garnison dans Casai, qu'elle entretiendrait à ses dépens et aux mêmes conditions dont nous étions déjà convenus; qu'il seroit d'autant plus en seureté que Sa Majesté n'avoit

jamais eu de prëtenlions svèf ses états, et qu'elle seule étoit capable de les défetidre hautement contre ceux cpi croyoient en avoir de bien fondés. J'y ajoutai que s'il faisoit réflexion sur ce que je Ini disois, il oonnoitroit sans doute que M. le duc de Mantoue ne pouvoit pas prendre un ibeîlleur parti que celui que je venois die lui proposer. Le comte Matthioli -me répondit qu'il en éloit si persuadé, et qu'il étoit.si assuré de l'ayersion que ce prince a pour les E^x^nols, et de son inclmàtion pour la France, que quand la paiat seroit conclue et publiée lorsqu'il arriveroit à la cour, et qu'il n'y auroit par conséquent plus d'espérance de voir dans le Milanois la guerre que son matcfe y àuroit tant souhaitée, il ne laifiseroit pas de teritiiher en son nom l'affaire que nous avons commencée ici , pourvu que le roi l'ait agréable* Si cela convient à Sa Ma^té , vous saurez, M^msieur , ménager mieux qv^ personne du monde, lë^ bôdileé intentions du comte Matthioli quand il sera auprès de vous. . . • ,

L'abbé d'EsT rades (i).

(i) Archives des afiaires étrangères.

A. M. L'ABBÉ D'ESTRADES

Samt-GennaÎD , ce i5 {nin 1678.

MONSIETTR,

Je réponds ensemble à vos lettres des ai et iS mai et 4 de ce mois; la première a fait voir au roi les raisons qui avoient arrêté M. le comte Matthioli. Si elles sant telles qu'il vous les a dites, et qu'il ait cru sa présence nécessaire pour empocher les fâcheuses xésolutions où les Espagnols auroient pu porter' son maître , il est bon qu'il n'en soit pas éloigné; il est de même avantageux qu'il le puisse bientôt retirer de Mantoue pour l'amener h Casai. Il lui sera plus aisé alors de faire le voyage de France et de faire réussir les mesures qu'il a commencé à lier avec vous

Pomponne (i).

(«) Archive* des Affaires étrangt»res.

A M. L'ABBÉ D'ESTRADES

Du 29 juin 1678L

Monsieur,

Le roi a vu la lettre. qu'il vous a plu de m'escrire, et Sa Majesté y a appris avec plaisir que le comte Matthioli est toujours dans les marnes sentimens d'affection et de zèle qu'il a fait paroître pour Sa Majesté. Continuez à J'y affermir par le mêmes avantages que vous lui avez déjà fait voir que le duc son maître trouveroit dans Talliance et dans la protection du roi ^ n'étant pas en état de soutenir Casai sans une assistance plus haute y il ne peut la recevoir plus utilement et plus sûrement que des mains de Sa Majesté. Travaillez, ainsi que vous avez fait, à lui en inspirer le des eia par le plaisir que vous aurez à rendre un service très-agréable à Sa Majesté

Pomponne (i).

(i) ArchiTQS des affaires étrangères.

A M. DE POMPONNE-

Veniie , le a jiiinet 1 678.

MoMSIElTR y

\e vois par la lettré que vous m'avez fait l'hon^ bear de m'écrire du i5 du mois passé^ que vous ayez approuvé Tassiduité que le comte Matthioli a eue auprès de M. le duc de Mantoue , par Jes raisons que je vous en avois apportées. Elle vous paroitra encore plus utile quand vous sçaurez qu'il a obligé ce prince de rompre le mariage du petit neveu de dom Vincent de Gonzagues, vice-roi de Sicile y avec la seconde fille du feu duc de Guastalle et sœur de Madame la duchesse de Mantoue y qui étoit déjà conclu et qui avait été ménagé par les Espagnols^ dans la vue de le mettre plus facilement en possession du duché de Guastalle^ de sorte que M. le duc de Mantoue est présentement si brouillé avec les Espagnols^ qu'il n'est pas difficile de lui faire comprendre qu'il n*y a point de parti assuré pour Ini^ que celui de se mettre sous la protection du roi 9 et de prendre avec Sa Majesté les engagemens dont on est convenu; c'est ce que j'ai représenté au comte Matthioli ^ dans le dernier voyage cpi'il a fait ici; et il en est demeuré d'ac-

cord d'autant plus facilement qu'il a iln grand intérêt que cette afiaire réussisse^ parce que les Espagnols , qui ont tout pouvoir dans le conseil de son maître; et qui ont madame sa mère de leur côté^ se sont biem apperçus que c'étoit lui seul qui leur nuisoit auprès de ce prince ^ et qu'ils ne manque-^ roient pas de se venger de lui y s'il tombait jamais entre leurs mains. Il partit hier pour aller joindre M. d^ Mantone^ qu'il ne quitte point^ et qu'il doit accompagner à Mantoue et ensuite à Casai y d'oà il ira en France; mais, par le compte que nous avons fait ensemble y il ne sçauroit y être avant la fin du

mois prochain «

Je suis obligé^ Monsieur^ de vouï dire que M. )e Nonce est si dévoué aux Espagnols ^ et qu'il voit avec tant de chagrin la puissance du roi et la foiblesse de la maison d'Autriche, qu'il seroit capable de me fiaiire une histoire de cette nature, quand même elle ne seroit pas vraie

L'abbé d'EsTa^DES ( i ) .

(i) Ardiires des^ affaires étrangères.

A m: de pomponne.

Venise ^ le 9 juinet 1678.

AfoNSIEUR y

Après ce que j'ai eu l'honneur de vous mander dans ma dernière lettre^ sur le sujet du eomte IMbtthioli , je n'aurois rien à ajouter aujourd'hui s'il ne m'avoit prié de vous faire sçaroir qu'il n'est resté à Venise^ quelques jours de plus qu'il n'avoit cru, que pour quelques petites commissions que M. le duc de Mantoue lui avoit données en partant d'ici , mais qu'il ira celte semaine trouver ce prince à Mantoue; qu'il le suivra à Gasal^ et que de là il partira pour se rendre à la cour^ où il prétend arriver dans lemois deseptembre. Nous avons ensemble mesuré le temps^ et il ne peut ni ne doit s'éloigner plus tôt de son maître. Il a pourtant appréhendé que ces retardemens ne donnassent méchante opinion de lui, et il a voulu, pour se mettre l'esprit en repos, que je vous envoyasse les lettres qu'il écrit au roi et à vous , Monsieur, quoique je l'assurasse qu'il pouvoit s'en dispenser, et qu'il suffiroit que je rendisse témoignage de son zèle et de ses intentions.

L'abbé d'Estrades (1).

(1) Archiyes des affaires étrangères.

lO.»

A M. L'ABBÉ D'ESTRADES

i3 Juillet 167$.

MoHSIEUR;

La lettre qu'il vous a plu de m'ëcrîre le :i de ce mois, a fait voir au roi que le comte Matthioli continupit dans les mêmes intentions pour son service et dans le dessein de passer en France. Sa Majesté verra avec plaisir qu'il se mette en état d'y finir la négociation que vous avez commencée avec lui, et a été bien aise cependant que, pour empé-^ cher son maître de prendre de plus étroits engagemens avec les Espagnols^ il ait rompu le mariage qui étoit sur le*point de se faire du petit-neveu de domViucenzo de Gonzagues, vice-roi de Sicile, avec la seconde fille du duc de Guastalle

Pomponne (i).

(1) Archives des afTaires étrangères.

A M. DE POMPONNE

yeniseï le 3o de |oUlet 1678.

Monsieur y

Je n'ai rien de nouveau à vous faire sçavoir sur ce que vous me mandez dans la lettre que vous m avez fait l'hon^Deur de m'écrir« du 1 3 de ce mois. Mais lorsque M. le duc de Mantoue sera à Casai, je pourrai vous informer précisément du jour que M. le comte Matthioli partira pour aller à la cour.

J'ai sçeu que ce prince avait ramené à Mantoue madame sa mère, et qu'elle y est malade- de la fièvre. Si Dieu l'appeloit à luy, Tafifaire de Casai seroit sans doute plus aisée à conclure^ et l'exécution du traité en Sfsroit moins difficile, quoiqu'il n'y ait pas lieu de douter, jusqu'à présent, qu'elle ne soit infaillible , si Sa Majesté est toujoiurs dans le dessein de s'assurer de cette place

L'abbé d'Estrajdes (i).

(1) Arcbi^es des afTaires étrangères.

A. M. L'ABBÉ D'ESTRADES

SaintfGermaiQ , lo août 1678.

Monsieur^

Gomme le roi continue toujours dans le sentiment de profiter des bonnes intentions de M. le duc de Mantoue , Sa Majesté désire ^e vous continuiez à les entretenir^ ainsi que vous ayez eu tant de part & les faire nattre. $01^ arrivée à Gasal^ et le voyage du comte Matlhioli en France , feront voir plus clair aux dispositions qu'il auroi| de remettre cette placîe à âa Majesté . . •.

PoHPorrvE (i).

(1) Archires 4e8 paires étrangères.

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