‹ Histoire de L'Hôpital NeckerChapitre 14 sur 32 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Fébricitantes ordinaires.. 30 16 15 » 3 » 3 1/2 Sainte-Suzanne. Fièvres

mal........,......,. 13 Pièce peu étendue.

Convalescentes.......,,.. 17 10 » 93 » 7 1 3 3 2 3/4

Totale rue LÈ8 Une salle est préparée pour servir au secours des femmes Plensées es à les fonds le permettront.

(") Dimensions en toises, pieds, pouces, ete. (1) Tenon ne donne pas le même chiffre, il donne 3 toises 5/8 cubes.

.+ Es

e Le .

% ee.

EE + es (ER

La un 3 mortalité des hommes était

plus faible que celle des femmes. Ils trouvent le fait

singulier et nouveau et se demandent s’il est particulier ou général. Du reste cela continua longtemps, puisque dansun rapport fait en 1814 au conseil général des hospices par un de ses membres, il est dit que la : mortalité parmi les hommes a dépassé seulement une fois celle des femmes en 1808.

- Quoi qu’il en soit, le rapport de la commission pour

l'établissement d’un nouvel Hôtel- Dieu eut pour effet de

froisser singulièrement l'administration de l’hospice de Saint-Sulpice. Dans son rapport de 1786, M"° Necker répond, que « pour mettre en parallèle la morta-

« lité de deux hôpitaux, il faut qu’ils soient placés dans « la même ville, qu'ils y reçoivent le même genre « de malades », et elle part de ce principe pour n’ac-

cepter de comparaison avec aucun autre établissement,

sauf avec l’Hôtel-Dieu qui se trouve, dit-elle, dans les mêmes conditions que l'hospice de Saint-Sulpice. En réalité ces deux hôpitaux donnaient tous les deux une quantité d’air bien insuffisante à leurs malades, et l'Hôtel-Dieu qui en donnait le moins avait la mortalité la plus forte.

Quant à l'hôpital de la Charité que l’on avait spécialement pris comme terme de comparaison avec l’hospice de Saint-Sulpice, M*° Necker dit nettement qu’il faut considérer cet hôpital à part, car il se trouve dans des conditions absolument différentes de celles de la maison qu’elle dirige.

Et voici les motifs qu’elle donne :

et il y a lieu de présumer que la ar Ee des hommes est moins grande que celle des femmes dans les gran des villes. die

e L'hôpital de la Charité n’a point de phthisiques, maladie presque incurable, quand il y en a 40 au moins dans la maison de la rue de Sèvres.

3° Chez les frères, on ne reçoit pas les malades du vendredi au lundi, tandis qu'à l’hospice on les reçoit tous les jours.

4 À l'hôpital de la Charité on refuse tous les vieillards, on a beaucoup de blessés et il y a un certain nombre de lits fondés par les grandes maisons pour leurs domestiques que l’on y envoie à la moindre maladie, tandisque le bas peuple, épuisé par les privations et la misère, se rend en foule à l’hospice de Saint-Sulpice (1).

Après cet exposé des motifs quiaugmentent la mortalité chezelle, et empêchent ainsi de la comparer à celle de l’hôpital dela Charité, M" Necker se déclare honorée d’être mise en parallèle avec des gens aussi renommés que les frères de la Charité, mais enfin la différence observée par la commission est de 6 1/2à 7 1/2, autrement dit 2,12 0/0, ce qui n’est pas énorme, et encore, en ne comptant que les cinq dernièresannées de 1782 à 1786, arriverait-on à rendre la différence nulle, à fortiori si l’on établissait la mortalité sur les hommes seu-

(1) Comparer cette phrase avec celle de la page 21 sur la condition des gens qui viennent à l’hospice de Saint-Sulpice,

et À Je plus, ajoute le rapport de Phospice de à Chärité, on doit avoir commis des erreurs, car l’on sait « que les administrateurs chargés par les commissaires « de rédiger les tables de mortalité réunissent rare- > « rement beaucoup d'intelligence à une scrupuleuse « exactitude » puisque l’on voit la mortalité de Phô- pital d'Edimbourg monter seulement à 1 sur 25 1/2, — ce qui est à peu près la mortalité en ville; et pour ter- miner M" Necker déclare qu’elle n’a jamais eu lintention de rien cacher, mais au contraire de tout faire 2 savoir pour le plus grand bien de l'humanité. = Avant de terminer l’histoire de lhospice de Charité, histoire dans laquelle M*° Necker tient une si large place, nous devons parler d’un décret du Conseil d'État, quisupprima, à partir du 15 juin 1788, les fran hises des hôpitaux et des maisons religieuses (2). Ces établissements possédaient auparavant le droit de faire - entrer en franchise dans Paris tout ou partie des ; objets utiles à leur consommation. Il y avait de nom- ‘breux abus et la fraude se faisait dans de fortes propor- * tions; c'est pour remédier à cet état de choses, que le décret dn Conseil d'État du 31 mai 1788 supprima les » franchises. Mais pour indemniser les hôpitaux et hospices, il leur fut alloué par le même décret une somme

ne (1) Nous ferons remarquer que pour faire ce caleul et com- - parer la mortalité de sa maison avec celle de la Charité, . Mme Necker se sert des chiffres de la Commission et non de | ceux qu’elle avait donné primitivement chaque année en re-

tranchant les phthisiques.

| (2) Pièce XL.

ES

116 livres 4 sols 18 res par personne et T'Hôtel Dieu 73 livres 2 sols, 4 deniers ; ; la Trinité 6 livres Cu l'hospice de Charité 53 livres 6 cols 8 deniers (1). Ce qui donnait par an à cette maison un total de 8, 000 liv. {k ou à peu près. à Mais le prix du pain ayant augmenté, M" N ecker “ee. la duchesse de Duras firent un mémoire dans lequel elles demandaient que l’hospice de Charité fut mis au même pe taux que PHôtel-Dieu, cequi donnait une augmentation à es detrois mille quatre cents livres par an (2). Celaleurfut accordé sans discussion et sur la feuille même du mémoire on trouve ces mots : « Bon pour être payé sur la 5 « lotterie comme le fonds ordinaire : — S’ adresser à « M, Dufresne pour régler cette affaire.

Ce mémoire est la dernière pièce que nous ayons : g trouvée signée de M“ Necker; en 1787 déjà, pré. vyant sa retraite, elle avait fait ses adieux. «Nous con. . disait-elle, ce précieux dépôt à des personnes qui Jui na peut-être une nouvelle perfection el nous en suivrons les progrès le reste de notre vie. par le sentiment et la pensée; enfin nous y jetterons un regard paisible et satisfait au moment inévitable « où les phantômes qui peuplent le monde $ ’enfui-

(1) Pièce XLI.

(2) Piéce XLIF.

nous, et où nous resterions tristement du silence et de la solitude sans ne bé-

“nes en 1780 à sœur Fee (E) lui éeri-

ï it pour lui demander d'activer le paiement de l’in-

-de mnité donnée par suite de la suppression des fran-

€ is ES; Ce paiement fut effectué immédiatement après(2).

cette époque (1789), les registres sont signés par

ire Maynaud, curé de Saint-Sulpice, la sœur

egrain et la duchesse de Duras (3). Cette dame

ait commencé à s'occuper des intérêts de lhospice,

“1783. Voici ce que M*° Necker, sans cependant la nommer, en dit dans son rapport pour l’année 1788.

x Une dame d’un rang et d'un caractère distingués,

« et dont l’âge et les talents promettent aux pauvres

delongset d’heureux secours, a bien voulu se joindre

aux anciens administrateurs ; ils s’honorent detrans-

mettre dans des mains si pures et si actives cette

œuvre de bienfaisance que le roi leur avait confiée en

Lu fondant,» A

Quand survint la Révolution, M. Necker se retira en

Suisse, son pays natal; M°° Necker ly suivit. Mais

L , pensée dut souvent tte Lausanne, pour venir vi-

| siter les malheureux auxquels elle portait tant d’inté-

crêt après son départ, les temps étaient devenus diffi-

; L son ‘talent et son influence manquaiént' pour

| rie x Fe

LS

# 7, FT GPA LEE 1, LT DEN he ini

surmonter les difficultés. Le curé Maynaud et db sœur Braujon qui dirigeaientl’hospice, ayant négligé en 1791 d'envoyer l’état des dépenses et des recettes dudit hos= pice, pour l’année 1790, attendirent vainement pendant les trois quarts du mois de janvier sans voir venir la moindre somme destinée à l'établissement. Las d’attendre, ils firent des démarches et ce fut Bailly quise chargea de demander à M. Dufresne, comment et pourquoi l’hospice de Charité ne touchait pas d'argent cette année-là (1)? La réponse de M. Dufresne est bien simple (2). Il explique qu'auparavant on payait en effet d'avance,mais parceque M" Necker prenait Le soin d’envoyer chaque année l’état des recettes et des dépenses de l’hospice pour l'année précédente. Que le curé en fasse autant, et on agirait envers lui comme on agissait pour M Necker. La lettre est datée du 30 janvier 1791, et le’? février, le curé de Saint-Sulpice avait suivi le conseil de M. Dufresne; il envoya son état (3). portant, pour 1790, 52,448 livres 7 sols 6 deniers de

LR EEE

dépenses et 53,400 livres de recette, il restait donc en caisse 951 livres 12 sols 6 deniers. :

L'’ordonnance pour payer les 53,400 livres, néces- 4 saires aux dépenses de 1791 est datée du 18 février à

1791 (4). Dans le courant de la même année, nouveaux ennuis sous prétexte que l’article V du décret du 10 septembre 1790 mettait fin aux indemnités : et

(1) Pièce LIT.

(2) Pièce LIIT, (3) Pièce LIV.

(4\ Pièce LV.

: embarrassé demande conseil à ses supérieurs ; on age à payer, et comme il est reconnu, que spice de Saint-Sulpice était porté sur lPéiat du stre, comme hôpital et non comme communauté, | iement : se fait sans difficulté. Néanmoins, les droits entrée ayant élé supprimés pour tout le monde, le refusa de payer l'allocation de 11,400 livres, à partir du 16 mai 1791 (1).

|Tous ces tiraillements nuisaient à la bonne direction hospice; nul n’était sûr du lendemain et ne se acrait à ses devoirs avec le zèle et la tranquillité cessaires. Aussi dans la préface des mélanges exie des manuscrits de M"° Necker, mélanges qui ne nt publiés que quatre ans après la mort de auteur, les soins de son mari (1798), M. Necker se plaint l’on ait détruit et dénaturé les hôpitaux. Comme, en ne temps, cette page doune une haute idée des tas et pie sentiments de M*° Necker, nous allons la

ee. dit son mari, avait eu nn de manister d’une façon éclatante son esprit de charité et aris se souvient peut-être des soins infatigables qu’ elle s’est donnés pour adoucir le sort des malades, Je sort des enfants trouvés, le sort des prisonniers. L’hospice qu’elle dirigeait plus particulièrement ser-

lorsque les institutions ne &té détruite rées ie de ner dès les De

placée, sa bienfaisance active ne perdait de occasion de soulager ou de consoler linfortune gravé dans mOn œur, ce mot d’une femme Le

Page 1