CHAUFFAGE ET VENTILATION
La question très complexe de la ventilation et du chauffage mériterait un examen très approfondi. Malheureusement nos connaissances. en pareille ma- D. tière ne nous permettent pas de porter un jugement > certain; aussinous contenterons-nous de nombreux em= à prunts faits aux auteurs qui se sont occupés de cette a
branche importante de l’hygiène. La question a éié
souvent agitée, les avis sont très partagés et parmi
tout ce qui a été dit et écrit sur la matière, nous allons
essayer de donner les opinions les plus accréditées. :
Les systèmes de ventilation et de chauffage sont
. nombreux, certainssont ingénieux, mais peuutiles; parmi
SE
LA
0 ceux-là se trouvent ceux de Watson, de Mac Kinnel et ê de Muir ; ils sont irréguliers et n’ont d’autre mérite que ue leur simplicité, le peu de frais de leur installation et a | de leur fonctionnement. — Après bien des essais, deux
méthodes sont restées en présence; la ventilation artifcielle, comprenant le système par appelet le système par À propulsion, et la ventilation naturelle obtenueen ouvrant largement les portes et surtout les fenêtres qui donnent
Sata extérieur. Dans les deux: premiers systèle chauffage se fait en même temps que la ventilar
‘aux de France, on chauffe les salles l'hiver seulement oit avec des poêles, soit avec des calorifères et des roisées placées en face les unes des autres donnent l'air extérieur un accès large et facile,
- Après avoir donné en quelques mots les principes ndamentaux, sur lesquels sont basés les systèmes par ropulsion et par appel, nous terminerons en décriant en détails le système de van Hecke et celui de uvoir, qui sont employés simultanément à l’hôpital lecker, le premier au pavillon des hommes et le second au pavillon des femmes. Ces descriptions sont emprun- “tées à MM. Grassi, Max. Vernois, Ch. Sarrazin, Boudin, etc,
Ventilateurs par propulsion. — Dégagés de toute complication, ces systèmes sont très simples. Que l’on ’ figure un tube ouvert aux deux extrémités et commupu d’un côté avec l'air extérieur, de l’autre avec les chambres des malades. Une hélice,mise en mouve- À ment par un moteur, produit un violent courant d'air * et l'envoie de l'extérieur à l'intérieur. Pour chauffer les es sur le trajet du courant d’air se trouvent des
de
g chambres dites de chauffe, dont on allume les calori-
fères, pendant la saison froide pour porter l'ai aux malades à une température convenable.
Ventilateurs par appel, — Ce système est plus c pliqué, il repose sur Les faits suivants. Dans un tub vertical ou l’on place une source de chaleur, il s'établit de bas en haut un courant. d'air d'autant plus rapide g la quantité de calorique est plus grande, Ce tube devient à une cheminée qui aspire l’air par son extrémité infé
rieure. Si les chambres de malades sont mises en com munication avec l'orifice inférieur de la cheminée d’appel, l'inspiration qui s’y produit force l'air extérieur à les traverser pour se rendre à la cheminée d’appel, € lost. la ventilation par appel en contre-haut. Ë,
Dans un tube qui a la forme d’uu siphon renversé! la source de chaleur étant placée à la partie la plus déclive, l'air descend dans la plus courte branche et monte dans la plus grande. L’aspiration ou appel d'air “ainsi produit est en raison directe de la quantité de. * chaleur développée, de la différence de hauteur des deux tubes et de leur surface de section.
Si des salles de malades s’ouvrant au dehors sont situées sur la courte branche du siphon, le foyer se | trouvant sur la partie la plus déclive, l'air traversera les salles, descendra dans le conduit qui leur fait suite et montera dans la cheminée d'appel. C’est la ventila-. lion par appel en contre-bas, ou ventilation renversée.
QU
È k. - : 12 Chacun de ces systèmes a ses avantages et ses inconvénients, mais il paraît établi aujourd’hui que les sys
à ae de van Hecke semble avoir réuni de suffrages, vient ensuite le système à à appel
… Appareil du D' van Hecke. — Construit entre le "novembre 1857 et le 1° avril 1858, dans le bâti nt des hommes de l'hôpital Necker, cet appareil, entiellement destiné à la ventilation, CeuEs Sr vir AC—
‘appareil comprend une machine à vapeur de la e de deux chevaux, placée dans les caves et met-
La prise d'air a lieu à l’extrémité sud du bâtiment r une cheminée élevée à trois mêtres au-dessus du ol et dont la cavité a 4 mètres de hauteur et 1 mètre
ne un mètre carré de section et tournées l’une vers Vest et: Pautre vers l’ouest. La cheminée communique vec un large canal abandonnant aux extrémités et à a partie moyenne un embranchement pour chaque chambre. Dansla première portion du canal se trouvent eux tambours ou cylindres en tôle, renfermant Pun
a) Ce chapitre est un résumé du travail de M, Max Vernois ar ep Van Hecke. (anale nn 1859, t. En
, Pour a des tuyaux en fonte sont superposés les uns | sur les autres et font l'office d’un serpentin qui élève | la température de l’air refoulé dans les caves (1).
Quand l'air à parcouru un certain trajet autour de 54 tuyaux d’échavffement, il se rend forcément dans les salles où il pénètre par cinq bouches de chaleur; la. principale est placée au milieu de la salle annulaire. et entourant un tuyau, dit tuyau de fumée, qui va sur. les toits verser les produits de la combustion, elle mesure … six' centimètres de large et possède une plaque de tôle à coulisse permettant de régulariser l'entrée de Pair | chaud. Les autres bouches de chaleur réparties dans les salles sont quadrangulaires, mesurent 40 centimé tres de côté, etsont fermées par une grille (2); et si lo prend la température à la sortie de chaque bouche de. chaleur, on obtient une moyenne de 80 degrés, tandi 4 que la température moyenne est environ de 20 ri a me dans la salle.
nées dont six de chaque côté. Toutes ces ae pos s sedent trois tuyaux indépendants et sur le parcours de
(1) En été, on n'allume pas les fourneaux des chambres ‘ d’ paie
‘RE (2) Les lieux d'aisance ont un embranchement spécial.
chaque un l’on trouve deux ouvertures, be en haut à quatre mètres de hauteur, ordinairement fermée et ne servant que dans certains cas de ventilation ex- ? ceptionnelle, l’autre en bas près du plancher, toujours ouverte et utilisée pour la ventilation permanente. :e Quant à la vapeur produite par la machine on!’ emploie à chauffer l’eau des bains.
- L'appareil van Hecke donne en moyenne 80 mêtres. cube d’air par lit et par heure, mais en forçant un peu la machine, il est facile d’obtenir 120 mètres cubes. En donnant ces chiffres, il n’y a pas la moindre exagération, car d'autres plus élevés ont été fournis et on a parlé de 98 mètres cubes en moyenne et de 132 en. augmentant le nombre de coups de piston et par consé- | quent la vitesse de rotation de la roue à palettes. £. Pendant l’été on n’allume pas les calorifères, aussi » Fs dépense est-elle de beaucoup diminuée.
Les conclusions de M. Max. Vernois et celles de M. Grassi sur cet appareil sont à peu près identiques. Tous deux font remarquer sa supériorité au point de vue hygiénique et au point de vue pécuniaire, et M. Ver- . noïis affirme que jamais il n’y a d’odeur dans les latrines des hommes de son service à l’hôpital Necker, ’ et il ajoute qu’il serait heureux de pouvoir en dire au- - tant des lieux d’aisances destinés aux femmes (di - En donnant la définition du système van Hecke, il a été dit qu'on pouvait s’en servir pour le refroidissement
“ Le pavillon des femmes est ventilé par le système Envoi. DA Gervais, b
de l'air en été; aussi, voulant 8e rendre ün compte € act de la diminution de Rire re que lair éprouvait
vantes : Le 3 août 1858, par une éaieue de 25, 1 à l'ombre et dehors, il prit la température que l'air avait en pénétrant dans les salles. Comme le trajet parcouru par l'air n'avait pas partout la même longueur, il mit un thérmomèêtre à chaque ouverture et trouva une moyenne : de 20°,5, c'est-à-dire 4, 6 de diminution; il est vrai de dite que dans la salle la température moyenne était de 4 Port À
Ayant recommencé le 4 août avec 26° à l'extérieur | et à l'ombre, il obtint la moyenne de 21°,1, mais celle D de la salle était de 22°,4,
L'on voit done les avantages hygiéniques de ce sys= DER tème : 90 metres cubes d'air par heure et par malade, Se chauffage facile en hiver, refroidissement en été, Il est temps maintenant de parlér des avantages pécuniaires. De Si nous résumons l’ensemble de nos expériences et
3 de nos calculs, dit M. Grassi dansses conclusions, nous TR arrivons au résultat suivant : 1° les appareils de venti- -18es lation et de chauffage établis par le D' van Hecke à | 5 $ lhospice Necker sont moins dispendieux que tous ceux
Res. qui existent déjà dans les hôpitaux de Paris, pour leur
installation et leur fonctionnement; 2° dans les condi= tions où il a été possible d'établir les appareils à Phô= ; pital Necker, le chauffage et la ventilation qu’ils don-
nent ne coûtent pas plus que le chauffage seul des grands hôpitaux de Paris, et procure par conséquent, | sans dépenses, l'assainissement complet des salles de Ê
elades; de plus ils fournissent l’eau cliande pour les 4 ins et pourraient permettre d'en donner aux indigents traités au dehors. | DES À la suite du rapport de M. Grassi et du mémoire dé M. Max. Vernois, MM. Thomas, Duvoir et Laurens L rent des réclamations et cherchèrent à prouver que -leur système était le meilleur, et ne revenait pas plus Cher que celui de van Hecke, M. Guérard se chargea dans les Annales d'hygiène publique du soin de réfuter eurs assertions, et la discussion fut close.
On trouvera du reste ‘aux documents (i) un état - Comparatif des dépenses occasionnées par les frais installation et de fonctionnement de chacun de ces stèmes, Ce document, emprunté à M. Davenne, donne tiement la preufe de la supériorité du système du octeur van Hecke.
nr
Système Duvoir, — Le bâtiment où se trouve le ystème Duvoir, ou ventilation par appel en contre aut, se compose d’un rez-de-chaussée, d’un premier et ’un second étage. Expérimenté en premier lieu à l'hôtal Beaujon, il fut perfectionné quand on l’installa, n J852, à l'hôpital Necker, pavillon des femmes. Ainsi n est parvenu à supprimer le foyer existant dans les ves, en sorte que l'été comme l'hiver le chauffage de eau destinée à la circulation s'opère par la chaleur du yer qui sert aux préparations médicinales. Ilen existe deux à chaque étage. Ce n’est que pendant les grands
(1) Pièce LXI,
froids qu'il devient 1 nécessaire d allumer le feu du oyer auxiliaire voisin du foyer habituel. Pour derits er Ë ce de És Los AT il existe dans les greniers une
considérable et en relation avec le système de pe. tion générale, d’eau chaude, « Le contact des réservoirs d’eau chaude échauffe suffisamment l'air dans les cheminées pour déterminer un appel actif de l’air expulsé des salles qui A . arrive dans la cheminée par de grandes gaines qui ont reçu l'air provenant de toutes les cheminées veriicales qui règnent dans les parois des salles der- . rière les lits des malades. L'ouverture de ces che- | minées partielles par lesquelles se fait l'évacuation : de l'air vicié se trouve derrière chaque lit et au ni- … veau du parquet. Les cheminées ont une seglion | d'environ 46 c. de côté. Hiver comme été l’air pé= nètre dans les salles par des ouvertures pratiquées | dans le plancher et communiquant avec lextérieur, | ainsi que par un tuyau existant au centre des poêles. Seulement, en hiver, l'air arrive chaud dans l’en— 4 ceinte, parce qu'il a préalablement circulé au contact | des tubes d’eau chaude, HN « On à soustrait la prise d’air à l'influence de lise 1 lation. Pour le rez-de-chaussée, l'air pénètre d’abord par un bout de galerie souterraine, avant de s’enga- 4 : ger dans les canaux horizontaux qu’il parcourt pour 1 déboucher ensuite dans les salles. Pour les se 1 supérieurs, les bouches de prise d'air extérieur |
sont percées sur les deux faces opposées de même
Pione, de Sr qu’elles ne peuvent subir bu | « simultanément l'influence de l’insolation, »
LS
Fos voici = ont Fo verticauxreme-.
as sa de de densité, monte par des conduits laté- rauxet redescend vers le foyer ; dansles combles se trou- : -vent des calorifères que l'eau échauffe par son contact. | A leur tour, ils élèvent la température de l’air ambiant et * déterminentun appel dans la cheminée principale et, par conséquent, dans les salles avec lesquelles communique à cheminée. L’air qui vient remplacer celui qui a été aspiré arrive frais en été, mais en hiver, comme on le fait circuler autour des tuyaux remplis d’eau chaude, il est porté à une température déterminée.
Voici, du reste, les conclusions du rapport de la | 2ommission nommée par le directeur de l’Assistance publique pour examiner le système Duvoir. Cette commission, nommée en janvier 1853, était composée de . MM. Combes et Péligot, membres de l’Académie des sciences ; Gauthier et Huré, architectes, et de M. F. Le. blanc, répétiteur à l’école Polytechnique :
« Le cahier des charges demandait : 1° le maintien - « d’une température de 15 degrés jour et nuit dans les = « salles de malades pendant la saison froide (1); 2° une « ventilation de 60 m. cubes minimum par heure et par « malade jour et nuit pendant la saison froide; 3° la / « même ventilation, mais sans élévation de tempéra- « ture, pendant le reste de l’année. Enfin la fourniture
ce quotidienne de 45 litres d’eau à 100° par malade,
(1) L'air versé dans les salles était à 30° ou 31°.
ds
« Les conditions du marché se trouvent remplies même dépassées, car presque constamment la temr rature à pu être maintenue supérieure à 15°, Quant. la ventilation, elle est notablement supérieure aus =: au chiffre minimum de 60 m. cubes imposé par l'adm ministration, x
« Ventilation totale d'été. — Le jaugeage du cas rant d’air dans la grande cheminée d’appel général a. 4 donné en moyenne 11,157 m. cub, d'air par heure, L ce qui fournit 69 m. cub. 7 d’air par heure-et par" lit. L'expérience à été faite le matin, le feu n'étant. pas poussé. 4
« Ventilation partielle. — La ventilation dans les cheminées partielles n’a pas été inférieure à 63 m.. “cubes par heure et par lit, et, en forçant le kw il a.
été facile de monter à 70 m. cubes.
« En résumé, la commission est d'avis que les con. ditions exigées par l'administration, soit pour L maintien de la température ou la ventilation, sont remplies et que l'eau chaude disponible est en assez … grande quantité pour satisfaire aux conditions du marché. ES Ïl serait injuste de nier les avantages de la ventilae tiou artificielle et du chauffage que procurent les divers systèmes de cette ventilation, cependant il est permis de dire que la ventilation naturelle a aussi ses avan- 4 tages, et que, si l’on calculait la vitesse moyenne de l'air passant par les croisées, on arriverait facilemen: à un nombre de mètres cubes bien supérieur à celui que
à nent les : appareils de ventilation, D’ un autre côté, Ee. eo Lis à Ra soit me la mor
n Wei pas plus élevée dans les dre où la ventilation
naturelle est employée que dans ceux où on a procédé
à linstallation des nouveaux appareils.
Dé: tout temps, la mortalité, à l'hôpital Necker a été assez forte. Sans parler des débuts, ni des périodes
“difficiles qu'a traversées Paris après la Révolution fran-
C. aise, car à ce moment le fait est général, l'hôpital Vecker n’a jamais en un bon rang, si on le compare autres hôpitaux, comme mortalité. Ce fait est
| | assez bizarre et difficile à expliquer, étant donnés la
bonne situation générale de l'hôpital, l'exposition excel-
1ensions des salles, etc, Nous laissons à d’autres I soin d'expliquer pourquoi la mortalité est plus élevée | Necker que dans d’autres hôpitaux placés dans des
- conditions d'hygiène moins satisfaisantes. La Charité,
Er
par exemple, dont les bâtiments sont enserrés, dont la
- population est très dense, à toujours eu une mortalité
plus faible que l'hôpital Necker, à part les deux pre-
mières périodes décennales. Ainsi de 1815 à 1824,
la mortalité est de 1 sur 5,722 pour Necker et de 1 sur ; 5,694 pour la Charité; de 1825 à 1834, 1 sur 7,74
pour Necker et de 1 sur 7,55 pour la Charité ; mais, depuis lors, Necker a constamment une mortalité plus
NEOKER. CHARITÉ.
nn : —
1835-1844 ‘} sur 9.09 1 sur 10.20 v 1845-1854 RE QUE CA SPSUr 2 1855-1864 — 8.49 PA 9.65 1865-1874 6.65 = 7.16 (1)
Voici, du reste, la mortalité moyenne de 1804 à 1861 ; ces chiffres sont fournis par Husson dans son « Étude sur les hôpitaux » :- |
Enfants-Malades......... 4.86
Hôtel-Dieu......es.e HITS {= 6.77
Beaujon...s.sesssseeoces see 7.49
Saint-Antoine. .....esesseess 1.51
Necker .....ssssecsnsesresee 1.99
Lariboisière, ....ose.ssssoree 8.01
Charité ... so covesovsssese se el 2
Coohins sat ressatrtpnes 8.80 (on compte de- : puis 1850).
Pitilre-siossemethensmpfetene 9,13 2h
Sainte LOMS.. ss... 18.35
Lourciner.sssosssres 30.31 (on compte de-
puis1830), Mines see hole oser 42,51 “1200
On voit que, pendant cette période de cinquante-sept | ; ans, le rang que tient l'hôpital Necker comme mortalité, par rapport aux autres hôpitaux, n’est pas des plus satisfaisants. Voici, du reste, le tableau de la population : et la mortalité année par année. Nous avons déjà dit qu'il nous avait été impossible de retrouver la morta-" lité pendant la Révolution française. Ée
(1) Comptes moraux et finances de l’Assistance publique. Ÿ
«4 Tableau de la population et de la mortalité (1)
Nombre Mortalité, Nombre Mortalité.
nnées, d'entrées. — Années. d'entrées, à — sur
9,34 6.63 (8,40) 7.69 Tr UE 10.05 (11,80) 10.77 {12,57) 8.60 8,72 9.01 (9,32) 8.83
Wat
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