SERVICE MÉDICAL
Notre intention n’est pas de faire la biographie eor plète des médecins qui se sont succédé à l’hôpi Necker. Certains sont si illustres et si célèbres q tout le monde connaît leur histoire et qu’en racont leur vie nous n’apprendrions rien à personne : tels so Laennec, Trousseau, Broca, et ce serait amoindrir le
gloire que de leur consacrer une simple notice biogrä phique; d’autres ont passé trop peu de temps à Necker. et se sont illustrés ailleurs, de ceux-là non plus il ne sera pas parlé. 1
En 1778, lors de la fondation de l'hôpital qui porte x aujourd’hui le nom d'hôpital Necker, il y eut un seul. médecin, M. Galatin. On ne sait pas grand chose sur son compte, sinon qu'il était jeune et désintéressé, puis qu'il n’accepta pas de rétribution. Son séjour, du rest ne fut pas long, dix-huit mois au plus. Il fut remplat par M. Doublet, sur lequel nous avons des renseiquie ments plus précis. ÿ
Doublet (François), docteur régent et professeur a la Faculié de médecine de Paris, sous-inspecteur général des hôpilaux civils du royaume, était né à Char!
tres le 30 juillet 1751. Ce
D'une humeur aventureuse, il quitta de bonne nn le domicile paternel et s’enfuit en Hollande avec un | camarade d’études. Le manque d'argent le forca à re venir chez son père, mais bientôt après il partit pour
Paris, muni cette fois du consentement de sa famille
t dans l'intention d'étudier le droit. Reçu licencié en T2, il quitta le droit pour la médecine et pendant le cours de ses études remporta de véritables succès. Sa oie était trouvée, Nommé en 1780 médecin de l’hospice Saint-Sulpice, où il resta jusqu'en 1788, il fut choisi n 1787 par la Faculté royale de médecine pour aller à Lorient avec un de ses collègues rechercher les causes d’une épidémie, A la suite de cette mission, qui lui fit > plus grand honneur, il fut nommé sous-inspecteur “hôpitaux civils du royaume. Mais ses travaux insants épuisérent sa santé déjà faible. $a dernière on traita de la mort; ce fut le chant du cygne, dit ses biographes, et le 5 juin 1795 il succomba âgé 44 ans, atteint d’une maladie cérébrale qui l’enleva idement à la science et à ses amis (1).
Né en 1789 à Saint-Christophe (Meuse), Isidore
nm Doublet a publié !
1° Mémoire sur les symptômes et le Re de la ma
| d e vénérienne chez les enfants nouveau-nés, Paris, 1791, in-12, y
2 Observations faites dans le département des hôpitaux
civils, 1785, 1786, 1787, 1788. 4 vol. in-4°.
3° Remarques sur la fièvre puérpérale. 1783, in-8°,
4 Nouvelles recherches sur la fièvre puerpérale, publiées par ordre du roi. 1791, Paris, in-8°.
Bo Mémoire sur la nécessité d'établir une réforme dans les risons de Paris. Lu à l'Académie royale de médecine, 28 août 191. Paris, in-8°.
En commun avec M. Colombier :
Recueil de CHARTES sur les EE) de Paris.
à l'Encyclopédie métho-
a Bricheteau était docteur à 25 ans, après avoir r pa trois années en qualité d’interne des hôpitaux à la Sal pêtrière, à l'hôpital des Enfants, à l’Hôtel-Dieu. Bic jeune il fut distingué par Pinel, son maître, qui trouva. toujours en lui un élève dévoué et un sectateur fidèl lors même que Broussais eut converti à ses doctrines ® et entraîné presque toute une génération médicale. Dès. 1815 Bricheteau avait eu l’honneur d’être associé aux | travaux de l’illustre nosographe, et il publia sous ses auspices plusieurs articles dans le grand dictionnaire des sciences médicales.
Bricheteau fut nommé membre de l’Académie de mé-. decine en 1822 et se fit une place très honorable dans cette savante compagnie. Ses écrits nombreux, la droi- W ture de son esprit, la dignité de son caractère lui valu rent deux honneurs qui furent pour le médecin et l'homme une juste récompense : l’Académie de médecine, à la. quelleilappartenait depuis treize ans, le désigna au ministre de Instruction publique pour la décoration de la née gion d'honneur, puis elle le choisit pour son président. |
La clientèle ne répondit pas au large mérite de Bri-. cheteau. Esprit indépendant, cultivant la littérature médicale, aimant la liberté, il protesta courageusement | dans le journal des Débats du 14 novembre 1824, en. sa qualité de membre de l’Académie royale de médecine, contre la suppression arbitraire et illégale qu’on à avait faite au secrétariat de l’Académie, dans un rapport sur la vaccine, du nom du vénérable Larochefoucauld- 4 Liancourt en disgrâce auprès du ministre.
ue servi par un es d'indaéhion remarquable, Bri-
Sci
heteau fit à Necker des cliniques qui ne furent pas ns retentissement sur ce même théâtre où Laennec vait jeté tant d'éclat par son immortelle découverte.
. Entré à l'hôpital Necker en 1830, Bricheteau y resta 1squ’ en 1855; mais il conserva la qualité de médecin onoraire j jusqu’en 1862, époque à laquelle il succomba ns sa propriété des Manoires aux attaques d’une an-
sine de poitrine (1).
Jacques-Francois-André-Maréchal naquit à Paris le 6 août 1799. Le véritable nom de sa famille, originaire ; Alsace, était Schmidt, qu’elle traduisit par celui de aréchal en venant s'établir à Paris. Maréchal, dans commencement de ses études, eut beaucoup de peine à surmonter sa répugnance pour la dissection; mais mand cette susceptibilité nerveuse fut calmée il avança .
fort vite, et grâce à une intelligence d’élite servie par
(1) Hosronr a publié :
Dissertation analytique sur l’hydropisie aiguë des ventri- %Qules du cerveau chez les enfants, Thèse de Paris, 1814. Précis analytique du croup. Paris, 1826
+ De la compressionet de son usage dans l’ FA — Cliniques m édicales de l'hôpital Necker. Paris, 1835.
. Traité sur les maladies chroniques qui ont leur siège dans
Sax
les organes de l'appareil respiratoire. (Ce bel ouvrage exigea
“vingt ans de travail.) pi: Divers articles dans le Dictionnaire des sciences médicales,
À » plusieurs mémoires, etc.
un travail épiniâtre ï devint bientbt un © premier ordre. LATE Reçu docteur en 1828, sa hèse portait pour &
Recherches sur quelques altérations qui se développer
au sein des principaux viscères à la suite des blessures ou des opérations. En 1829 il fut reçu au concours du ; Bureau central et, en 1831, choisi par l’administration pour remplir la place de chirurgien de l'hôpital Necker. Hardi et heureux dans ses opérations, doué d'un diae | gnostic sûr et d’une grande adresse, il savait y joindre du sangfroïid, sans jamais se départir de cette aménité qui le faisait chérir de ses malades comme de sesamis. | Usé par le travail, il mourut jeune. Le 4 janvier 1832, Fe ayant eu quelques étourdissements, Maréchalse fit saigner. La saigrée n’offrit rien d’insolite, mais le lende. main la plaie devint douloureuse ; néanmoins il nevoulut rien changer à ses habitudes. Le 10 janvier un phlegmon apparut sur la main du côté opposé, et malgré les soins et la science de Roux et de Cruveilhier le malade succomba le 20 janvier 1832, âgé de 32 ans.
D'un extérieur agréable, d'un caractère ferme et sûr,
Maréchal n’a rien laissé que sa thèse, tout son temps avait été pris par les concours, La vie lui a manqué au 4 moment où il allait recueillir le fruit de son travail et prendre un rang distingué parmiles chirurgiens ANR
Bérard(Auguste)trouvadans son frére en entrant dans à la carrière médicale, l'ami le plus tendre, le maître le plus zélé que l'on pût désirer, À, Bérard était ca- + pabie de profiter des exemples et des lecons, il suivit |
Pendant le cours de ses études, À. Bérard s'était it remarquer par ses succès. Interne des hôpitaux, rois fois lauréat de l'Ecole pratique, aide d’anatomie prosecteur, et possédant toutes les ressources que le L'travail peut ajouter à d’heureuses dispositions natu- | rélles, ses connaissances pratiques, solides, étendues, taient complétées par une érudition qui mettait à son service toutes les observations des auieurs et par un jugement exercé à utiliser les matériaux que lui four« sait une mémoire si riche, S Reçu docteur en 1829, dans sa thèse sur la luxas on spontanée de l’occipital sur l’atlas et de l’atlas sur
niques la disposition des deux premières vertèbres à 5 ss affections si communes dans les membres, mais si rares dans le reste de la colonne vertébrale, s'appuyant | sur quelques travaux Sous HE sur quelques observa-
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te maladie, alors si souvent méconnue, dont il n’était ) même question dans les traités dogmatiques de
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=. Nommé agrégé en 1830, après cinq concours contre = des gens tels que Gerdy, Sanson, Blandin, Velpeau,ete., 3 il obtint la chaire de clinique chirurgicale que la mort 4 de Sanson avait laissée vacante, LE Un des premiers, Bérard fit l’application des appa- ils inamovibles dans la chirurgie civile, il avait même É
linventé un appareil, mais il l’abandonna quand les trae L /
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avait une grande précision de termes, un nn pur . facile, et sa méthode de raisonnement était tonjours d’une clarté et d’une exactitude extrêmes.
Bienveillant et affable, il fut universellement regretté quand il mourut, en 1846, d’un cancer à l'estomac (1). 4
Successivement nomméau concours aide d'anatomie, prosecteur, agrégé de la Faculté de médecine et chirurgien des hôpitaux, Adolphe Lenoir (2) fit, pendant plus sieurs années," un cours d'anatomie et de médecine &
(1) Berard a laissé: De la luxation spontanée de l’occipital | sur l’atlas et de l’atlas sur l’axis. Thèse de Paris, 1829. —D causes qui retardent ou empêchent la consolidation des frac. tures et des moyens, ete. — Mémoire sur l'appareil inamo-. vible dans le traitement des fractures. — Mémoire sur l’empl de l’eau froide comme antiphlogistique dans le traitement des . maladies chirurgicales. — Mémoire sur le rapport qui existe . entre la direction des conduits nourriciers des os longs et 4 ordre suivant lequel les épiphyses se soudent, — Du diagnostie dans les maladies chirurgicales. — Mémoire sur le | traitement des tumeurs érectiles. — Diagnostic différentiel | des tumeurs du sein, — Compendium de chirurgie pratique : (les huit premières livraisons). — Collaborateur du Diction- | naire en #0 volumes, auquel il donna un grand nombre d'articles d'anatomie, de chirurgie, Bassin, Bec-de-lièvre, Bras, Carie, ete., ete. — De nombreux mémoires dans les journaux #4 médicaux. — Plusieurs rapports à l'Académie de médecine,
(2) Lenoir (Adolphe), né à Meaux (Seine-et-Marne) en 1802, mort en 1860. Interne en 1828 (obtint la etes Docteur en.
ire. Ces cours étaient fort suivis, carils ne contaient pas seulement dans ou des procédés opératoires, mais surtout dans l'appréciation de leur aleur, dans l'indication des cas où ils devaient être doptés.
É- Intelligence fine, cultivée et pleine de charme, Lemoir avait une véritable passion pour la vérité et pour la justice. Cela l’entraîna dans de sérieuses polémiques, mais s’il fut un peu sévère dans ses appréciations et assez * rif avec ses adversaires, il n’eut jamais d’autre mobile u’une conviction profonde,
Chirurgien sage et honnête, d’un talent qui s’appuyait * la connaissance parfaite de l’anatomie, peu soueux de chercher la clientéle ou la renommée, Lenoir ontrait de l’éloignement pour la chirurgie d'aventure; pérateur habile, il était moins préoccupé de faire préaloir la nouveauté d’une opération que d’en reconnatles indications et d’en vaincre les dängers,
La génération actuelle a peu connu Hervez de Chéoin, et PE on à os mal jugé see
Antrain Men) ce 40 sn avait connu | médecine à une époque où cette science était encore
33, chirurgien des hôpitaux et agrégé en 1837, Suppléa Sanà la Pitié.
Delpech pour la désarticulation de la cuisse, Nouveau prodé d’amputation de la jambe. Manuel de préparations anatomiques. Quels sont les lieux et quels sont les cas où il couvient d'am amputer la jambe, 1835. De la bronchotomie, 1840. Gervais, 6
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assez limitée pour que toutes les parties pussent être en
même temps cultivées. Médecin et chirurgien, membre
de la Société médicale des hôpitaux, et de la Société de
chirurgie, membre de l’Académie des sciences, ses tra-
vaux n’ontpas attiré toutel’attentionqu'ileûtdésiré. Mais on lui doit d'avoir créé la dénomination du rhumatisme
cérébral et d’avoir imprimé sur cette maladie le cachet . de son observation judicieuse et exacte.
Bon, affable, mais ne parlant guère à cause d’un bégaiement prononcé, il soignait le pauvre et le riche, et poussait le désintéressement au point de ne jamais demander d'honoraires.
Hervez de Chégoin est mort en 1877, âgé de 86 aps.
Praticien consommé, observatèur attentif, J. Brice de Larroque {1} remplit avec succès, pendant 15 ans, les fonctions de médecin de l'hôpital Necker, Attaché à la pratique, il n’écrivit pas beaucoup,mais les ouvrages qu'il à laissés sont empreints d'une vérité d'observation et d'une clarté de détails remarquables. Ses princiouvrages sont : Traité des hémorrhoïdes, De quelques maladies abdominales,simulant, provoquant, et entretenant les maladies de poitrine, 1881. Traité de la fèvre typhoïde. Paris, 1847,2 volumes in-&.
Ce dernier ouvrage fut couronné par la société médicale de Toulouse,
(1) De Larroque (J. Brice), né à Salies (Basses-Pyrénées) . en 1783. Docteur en 1810, médecin de l'hôpital Necker en 1831. Mort le 15 février 1858.
atalis Guillot (1). Une figure sympathique. Franc, À, aimable, toujours prêt à rendre service plein de ét de charité pour les malades, de dévouement les élèves, tel était Natalis Guillot.
igable, aimant la science pour elle-même et non ce qu’elle peut rapporter, Naitalis Guillot, par ses illants concours et ses travaux nombreux et toujours
atalis Guillot était né à Paris, en 1804 ; reçu docren 1828, ü vécut toujours d’une existence modeste dépendante que sa situation lui assurait. Agrégé
9e ) Ouvrages publiés par Natalis Guillot :
* Mhèse sur le cerveau. 1828.
Recherches sur la membrane muqueuse digestive dans l’état
émoire sur les phénomènes anatomiques que produit Le pen de la matière tuberculeuse autour des articulations des membres et des os. 1833.
2 Recherches sur la structure du foie des animaux mammi= es-et de l’homme. 1844.
‘un réservoir particulier que présente l'appareil cireure des raies. 1845,
Mémoire sur l'appareil de la respiration des oiseaux. 1886. Exp. anat. de l’organisation des centres nerveux dans les itre classes d'animaux vertébrés. 1844, (Couronné par l’'Amie des sciences de Bruxelles.)
La lésion, la maladie. 1851.
connaitre parmi tous ses compétiteurs par son élocutio : facile et claire; en 1852, il combattit avec éclat au der— | nier concours pour le professorat. Il fut vaincu, mais | en 1855, la chaire de clinique interne, devenue vacante, | lui fut accordée pour le récompenser de ses savants et | nombreux travaux, et son dévouement pendant le | choléra lui attira la croix d’officier de la ss d'honneur. \ Très aimé de la jeunesse des écoles et le lui rendant bien, Natalis Guillot consacra sa vie à l’enseignement | et au travail; il.s’était toujours occupé des sciences. zoologiques et l'étude de l’anatomie comparée lui. fournit souvent des faits intéressants et nouveaux pour la pathologie humaine. C’est surtout dans son travail sur le cerveau des quatre classes d'animaux vertébrés, | et sur Îe réservoir de l’appareil vasculaire des raies, et. sur lappareil de respiration des oiseaux qu’il déve-. loppa son talent descriptif et ses connaissances en his toire naturelle. 374 En résumé, la carrière de Natalis Guillot a été. remplie par de nombreuses recherches toutes marquées par quelque idée nouvelle et par des vues originales. J
Monneret (1) n’était pas un de ces hommes prédestinés par leurs qualités ou par leurs défauts aux honneurs périlleux de la célébrité, il ne les cherchait pas et, pour rien au monde, il n’eût consenti à RAR dar au pre ;
() Monneret, Jules-Anguste-Édouard, né à Paris en 1810, mort le 14 septembre, 1868. Médecin militaire à 21 Eds doc
fâcheux compromis avec les principes traditionnels honorabilité et de la dignité professionnelle ; il
rcha toujours dans la voie droite, la plus sûre et la
science et la dignité de la vie.
’un aspect froid, Pair un peu railleur qui lui était ituel déconcertait souvent ceux qui le voyaient our la première fois, mais il suffisait d’être simple et sté pour s’attirer l'estime de cette nature ombrase et défiante. | À . Portant haut le sentiment de sa valeur personnelle de la dignité du médecin, il savait au besoin en im ser le respect aux grands personnages avec lesquels réputation légitimement acquise le mettait en contact comme médecin consultant,
Pas novateur, pas trouveur, mais conscienceux, On dit de lui qu’il fut une copie d’Andral, son maitre, pie excellente, mais inférieure à l'original.
eur de la Faculté de médecine de Paris en 1833, agrégé en 838 et médecin des hôpitaux en 1840. Professeur de patholoe interne. — Élève d'Andral.
Monneret a laissé : Des épidermes en général, 1883, in-4. Traité d'hygiène ou règle de la conservation de la santé, 837, in-8.
Hygiène du forestier, du jardinier, du tailleur, 1838-1849. Principes hygiéniques, 1342. | Recherches cliniques sur quelques maladies du foie, 1849, Etude sur les bruits cardiaques et vasculaires, 1850. Précis d'hygiène, 1858, | Traité de Pathologie générale, 1857-1860.
Traité de Pathologie interne, 1864-1866.
ule d’ailleurs qui soit compatible avec la paix dela