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une épreuve de plus d'une année ; et ailleurs (page 15) : « On remarquera que le jeune médecin (M. Galatin) « qu'on a employé la première année n’a pas voulu de
« rétribution. » D’un autre côté, le curé de Saint-Sul-.
pice disait en 1778 (1): Enfin, nous avons un hospice de charité qui sera comme linfirmerie de la paroisse.
Il nous était done permis de penser que l'ancien établissement des Bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse avait été aménagé pour devenir un hospice vers la fin
de 1778.
Des recherches faites aux archives nationales nous
permettent de préciser exactement les dates.
Il résulte des documents que nous donnons à la fin de ce travail, que les 42,000 livres furent accordées suivant décision du roi, le 5 septembre 1778 (2); quant à la première ordonnance pour toucher cette somme, elle est datée du 13 septembre de la même année, mais Louis XVI avait dû s'engager beaucoup plus tôt, et l’on comptait sur sa promesse, puisque dans une note manuscrite, due probablement à la plume de M. Ac-
card, M"° Necker dit (3) : « J’ai dépensé, depuis le
« 2 juin jusqu'au 4° septembre, pour neuf sœurs, un « portier, un jardinier et deux domestiques que jai « entretenus à l’hospice, afin de tout préparer pour la « réception des malades. . . . . 287 livres »
(1) Supplément à l'ordre d'administration établi pour le soulagement des pauvres de la paroisse de Saint-Sulpice. Se vend 12 sois au profit des pauvres. Paris, 1778.
(2) Pièce TV.
(3) Pièce III. :
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et elle détaille la manière dont elle à dépensé les
F: 42,000 livres. Cette note manuscrite gue nous don nons comme document (1) nous apprend que les mä- À lades sont entrés le 27 septembre 1778, car en don- - nant la dépense du mois de septembre de cette année, Ée ilest dit : « La dépense du mois de septembre pour les ei « 14 personnes de service, les malades 1 ayant été pris 4 « que le2T de ce mois, et la dépense des malades pen- = « dant les trois jours s’est élevée à 506 livres 15sols. » É Enfin, pour compléter tous ces renseignements, A | nous avons retrouvé une copie du bail (2) passé pour D la location de la maison entre le sieur Jacques Mont- golfier, négociant, économe des biens du monastère de Notre-Dame-de Liesse et le Messire Jean-Joseph Faydit de Tersac, curé de Saint-Sulpice, par devant M° Jac- * ques-Claude Perron et Jean-Pierre Dosne, conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, pour le bail fait pour neuf ans à partir du 1° juin 1778, moyennant 8,600 livres par an pour l'immeuble et 600 livres par an pour les meubles. Dix miile livres furent versées pour tenir lieu de la valeur des meubles.
L'expédition que nous avons eue entre les mains avait été faite sur la demande de M°*° Necker, et voici à quelle occasion.
Ne se souciant pas d’être entravée dans son administration, la femme du fameux financier « avait éludé les leitres patentes » qui auraient mis son établissement
pr: R
(1) Pièce I.
(2) Pièce VIIL.
bail passé entre le curé de Mn . le ne, | Montgolfier économe des biens de Notre-Dame-de-
Liesse portait que dans le cas où l'immeuble loué serait - ci
vendu, soit à l’amiable, soit par autorité de justice, ledit bail serait résilié de droit du moment de la prise de possession des acquéreurs. On conviendra que c’élait
s'engager imprudemment quand il s'agissait d’un éta-
blissement aussi important et qui avait exigé tant de
premiers frais. M” Necker ne dut pas être consultée sur la rédaction du contrat, car elle s’en plaint dans
la note où elle en réclame une expédition (1). Mais il advint ceci : mécontent sans doute de n’a-
voir pas la haute main sur cet établissement fondé
par une étrangère, l’archevêque de Paris manifesta lintention de réunir ce qui avait été Notre-Dame-de- Liesse à La communauté de Sainte-Périne de Chaillot,
qui êtait complètement ruinée, à tel point que la supé=
rieure demandait la surséance pour les dettes de la maison, En opérant la réunion de ces biens, l'archevêque devenait maître de :la situation, car il pouvait à son gré, en faisant exécuter les clauses du bail, mettre Me Necker en demeure ou d’accepter sa domination ou dé quitter la place, ce qui ne pouvait se faire sans des frais qui auraient ruiné le nouvel établissement (2). Mais il avait compté sans M, Necker ; il y eut entre ces deux personnages un échange de correspondances qui n'eut pas le résultat qu’en attendait l'archevêque.
(1) Pièce X, (2) Pièce IX, X, XI, ete.
Le Hot débuta (1) par annoncer au directeur général l'intention qu'il avait de réunir Sainte. Périne de Chaillot et Notre-Dame-de-Liesse, si du moins le directeur général n’y voyait pas d’inconvénient, Aussitôt
. M”° Necker demande une expédition du bail (2) et
quand elleen voit les clauses désastreuses pour la durée
D. du nouvel établissement, elle charge son mari de la
négociation. Aussi M. Necker (3) répond à l’archevé-
* - que que le bail est très avantageux pour les proprié-
É faires, que limmeuble vaut 60,000 livres au plus et
F que le loyer représente une valeur de 72 000 livres,
que par conséquent dans l'intérêt du propriétaire il
vaut mienx résilier le premier bail et en passer un au-
= ire pour trente ans. On doit considérer d’ailleurs les
dépenses faites pour l'aménagement, 60,000 livres au minimum, etun bail de neuf ans n’est pas suffis antpour
. indemniser de tant de dépenses, Il ajoute enfin que l’établissement sera ruiné quand bien même le nouveau
propriétaire renoncerait au droit de résiliation du bail.
| La réponse (4) de l’archevèque,commencée sur un ton
assez vif, meten parallèle les besoins d’une communauté dans la misère avec ceux d’un établissement nouvelle ment fondé et aux sentiments d'humanité invoqués par le directeur général (5), il oppose sa promesse, les droits acquis, etc., etc., puis tout d’un coup, il revient sur un
(1) PiècelX,.
(2) Pièce X.
(8) Pièce XI.
(4) Pièce XIV.
(5) Pièce XIII.
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AE He ancien a que lui avait soumis le curé de Poue Celui-ci l'avait engagé, dit-il, à faire l'a
n pecHorait pas la réunion des deux maisons, tire rait les sœurs de Sainte-Périne d’embarras et, d'un autre côté, il n’y aurait rien à craindre d’un nouvel acquéreur étranger. Seulement il fait ses conditions. « Vous devez comprendre, dit-il, combien il est juste « que je sois assuré de jouir sur cet hôpital de tou « les droits qui sont dus à mon siége et que J'ai. de « énoncés dans une note» (1). pt | C'était justement ce que l’on voulait éviter à tout = prix. Dans sa lettre l'archevêque demandait des lettres de surséance pour les dettes des religieuse de Sainte= 1 Périne de Chaillot, afin d’avoir le temps d'arranger les affaires. Le directeur général transmet la demande à à Amelot, qui refusa net (2), en disant que les créan— ; ciers étaient des fournisseurs exempts de droit de ces Fe. sortes de mesures, et Necker engage (3) l’archevèque % è à donner aux sœurs de Sainte-Périne de Chaillot le conseil de vendre les biens qu’elles possédaient en 1 proi nce, :
C’est ainsi que se termina cette petite lutte. Notre- … Dame-de-Liesse et Sainte-Périne ne furent pas réunies, l'archevêque en fut pour ses offres. La communauté di Sainte-Périne vendit ses biens à Compiègne, sans se
(1) Nous n’avons pu retrouver cette note.
(2) Pièce XVIIT.
(3) Pièce XX.
acco: r la vous qu'avaient les hôphate d’être sés des frais de vente, faveur qu’elles réclamaient Ê grands cris en arguant deleur profonde misère (1). SL M Necker resta maitresse de la situation et garda : Ja place, mais elle n’oublia pas les désagréments que ie Jui avait attirés le curé de Saint-Sulpice, par la mau- : ; vaise rédaction du bail, et elle n’était pas éloignée de croire qu'il y avait eu connivence entre lui et l’archevêque tete |
- Quant au nom que portait aie nous le trouvons cité, par le peu d'auteurs qui s’en sont occupés, sous enom d’hospice des paroisses de Saint-Sulpice et du Gros-Caillon, et cependant, dans les registres que tint M"° Necker pendant les dix années de sa direction (1779-1788), F'Rospice est désigné sous le nom d’hospice de Charité.
Quoi qu’il en soit, le choix de l'Etablissement des D n’était pas heureux. Malgré la situation énérale de l'immeuble qui était entouré de jardins et assez isolé, il n’était pas dans de bonnes conditions d'hygiène, car les sallesétaient basses (3), les dortoirs transformés n'avaient pas les dimensions convenables
4 pour recevoir autant de lits, les croisées trop hautes
De et, comme il arrive dans tout établissement détourné de
afes
sa destination première, il y eut de grandes difficultés 7 on passa outre. Mais nous verrons
. (1) Pièces XXI, XXII, XXII, XXIV, XXV,
ie (2) Tous ces renseignements sont puisés aux Archives na- FT ;
ses s membres (1804-1813)
Gervais. 7]
plus tard les résultats de cle Fées défectue | et nous rapporterons les jugements cruels que l'on. ménagea pas à cet établissement. | |
Nous allons, pour le moment, laisser la parole à Mme Necker, et transcrire à peu près 27 erlenso une partie du premier rapport qu’elle fit : « Pour servir, « dit-elle, aux personnes charitables qui voudraient « prendre modèle et pour démontrer combien il fallait « peu pour soulager les malheureux quand l'ordre et « la charité régnaient dans une maison ».
Il est certain qu’au point de vue administratif, peu d’établisséments hospitaliers étaient aussi bien tenus et cela à peu de frais, 17 sols environ par malade et par jour, du moins au début, car lajournée augmenta quand les franchises furent supprimées et que la Révolution eut changé l’organisation des hôpitaux.