‹ Histoire de l'horlogerie en FrancheComtéChapitre 4 sur 6 · MONTRES · texte numérisé non relu

MONTRES

Comme on le voit; les fabriques étrangères profitent de l’amélioration progressive de nos affaires, pour nous envoyer leurs produits et ramener l’importation au point quelle avait atteint jadis. Elles participent, en vérité, jusqu’en 1854, à l’accroissement observé dans les chiffres du contrôle ; mais, à partir de ce moment, elles rétrogradent, elles déclinent ,et nous montons encore. Cette décadence en plein progrès est la preuve sans réplique de leur défaite.

De 1 842 à 1847, la moyenne des poinçonnements donnait :

A U Fabrique. A l'IinporfaiioD. airpiaiiei.

Pour l’or. . . 8150 | 26000 | — 17850 (1)

Pour l’argent. 48500 j 88840 | — 40340

(1) Une différence de plus du double,

d Impou ti OA. DifraaaRci.

Fabriqoo.

C’est à dire qu’avant 1848, nous alimentions le commerce des montres communes, et que l'importation lui fournissait les œuvres de prix. Or, c’est précisément le contraire de ce que nous remarquons aujourd’hui : si, d’année en année, l’importation diminue , c’est surtout en ce qui concerne les montres d’or.

Aujourd’hui Besançon possède la prééminence sur son marché; elle a reconquis la position que d’habiles manœuvres, les trahisons et l’incurie lui avaient enlevée. Sa fabrique d’horlogerie est désormais dans ce qu’on appelle le bon coaranl, une fabrique de premier ordre. Il n’est plus seulement pour elle question d’asseoir sa prospérité, mais d’entrer résolument dans la phase des perfectionnements; elle a lutté avec succès contre Neufchâtel: elle va rencontrer bientôt devant elle Genève, Genève qui, pour les ouvrages émaillés et enrichis, est jusqu’à présent restée sans rivale.

On commence à comprendre généralement que la prospérité de notre manufacture n’est pas tant dans l’extension de son commerce que dans la bonne confection de ses produits ; un sent qu’il convient de racheter notre réputation un peu ternie par suite de la fabrication énorme et subite à laquelle il nous a fallu suffire dans ces derniers temps, et que pour cela il devient nécessaire de relever, par de bonnes études, le niveau de l’intel-

ligence et du savoir de nos artistes. On agite même en ce moment l’opportunité de fonder dans Besançon une école d’horlogerie théorique et pratique.

Nous avons signalé la tendance des campagnes , après 1830, à se livrer aux occupations de l’établi; après 1848, cette tendance est moins marquée : les villageois se contentent d’envoyer, comme apprentis, leurs fils au grand centre de la fabrique nationale. Cependant la commune deMorez, dont la manufacture de grosse horlogerie baissait dès longtemps de jour en jour, établit, en 1855, une école d’horlogerie fine, sous la direction d’une commission administrative. Cette école, qui débute, envoie chaque année au contrôle quelques boîtiers.

Ace propos, je me demande, en finissant, s’il est avantageux d’implanter l’horlogerie dans nos campagnes? Laissant de côté, bien entendu, l’intérêt des bons paysans, intérêt dont ils sont meilleurs juges que moi, et ne parlant qu’au point de vue de l’industrie seulement, je dis qu’il est des parties qu’on ne peut bien faire qu’au centre de la fabrique, parties artistiques et qui exigent tout à la fois un grand savoir et du bon goût, comme la confection des boites, le gravage, etc.; mais qu’il en est d’autres, comme les finissages et les échappements, qui peuvent fort bien être travaillés loin

des comptoirs et par des maios rustiques, ainsi que le démontre la supériorité reconnue des blancs de la Vallée (i).

(() Les blancs fabriqués dans le village du Val de Joux, et connus sous le nom de blancs de la V allée.

DE E’HOREOCiERlE.

L’homme a bien vite senti que les phénomènes de la nature et leur retour périodique étaient insuffisants pour régler les mille détails de son existence. D’abord, il s’est servi du soleil pour subdiviser les jours par l’ombre des objets (1), plus tard il a créé les sabliers et les clepsydres ; puis les horloges à moteur hydraulique, à balancier, etc. Il a multiplié, en un mot, et perfectionné autant qu’il a pu les instruments destinés à mesurer le temps, « parce que, disait la sagesse de nos pères, le bonheur est dans la règle, et qpi’il est bon de régler sa vie, de manger, de travailler, de dormir à ses heures. »

Il y avait bien loin déjà des sabliers aux clepsydresmueshydrauliquement et marquant les heures; il y avait bien loin des clepsydres romaines aux horloges à roues, à contrepoids, à sonnerie, etc. Mais que tout cela est primitif et lourd à côté de cette petite machine dont les battements isochrones

(1) Du gnomon.

et précipités règlent l'invisible mouvement de toutes CCS roues dentées , si finement , si délicatement, si merveilleusement découpées! Comme celte montre est savamment établie et avec précision ! comme on l’a riebement ornée et artistement construite ! la science de son exécution ne le cède qu’à la richesse, et la richesse à l’art. L’auteur de celte merveille ne vous semble-t-il pas un savant artiste?

Non, il n’est plus artiste ni savant, ce pauvre ouvrier qui , dès l’aube , s’assied à l’établi , la loupe à l’œil et l’archet ou la lime à la main, usant, frottant et polissant sans cesse d’imperceptibles piècefs. C’est un artisan, c’est un homme de métier, c’est tout ce que vous voudrez; il creuse éternellement et toujours la même ébauche ; il pivote éternellement et toujours le même objet, il adapte invariablement des rubis qu’un autre a (roués et polis de même au diamant; il est, en un mot, émailleur, pierriste, finisseur de roues, tourneur de cuvettes, polisseur d’aiguilles, dégrossisseur, sertisseur, doreur, guillochcur, etc., mais il n’est plus artiste. Autrefois l’horloger savait construire une montre entière, depuis la fabrication de l’ébancbe jusqu’à l’emboitage: alors il avait besoin de longues études et d’un sérieux apprentissage; il travaillait en maître , s’attachant à parfaire et à retoucher sans cesse l’œuvre qu’il avait entre les mains ; il était , en un mot, coûteux à former et lent à produire,

double raison pour laquelle les industriels lui préfèrent et lui substituent l’artisan dont l’intelligence repose en Dieu , mais dont les doigts ont agilité et précision; ils se servent d’outils mus par mains d’hommes en attendant un moteur moins coûteux, plus agile encore et plus précis : c’est l’éternelle histoire du père Tardif, l’homme absorbé par latnachine. A quoi sert maintenant que l’ouvrier sache, comme à Beaupré, faire des mouvements bruts? les puissantes machines de Beaucourt les font parfititemenl bien; à quoi sert qu’il sache maintenant dégrossir des fonds? nous avons les machines de Tarragnoz, des laminoirs et des emporte-pièces qui façonnent et dégrossissent pendants , boucles , fonds et lunettes, avec une précision toute mécanique.

La fabrication d’nne montre se compose d’une série d’opérations particulières qui en sont ce qu’on appelle les parties. Cette division du travail a, comme dans les autres industries, des avantages certains : par elle on obtient des produits à moins de frais, on les obtient meilleurs, on les obtient plus vite.

A. Supposons que, pour la confection d’une montre , il faille dix opérations successives et délicates : il est clair que dix apprentis, s’exerçant chacun sur l’une de ces opérations , l’auront plus vite apprise que si chacun d’eux doit les apprendre

loates; d’où, l’apprentissage étant pins facile, le travail en devient plus vil et moins coûteux.

B. Il est d’observation que plus on applique ses facultés à 'un objet déterminé , que plus on les dresse aux mêmes exercices, que plus, en un mol, un les spécialise, plus aussi elles approchent d’une perfection en quelque sorte mécanique. Je borne , bien entendu , l’application de cette remarque aux choses de l’ordre physique , le seul dont il soit ici question.

G. La troisième conséquence de la division du travail est, jusqu’à un certain point, renfermée dans ce qui vient d’étre dit plus haut. Mais indépendamment de l’habileté avec laquelle on s’acquitte d’une opération qu’on fait souvent, il est certain que l’ouvrier gagne encore à ne changer pas sans cesse les préparatifs de son travail et les dispositions de son établi , changements dont ne peut se dispenser l’artiste qui passe successivement à chacune des opérations que nous avons supposées nécessaires à la confection des montres.

Le plus grave reproche qu’on puisse adresser au procédé économique de la division du travail, c’est qu’il dégrade l’ouvrier, c’est qu’il atrophie la pensée en la privant d’exercice , et qu’il laisse ainsi les facultés et les instincts de la bestialité se développer sans contrepoids. Toutefois, hâtons -nous de le dire, l’ouvrier d’horlogerie le plus à plaindre sous

ce rapport, l’est encore infiniment moins que l’oavrier des fabriques où l’homme et la machine sont en présence ; car là, c’est la machine qui coupe ou triture, façonne et travaille, et c’est l’ouvrier, son serviteur, qui l’approvisionne et la sert ; c’est elle qui maçonne, et c’est lui qui gâche. Dans les parties les plus viles de l’industrie horlogère , si nous en exceptons peut-être celle de la fabrication des ébauches , l’ouvrier peut suspendre son travail quand il lui plaît et aussi souvent qu’il lui plaît, et en tempérer la monotonie par des distractions variées.

Avec ce système de fabrication par parties séparées, l’horlogerie a donc beaucoup gagné; elle peut vendre ses montres à bas prix, les mettre à la portée de chacun, et suffire à l’énorme consommation qu’on en fait. Par ce système, elle a peu perdu, si tant est, comme on le verra dans la suite , qu’elle y ail perdu quelque chose.

De ses progrès»

L’horlogerie est une branche de luxe. Elle ne l’est pas cependant au même titre que mainte autre industrie dont les produits ne sont commandés et dépensés que par la mode ou les caprices : une

montre est un objet d’utilité avant d’en être un d’agrément. A la vérité, on l’a si richement vêtue, que la richesse en est la qualité la plus apparente.

11 est tout simple qu’en ce siècle où le luxe a pris et prend tous les jours d’effrayantes proportions, autant par suite de la généralisation d’un certain bien-être, que par suite du bas prix où sont descendus les produits industriels; il est tout simple, dis-je, que la consommation qu’on fait des montres soit énorme en comparaison de ce qu’elle était au siècle dernier. On considérait comme prodigieux, il y a cinquante ans, que Genève pût fabriquer et vendre annuellement 25,000 montres (Pedchbt, Dict. de Géographie Corn.), et la fabrique bisontine a presque décuplé ce chiffre l’année dernière. L’accroissement du luxe a certainement et pour une large part contribué à l’agrandissement de l’horlogerie.

Une autre cause a coopéré, quoique d’une façon secondaire, à cet agrandissement; c’est la vie d’activité et d’inquiétude que nous menons tous.

L’homme de la génération présente est pressé de vivre vite et beaucoup ; il faut qu’il multiplie le temps de sa trop courte journée, et qu’il mesure son temps avec exactitude; il a besoin de régler ses actions d’une manière précise, et il est nécessaire qu’un instrument l’avertisse sans cesse des minutes qu’il peut consacrer à chaque chose.

Notre fabrique nationale, quoiqu'elle ait pris depuis un rapide et merveilleux essor, ne profita pas autant qu’on était en droit de s’y attendre, de l’accroissement de la consommation. Elle en profita moins que ses rivales, parce qu’elle n’avait pas autant qu’elles des forces de production, et que la rareté de ses ouvriers en rendait la main d’œuvre très élevée; parce qu’elle fonctionnait au milieu d’une population indifférente, pour ne pas dire plus, et sage en affaires; parce que surtout elle n’avait ni fonds ni crédit. Elle manquait, comme elle manque encore, des capitaux qui sont nécessaires à toute entreprise commerciale ou industrielle un peu considérable, et ne trouvait, pour s’en procurer, nul crédit dans Besançon, où l’esprit public n’a pas une foi bien robuste dans les spéculations de l’industrie. Le Franc-Comtois est armé par une apathie et une défiance instinctives contre les séductions que présente une entreprise à grands frais; il espère moins en la réussite qu’il n’appréhende les mécomptes; il confiera bien quelques fonds à findustriel de sa connaissance qui opère avec réserve, mais il ne hasardera pas volontiers ses capitaux dans une opération considérable et peu sûre. L’horlogerie souffrit certainement beaucoup de cet étal des esprits en Franche- Comté.

Aussi, malgré l’accroissement de la consommation, malgré la prospérité sans cesse grandissante

des fabriques neufchâteloises , la nôtre demeura presque stationnaire , surtout si on la compare à ce qu’elle a été dans ces derniers temps, où elle a littéralement triplé ses produits en quelques années (1). Dans une période de vingt-cinq' ans, la consommation des montres avait plus que doublé en France, et c’est à peine si notre fabrique avait doublé le chiffre de ses produits.

A quoi doit<elle le développement subit qu’elle a pris? Elle le doit beaucoup , selon moi , à un fait tout industriel ou commercial , comme on voudra, dont nous allons essayer de traduire les conséquences.

En 1848, des fabricants bisontins osèrent, comme on l’a vu (2), placer quelques capitaux dans la confection des montres, grâce au bas prix où la main d’œuvre était tombée, ils firent établir beaucoup et à bon marché; puis, quand le moment de vendre fut venu, quand la confiance commença de renaître , ils firent des offres que le commerce parisien s’empressa d’accueillir. Une fois le siphon rempli, pour qu’il fonctionne, il suffit de l’alimenter; une fois Paris s’approvisionnant à nos comptoirs, il suffisait, pour l’y conserver, de maintenir les conditions que nous lui avions faites. On s’est donc livré à une fabrication impossible; on a mul-

(1) Voyez cet Historique page 88.

(2) Voyez cet Historique page 86.

iOl

liplié et précipité les apprentissages, afin de se procurer des ouvriers nombreux et à bon marché. De là est résultée cette augmentation progressivement énorme des produits de notre manufacture ; mais de là aussi nous sont venus tous ces artistes sans talents, dont l’éducation est incomplète et manquée; de là encore ces produits mal confectionnés', qui sont sortis de nos ateliers et qui ont discrédité notre fabrique.

De sorte que nous pouvons nous demander si cette extension si brusque de notre fabrication constitue un véritable progrès. Economiquement parlant, il faut, pour qu’il y ait progrès, non seulement que les produits, tout en se vendant moins chers, soient livrés relativement aussi bons, ou que, devenaut meilleurs, le prix n’en soit pas sensiblement plus élevé, mais encore que ce résultat soit permanent, qu’il soit amené, ou par la simplification des procédés de fabrication , ou par la diminution des frais de vente, ou par d’autres opérations qui ne lèseut , en un mot , ni fabricants , ni consommateurs. Autrement, c’est une déception. Car je ne vois pas un progrès dans l’opération judaïque que nous mentionnions tout à l’heure ; ce n’est pas un progrès que ce développement temporaire, sans stabilité ni permanence, et qui n’esl entretenu que par la vente déloyale de produits mal élaborés. Bien loin d’étre un progrès, c’en est tout l’opposé : c’est un coup de commerce, c’est de

l’agio , c’est tout ce qu’on voudra, mais ce n’est, pas du progrès. Aussi Besançon souflre-t-il aujourd’hui de la réputation que certains industriels lui ont attirée , tout en semblant profiter des débouchés qu’ils ont ouverts; Besançon souffre, mais se console et espère que, sa réputation s’améliorant, les débouchés lui resteront.

Besançon n'a-t-il fait que supplanter la Suisse depuis 1848, en livrant à des conditions qui lui sont onéreuses? A-t-il abaissé ses prix en abaissant aussi parallèlement la qualité de ses produits? Non, il a réalisé le progrès par ce fait seul qu’il s’est substitué à l’étranger et qu’il a supprimé les droits d’importation qui ne sont profitables ni au producteur, ni au consommateur ; il a réalisé le progrès en introduisant dans sa fabrique quelques procédés qui lui sont avantageux, comme celui du dorage à la pile, du dégrossissage à la mécanique, etc.; il a réalisé le progrès en poussant les villages et les plus pauvres bourgades dans la voie de l’exploitation industrielle et en obtenant ainsi des produits aussi beaux et aussi consciencieux, quoique moins coûteux à la fabrication , et relativement aussi lucratifs pour l’ouvrier.

De ses résultats.

Voilà donc notre province conquise, non sans peine, par l’industrie horlogèrc! Celle industrie ne pouvait manquer d’en modiGer profondément les habitudes; elle devait, suivant Mégevand, en faire disparaître la misère avec son cortège de vices et de laideurs; elle devait lui procurer des biens de toutes sortes, divitias algue animi et corporis sanitatem. Voyons si elle a tenu ce qu’elle promettait, et si par elle la province est devenue effectivement plus riche , plus saine et plus morale.

§ I". — Sdr la. richesse.

« On appelle richesse, dit l’Encyclopédie nou- « velle, tout ce qui est susceptible de satisfaire « nos besoins et nos goûts matériels et intellec- « tuels, que ces besoins et ces goûts soient réputés « naturels, ou qu’ils soient l’effet de la civili- « salion. »

Nous avons suffisamment établi ( aux litres 9 et 10) l’utilité des produits d’horlogerie qui répondent à un besoin réel et légitime. Une industrie comme est la nôtre, qui donne de la valeur à ce

qui n'en avait pas auparavant , qui en ajoute à ce qui en avait moins (1), qui crée, en un mot, des produits utiles, est, sans nul doute, une source de richesses. Et s’il est vrai , comme le dit Montesquieu {Esprit des Lois, ch. 43), «qu’un pays qui « envoie toujours moins de marchandises qu’ils n’en U reçoit se met en équilibre en s’appauvrissant; » il l’est également que la Franche-Comté en vendant ses montres, se met en équilibre en s’enrichissant.

Gomme il n’est pas possible d’évaluer d’une manière exacte le rapport de notre industrie, nous essaierons d’en faire une évaluation approximative. La manufacture de Besançon a fait poinçonner, en 1857, 177,180 montres, dont 69,110 (or), et

(1) Citons à l’appui ce passage d’ÂIgarotti qui peint si bien la puissance créatrice de l’industrie : « Une livre de fer brut coûte environ 25 centimes en fabrique ; avec ce fer on fait de l’acier, et avec l'acier, le ressort appelé spiral, qui fait mouvoir le balancier d’une montre» Chacun de ces res sorts ne pèse que 0,005 gram., et quand il est parfait, on peut le vendre jusqu’à 18 fr. Avec une livre de fer, on peut donc fabriquer, eu accordant quelque chose pour le déchet, 80 mille de ces ressorts et porter, par conséquent, à une valeur de 1,M0,000 fr. la valeur première de 25 centimes. » Ceci s’écrivait, il y a trente ans environ ; les détails peuvent avoir changé, mais le fait reste comme preuve de ce que nous écrivons.

108,070 (argent). Elle a vendu les 69110 montres d’or à raison de 100 fr. l’une, soit. 6,91 1,000 fr.

Elle a vendu les 108,070 montres d’argent à raison de 30 francs l’une, soit 3,242,100 »

En caisse. . . 10,153,100 fr.

Elle a dû employer dans ce travail 845,621 grammes (or), à 3 fr.

l’un, soit

2,536,863 fr.

Et 2,151,185 grammes (argent) à 0,20 cent, le gramme, soit. . . .

Et l/!i,750 douzaines d’ébauches avec pignons assortis, à raison de 40 francs la douzaine (prix maximum), soit

Débours. . . .

3,555,100 fr.

Différence. . . .

6,598,000 fr.

Il reste acquis à la fabrication intérieure 6,598,000 fr., ce qui fait pour chacun des 3,000 horlogers de la statistique officielle un revenu net de 2,200 fr

6,598,000 fr.

Repobtez. . .

6,598,000 fr.

Report

Ajoutons à cela le produit additionné des fabriques répandues dans la province; et nous aurons un aperçu de l’énornae circulation de numéraire qui chaque année la vivifie.

SEL0NC00RT(huit établissements pour pignons, ébauches, finissages et blancs, 500 ouvriers), donne :

A l’cxportalion

A l’importation

Berne et la Chapote (mouvements de pendules, mouvements divers, 600 ouvriers), donnent :

A l’exportation

A l’importation

Hbriuoncoort (deux établissements pour pignons de petite horlogerie , 80 ouvriers ) , donne :

A l’exportation

A l'importation

Montbéliard (neuf fabriques; articles de Berne et de Seloncourt, environ 100 ouvriers), donne :

A l’exportation A l’importation

Reportez

6,598,000 fr.

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