CHIRURGIENS DE L'HOSPICE-GÉNÉRAL
Avant redit de 1681, il n'existait à THospice-Général aucun service chirurgical régulier. L'usage s'était cependant établi que les médecins et chirurgiens de Rouen et de la banlieue donnaient, à tour de rôle, et chacun pendant un mois, leurs soins aux pauvres enfermés dans la maison de la rue de la Maresquerie. C'était là une prérogative de ces deux corporations à laquelle elles parurent tenir beaucoup quand l'Administration de l'Hôpital voulut avoir son médecin spécial, après que l'édit de Louis XIV lui eut donné un chirurgien spécial. C'est que ce service gratuit était le point de départ de privilèges précieux.
Le 8 octobre 1647, les registres du Parlement portent : € M. le président Bretel a dit que les chirurgiens de cette •ville l'étaient venus trouver, représentant qu'à cause de leurs services chaque mois gratuitement au Bureau des pauvres valides, ils demandaient à être confirmés dans leurs privilèges, et M. Damiens ayant attesté leurs services, ouï M. Le Guerchois, avocat général, de son consentement a été ordonné que les médecins et chirurgiens continueront leurs services au dit Bureau, et en ce faisant, la Cour les maintient en leurs privilèges (signé : Cusson). Ces privilèges étaient : exemption de tout guet, garde, recette, com-
mission publique, police de ville, charge de paroisse, logement de guerre. »
Mais si les médecins et les chirurgiens de la ville surent, à certains moments, revendiquer leurs droits établis par Tusage de faire ce service gratuit, ils paraissent avoir dans la pratique fait preuve d'une négligence assez marquée dans l'exercice de ce droit. Nous en verrons la preuve à propos des médecins constamment sollicités de venir faire des visites qui s'espaçaient trop. Pour les chirurgiens, la même négligence peut expliquer comment l'Administration envoyait soigner ses vénériens à titre onéreux chez certains chirurgiens de la ville.
L'installation d'un chirurgien résidant gagnant maîtrise ne suivit pas immédiatement la promulgation de l'édit, et cette coutume du traitement par un chirurgien de la ville, rémunéré par l'Administration, continua, même quelque temps après la nomination du premier résidant.
Le rôle des chirurgiens paraît avoir consisté au début dans le traitement presque exclusif des affections vénériennes dont étaient atteints les pauvres qu'on enfermait au Bureau pour mendicité ou toute autre cause. Au reste, voici les textes :
— 6 novembre 1675. Vu le certificat du sieur Déport, vicaire de l'église de Sainie-Croix-Saint-Ouen, de la pauvreté de Jacques Daniel, malade de la maladie vénérienne, attestation du sieur Desmont, médecin, information de sa pauvreté faite par le sieur Gueroult,
commissaire, à ce député, il est dit que le dit Daniel est envoyé à la maison de Poisson, chirurgien, pour y être pansé et médicamenté au prix ordinaire, dont lui sera avancé moitié par le sieur Trésorier.
— 22 juin 1677. Sur la requête verbale de
opérateur, il est arrêté qu'il sera admis et pourvu d'un logement, en quelqu'une des maisons du Bureau, non encloses dans le Bureau, pour y panser les malades d'iceluy. On lui fournira les drogues et médicaments nécessaires.
— 1678. Mutel, envoyé chez . Poisson, à raison de 30 livres, dont sera payé 30 sols marché comptant et le surplus après guérison.
— 10 février 1680. Daubin, chirurgien, sur certificat de guérison d'un malade, délivré par Gilbert, médecin, reçoit 10 livres.
— Janvier 1682. Régine, enfermée au Bureau, est envoyée chez Poisson, chirurgien en ville, pour la maladie vénérienne.
— Février 1682. On envoie chez Poisson la nommée Renault, atteinte de la maladie vénérienne, pour y être pansée et médicamentée au prix convenu, dont elle avance la moitié.
— Mardi 29 décembre 1682. Jeanne Boutton, fille malade de la maladie vénérienne, envoyée chez Poisson, chirurgien, pour y être pansée et médicamentée au prix ordinaire, et il est alloué, au compte du sieur Leboucher, 14 1. 17 s. 6 d. pour aumône qu'il a faite, par l'ordre du Bureau, à la dite Boutton, pendant sa couche.
— Janvier 1683. Roussel, chirurgien, sera payé de la guérison de Petit, vénérien.
— Vendredi 19 mars 1683. Il est arrêté que la somme de 20 livres, qu'il demande, sera payée à Glatigny, opérateur, pour la guérison Delamotte.
— 10 août 1691. On fait comparaître au Bureau un nommé Leclerc, qui est accusé de donner des remèdes à diverses particulières pour le mal vénérien, en exigeant plusieurs deniers, sans que son remède leur apporte aucun soulagement, et alors, la bourse desquelles se trouvant épuisée, elles retombent à la charge du dit hôpital, qui est obligé de les faire traiter. Défense lui est faite de continuer, sous peine de poursuites, ainsi que de raison.
— Juin 1683. Le Bureau paye 12 livres à Pelay, chirurgien, pour la guérison de la fille de Tougard, sur certificat de Gallemant, médecin. — Au même, le 30 juillet, 40 livres, pour la guérison d'un malade, certifiée par Houppeville et Defontenay, médecins.
Les malades traités par les chirurgiens n'étaient considés comme guéris qu'après examen et certificat d'un médecin du collège de la ville. C'était une des nombreuses marques de la dépendance dans laquelle étaient les chirurgiens vis-à-vis du Collège des médecins. On sait que jusqu'à l'abolition des privilèges, en 1789, les chirurgiens luttèrent sans succès pour secouer ce joug. Pendant les premières années, après la création d'un chirurgien résidant à l 'Hôpital-Général, chaque mention des sorties de vénériens guéris
est accompagnée sur le registre de rindication du visa de guérison délivré par un ou deux médecins. Vers 1700, cette clause disparaît des registres; peut-être avait-elle disparu de la pratique par suite de la négligence des médecins à faire leur service, ou par suite de la plus grande autorité prise par les chirurgiens résidants.
Les chirurgiens de la ville étaient donc payés par le Bureau pour soigner ses pauvres atteints d'affections vénériennes; les autres malades étaient envoyés à THôtel-Dieu. Ce fait explique probablement le peu d'empressement que mit la corporation à désigner le premier compagnon capable de remplir le poste de résidant à l'Hospice-Général.
L'édit du Roi était de 1681, et ce n'est que deux ans après, le neuvième jour de mars 1683, que comparaissent au Bureau les sieurs Saint-Aubin de Hauteville et Roux Lesguile, maîtres chirurgiens jurés. Ils expliquent que suivant la déclaration du Roi et les ordonnances de ce Bureau, ils présentent à l'Hôpital la personne de Charles Got, « travaillant à l'art de chirurgie, pour être admis dans iceluy hôpital, afin d'y panser et traiter les maladies des officiers d'iceluy ». Us ont procédé, par quatre diverses fois, à l'examen de Got, et l'ont jugé capable de servir à l'Hôpital, non cependant au point qu'ils auraient souhaité, mais ils n'ont pas trouvé d'autre candidat.
Le Bureau, après délibération, arrête que M. Lecoulteux sera chargé de voir MM. les médecins qui seront priés de venir au Bureau pour être ouïs sur la capa-
cité du dit Got. Au mois d'avril, Got fut nommé, comme en fait foi le procès-verbal suivant, signé de sa main sur le registre :
« En conséquence de l'avertissement fait et réitéré » plusieurs et diverses fois aux maistres et gardes » chirurgiens jurez de Rouen, afin que, suivant la » déclaration du Roi, du mois de mai 1681, homo- » loguée en Parlement de Rouen, le 23 juin ensuivant, » pour l'établissement dans l'Hôpital d'un compagnon » chirurgien gagnant maîtrise, ils désignent un com- » pagnon de leur corps capable de servir gratuite- » ment et d'assister les pauvres enfermés, officiers et » domestiques d'iceluy, dans les indispositions et » maladies qui leur arrivent, pour, après six ans de » ser/ices, gagner maîtrise sur le certificat des six » directeurs de cet Hôpital, jouir des mêmes droits et » privilèges de tous les maîtres de la dite ville, ce » qu'ils auraient fait au mois de mars par le minis- » tère de maîtres Saint-Aubin et de Hautteville, deux » des six maîtres et gardes chirurgiens qui présen- » talent Charles Got, travaillant aux arts de chirurgie, » pour être reçu et admis aux fins ci-dessus, il a été » procédé, par quatre diverses fois, à ses examens, et » il a été jugé capable de servir dans l'Hôpital. Par » décision de M. Lecoulteux, commissaire du Bureau, » il a été décidé que cette nomination serait soumise » à MM. les médecins. En conséquence des certificats » des sieurs Le Gandelier et de Houppeville, méde- » cins et doyens en charge, datés des 19 et 23 mars
» dernier, au bas desquels est aussi celui de MM. Laisné » et Lambert, chirurgiens jurés de Rouen, aussi du » 23 mars, le tout au sujet de la capacité du dit Got ; » autre certificat du sieur Houppeville et du sieur de » Fontenai, aussi médecins, du 13 avril ensuivant; » des interrogatoires par eux faits au dit Got, et les » ordonnances du Bureau, du 10 de ce mois, sur la » manière de traiter la maladie vénérienne dont ils » l'auraient jugé capable; vu la requête portée par le » dit Got pour être reçu dans le dit Hôpital aux fins » susdites, et qu'iceluyensera particulièrement capable » et expert pour traiter et guérir la dite maladie véné- » rienne; ouï aussi les Commissaires, il est arrêté que » le dit Got résidera dans THôpital pour y exercer son » art de chirurgie pour le soulagement des pauvres » enfermés, officiers, domestiques d'iceluy, et, notam- » ment, pour traiter et guérir de la maladie véné- » rienne les personnes qui s'y trouveront infectées, » pendant le temps de six années, pour, ces six années » accomplies, jouir des mêmes droits et privilèges » que les autres maîtres chirurgiens de la ville, con- » formément à la déclaration de Sa Majesté.
» A la charge, par le dit Got, de faire résidence » actuelle dans le dit Hôpital pour y manger au réfec- » toire des pauvres, pendant le temps de six ans, et » se fournir d'instruments ordinaires de chirurgie. » S'il se trouvait que le dit Got ne réussît pas cy après » dans la guérison du mal vénérien, le dit Hôpital » pourra le congédier et le poursuivre de cela. (Signé : i) Scott de Fumechon, Bulteau, Godefroy, Guillard.)
» Il lui est accordé 100 livres par chaque an pour » son entretien. »
En plus de ce don gratuit pour son entretien, on donne à Got 20 livres pour Tentretien des rasoirs et « autres ustensils nécessaires pour le poil ». Il avait en effet mission de raser tous les officiers. La guérison des vénériens sortants devait être certifiée par un médecin. Le 10 mars 1684, Dupéray, médecin, certifie que la femme de Toussaint Moriot, soignée par le chirurgien du Bureau, est bien « garie ». Mais, à la même date, on envoie encore les filles accoucher chez Poisson.
En septembre 1685, le Bureau, composé de Chalon, chanoine, de la Bunodière et Antieul, échevins, Turgis, Beaudoin, quarteniers, Bence, Marye, Murray et Asselin, trésoriers, reçoit la pétition de Roussel et de Fournier, fils de maîtres chirurgiens à Rouen, demandant à remplacer Got dans les conditions de Tédit. On les renvoie devant les maîtres chirurgiens de la ville pour y être examinés suivant la manière accoutumée.
En octobre, la même Commission décide que tous les fiévreux qui se trouveront à THôpital-Oénéral seront envoyés à l'Hôtel-Dieu.
Roussel. — Le mardi 13 novembre 1685, Roussel (Gilles), natif de Rouen et filsd'un chirurgien juré, après avoir subi les épreuves et opérations voulues, est certifié apte à remplir les fonctions de chirurgien de
THospice-Général par les sieurs Filon, Cassagiie et Lambert, chirurgiens maîtres et gardes en charge, et par les docteurs en médecine Noël et Lhonoré. Il est nommé pour succéder à Charles Got décédé. (Signé : Busquet, de la Bunodière, de Chalon, Turgis, Marye, Bence, etc.)
Charles Got, malade, avait été remplacé jusqu'à la nomination de Roussel par Laurent Laisné, chirurgien, qui reçut 50 livres en récompense de ses soins aux vénériens du Bureau.
Le P'' avril 1689, le Bureau décide de ne pas prélever de droits sur les « passe-maîtrises des apprentifs chirurgiens », ni sur leurs ouvertures de boutiques, eu égard aux services qu'ils avaient jusqu'alors rendus au Bureau, ou qu'ils pourraient rendre, au besoin, dans l'avenir.
Le 2 novembre 1691, Roussel, arrivé au terme de son mandat de six ans, demande à jouir des prérogatives attachées à sa place. On décide qu'étant donné les services qu'il a rendus aux pauvres, on lui donnera un certificat pour se pourvoir devant les juges royaux aux fins de prêter serment de maître en l'art de chirurgie, gratuitement, conformément à l'édit du Roi. Il est autorisé à continuer ses soins dans l'Hôpital aux mêmes conditions d'entretien qu'auparavant.
GoDiN. — Le 23 novembre, se présente le sieur Estienne Godin, pour remplir la place de second chirurgien, suivant l'édit de Sa Majesté qui en exige •deux. Le Bureau discute pour savoir si on retranchera
100 livres par an aux gages de Roussel pour Tentretien de Godin, ou si on laissera à Roussel Tintégralité de ses gages pour entretenir Godin aux frais de rHôpilal. Les avis étant partagés par moitié, la décision est remise à la séance suivante, où tout le Bureau est convoqué, et Godin est autorisé à se présenter à lexamen des maîtres gardes de son art pour obtenir le certificat de capacité à remplacer Roussel.
A la séance suivante, le Bureau décide qu'il n'y a pas besoin jusqua présent de deux chirurgiens et qu'un seul suffit pour la satisfaction des malades maintenus dans les enclos de l'Hôpital. Godin sera nommé aussitôt reçu, sans aucune rétribution, et Roussel sera remercié et payé au prorata de sa rétribution jusqu'à ce jour.
Le 11 janvier 1692, se présentent les sieurs de Gruchy, lieutenant de la communauté des chirurgiens, et Debordenave, maître et garde année présente en l'art de chirurgie, lesquels déclarent qu'ils ont trouvé Godin capable de remplir la place du Bureau et qu'il ne s'en est pas présenté d'autre de plus capable.
A cette occasion, ils représentent qu'en plusieurs autres villes de la province on annonce par des affiches ces places de chirurgie au concours, ce qui souvent amène plusieurs garçons chirurgiens à se disputer cette place et permet de la donner au plus capable.
Le 29 janvier, Godin est nommé chirurgien de l'Hôpital-Général et prête serment à ce sujet. Mais on fait lecture au Bureau des deux nominations anté^
Heures Got et Roussel, et on fait remarquer que jusqu'alors les interrogations avaient lieu sous la présidence des médecins de la ville, ce qui n'a pas été fait pour Godin.
Comme à ses prédécesseurs, on lui octroie 20 livres pour l'entretien des rasoirs, et ses guérisons de vénériens sont vérifiées par les médecins de la ville, Houppeville entre autres.
Garçons chirurgiens. — Pour la première fois, le 14 juin 1697 apparaît la mention des garçons chirurgiens dans l'Hôpital-Général; nous les retrouverons plus tard installés d'une façon régulière et constituant les précurseurs des internes actuels. Charles Amyot, garçon chirurgien, et Thibaut, aussi garçon chirurgien, présentent au Bureau chacun une malade qu'ils ont guéries de la maladie vénérienne, avec certificat de Houppeville à l'appui.
Godin fut commis quelques années plus tard, en 1712, en qualité d'ancien chirurgien du Bureau, avec l'ancienne obstétrice de l'Hôtel-Dieu, pour examiner une demoiselle Boyer et certifier qu'elle n'était pas accouchée, du moins à maturité.
Le 19 novembre 1697, les six années de Godin arrivant bientôt à expiration, le Bureau fait injonction aux gardes chirurgiens de présenter deux garçons de leur corporation pour traiter les pauvres enfermés.
Le 10 décembre, les sieurs de Grouchy, Hélys, Loiseau et Vaisse, maîtres et gardes, se présentent à la Commission et disent qu'ils ont examiné deux candi-
dats : Louis Letellier et François Thibaut, et leur ont fait pratiquer Texpérience. Ils les ont trouvés tous deux capables de remplir la fonction de chirurgien résidant. Letellier tenait les privilèges de la veuve d'un chirurgien, et Thibaut était fils d'un maître. On les renvoie devant un médecin et un chirurgien royaux assistés des autres préposés ordinaires.
Le 14 janvier 1698, les gardes royaux, médecins et chirurgiens présentent les compagnons Charles Amyot et Régné le Bourdain comme reconnus capables après examen régulier.
Amyot. — Amyot, choisi par le Bureau, prête serment. Suivant Tusage on lui accorde 100 livres par an pour son entretien et 20 livres pour les rasoirs et autres instruments de chirurgie.
M. Lecoulteux, ancien échevin, est délégué pour présenter Godin au Lieutenant général, afin de lui faire obtenir gratuitement la maîtrise à laquelle lui donnent droit ses six années de service.
C'est Amyot qui paraît avoir tenté le premier de s'affranchir, avec l'apothicaire, de l'obligation de prendre ses repas avec les autres officiers, de vivre, suivant l'expression actuelle, en salle de garde. La tentative n'eut pas de succès, et en décembre 1698, on leur retire le bois de leurs chambres, sauf pendant la préparation des médicaments. Deux ans plus tard, en 1700 (17 août), on rappelle de nouveau à Amyot et à l'apothicaire Thomas qu'ils doivent manger au réfectoire et ne sortir que l'un après l'autre pour être
rentrés au plus tard entre sept et huit heures du soir. Plus tard encore, la Commission délibère que ni le chirurgien, ni Tapothicaire, pas plus que le brasseur, le boulanger, le foulier ou les autres, ne pourront feire du feu dans leur chambre que pour le service; qu'ils n'y pourront pas recevoir des visites, ni prendre leurs repas, et qu'au besoin on bouchera leurs cheminées (21 septembre 1702).
Cependant, on avait, entre temps, augmenté l'arsenal du chirui^en. Le 13 octobre 1699, il avait été arrêté que par les soins de Planterose, quartenier, il serait fait achat des outils nécessaires pour faire les opérations de chirurgie ; qu'ils seraient marqués à la marque de l'Hôpital et mis dans la boutique du chirurgien et sous sa garde ; qu'il en serait dressé mémoire pour être par lui représentés toutes fois et quantes.
Ces instruments étaient contenus dans deux caisses. Dans la plus petite se trouvait un trépan fourni, savoir : « la branche d'iceluy, trois couronnes de diverses grandeurs avec chacune leurs pivaude, le démontoir des pyramides, un trépan exfoliatif, un tirefond h trois branches, un bec de corbin, un spéculum oris, trois aiguilles courbes, deux brosses à nettoyer les couronnes, un lithotome, deux élévatoires, trois rugines, un méningophile, un cousteau lenticulaire, un relevoir creux » .
Dans la plus grande caisse les instruments à extirpation, savoir : « un grand cousteau courbe, une scie avec sa vis, un bistouri droit garni d'argent, quatre cautères actuels, un bec de grtie, un dilatatoire, trois
escarpelles, une lancette n abcès, un bistouri courbe, un ciseau à amputer les doigts, une paire de ciseaux à incision, un trocart avec sa canule, un davier, un pellican, un poussoir, deux petites seringues à homme, deux seringues à femme avec deux canules courbes, une aiguille à séton, cinq sondes d'argent ou algalies à homme de diverses grosseurs, deux à femme aussi d argent de diverse grandeur, une canule aussi d'argent pour coudre les plaies, une érigne, un tire-balle à vis ». (Pas d'indication de provenance ni de prix.)
Le 20 novembre 1703, comme le temps d'Amyot touche à sa fin, Gilles Roussel demande à le remplacer, sa qualité de maître le rendant plus capable qu'un garçon chirurgien. Sa demande est rejetée.
Jourdain. — Henry-François .Jourdain, garçon chirurgien, de la paroisse de Saint-Etienne-des-Tonneliers, se présente pour subir les épreuves devant le jury habituel. En attendant, il est admis provisoirement à venir médicamenter les pauvres conjointement avec Amyot. Le 14 décembre 1703, les sieurs Marette, Lambert, Jourdan, Amanger, maîtres et gardes en charge, viennent devant la Commission certifier qu'ils ont fait subir à Jourdain les épreuves du concours et l'ont reconnu capable de remplir la place de l'Hôpital-Général. Ils représentent en même temps qu'Amyot, pendant soji service à l'Hôpital, a soigné des malades en ville, contrairement à l'usage. On leur donne acte de leur protestation.
Jourdain, ];iommé à la séance suivante, prête serment.
V élève en chirurgie, — Louis Latlier est admis pour six mois, à raison de 50 livres payées d avance, à travailler à sa profession avec le chirurgien du Bureau. Il sera nourri comme les officiers, à leur table, sans tirer à conséquence (16 décembre 1704).
On accorde aux chirurgiens et à l'apothicaire du pain blanc avec du beurre au déjeuner du matin, à cause de la nécessité d'aller dans les infirmeries. En même temps (1706), on leur demande de faire deux visites par jour et d'appeler le médecin quand ils le jugeront nécessaire. Ils ne pourront aller dans les salles qu accompagnés d'une religieuse (26 août 1707).
Le règlement suivant semblerait un peu dur aujourd'hui.