Cahier communiqué par M. Texcier
— Hébert le Tampin, le Normand emporte tout.
— Aide de Dieu au pauvre cavalier.
— Je souhaite un bon lot pour Nannetle.
— A. la charmante Angélique — le Diable emporte
Tamour.
— Le bonheur me cherche.
— Si je suis haï sans sujet, j'espère avoir un bon billet.
— Au conquérant Alexandre sans poudre et sans plonnb.
— Je jeûne pour gagner ma vie.
— A la misère de la marmitte.
— J'aime mieux le gros lot qu'un petit.
— Enfants, mêliez la main au bon endroit.
— Qu'importe que ce soit chez les Normands, pourvu
qu'il en vienne des louis.
— Va- l'en voir s'ils viennent.
— Pierrot qui aime le piot.
— Si les Normands ont la cruche, nous avons les tessons.
— Nous sommes nombre de filles qui attendent cela
pour se marier.
— Marguerite de Belle Truffe. — A Tinsu de ma femme.
— Un badaut fait fortune en Normandie; quel paradoxe!
— Jacques Panique se fie aux Normands.
Nombre de billets invoquent les saints, surtout saint Joseph et saint Antoine de Padoue.
Cette loterie avait rempli le coffre pour quelque temps, mais pour peu de temps. En 1709, le 13 août, il y a une assemblée extraordinaire à TArchevêché, où viennent Ma ignare! , procureur au Parlement, Le Baillif, couseiller-echevin. Deschamps ei Judde, quarteniers, Canivet, trésorier, pour avi.^er à une nouvelle
détresse du Bureau. Il y a 1,800 pauvres enfermés. Vu la misère des temps et la cherté des vivres, les revenus sont insuffisants. Il n'y a plus de blé que jusqu'au 10 septembre et pas d'argent.
Alors on décide que sauf le supérieur et la supérieure, le chirurgien et l'apothicaire, le sieur Mancel, pensionnaire, deux infirmiers et deux ecclésiastiques pensionnaires qui auront le pain comme avant, les autres officiers seront réduits à du pain fait de blé-, d'orge et de seigle par tiers, avec un demion de cidre par jour et de la bière aux autres repas; de la viande trois fois par semaine seulement, ainsi que les pauvres.
En janvier 1710, la quantité des pauvres qui sollicitent les secours du Bureau est telle que le Bureau se partage en deux pour arriver à faire les distributions. On est obligé d'en caserner une certaine quantité au Lieu-de-Santé , où on envoie un chapelain qui y sera entretenu • par l'Hospice-Général tant qu'il y aura des déportés. Enfin, on modifie (1712) le règlement de la manière suivante :
V Tous les deniers provenant des capitaux , rentes viagères, racquits, testaments et autres produits extraordinaires, seront mis dans le coff're de réserve pour être remplacés, dont il ne sera tiré aucune somme que par décision du Bureau en y appelant MM. les Chefs de la direction ;
2° Personne ne sera reçu dans l'hôpital s'il n'est de la ville et fauxbourgs et par ordonnance du Bureau.
Lors de l'enlrée, lo Supérieur ou la Supérieure écriront les noms, surnoms et demeure sur un registre, avec report sur deux autres registres aux mains des commissaires pour les hommes et les femmes ;
3** De même pour les enfants en nourrice, avec un commissaire spécial ;
4" Personne ne sera admis comme payant pension qu'en donnant en même temps une caution solvable s'obligeant à payer la pension dont on conviendra de six mois en six mois et par avance. Faute de paiement, le Bureau demandera décharge à la personne. 11 en sera dressé un état par les Supérieurs ;
b" Il sera dressé un état des personnes qui ne paient pas leurs pensions, et elles seront renvoyées chez ceux qui les ont fait recevoir ;
6" Tous les mois il sera fait un état des marchandises, denrées et autres choses qui seront à vendre, lequel sera communiqué à MM. les Administrateurs en chef, pour être avisé à un terme de vente par les moyens qui paraîtront le plus avantageux pour le bien des pauvres;
7** pour éviter toutes sortes d'abus qui pourraient résulter de Taccumulation des comptes, les trésoriers les rendront à la fin de Tannée qui suivra leur exercice. Il faut liquider de suite tous les comptes en suspens;
8"* Les trésoriers seront tenus de justifier leurs comptes ;
9° On mettra le prochain compte au pair ;
lO*" Aucun marchand nommé administrateur ne
pourra fournir de marchandises pendant son exercice, sauf par nécessité, après délibération ;
IP II y aura deux visites générales par an pour voir si la police est observée et si tout se passe bien pour les pauvres, les provisions et les manufactures;
12'' On fera un inventaire des pièces et titres à mettre au chartricr sous trois clefs. Le trésorier en aura une ;
13"* Toutes les anciennes délibérations pour la police seront exécutées. Les officiers ne pourront sortir sans présenter un cachet au portier, cachet délivré par les Supérieurs. Ils seront rentrés ;Vsix heures et ne pourront s'assembler dans leurs chambres pour boire, manger ou jouer. Ils s'y retireront à huit heures.
Le chirurgien et Tapothicaire feront la visite ensemble après la première messe et se rendront au réfectoire au son de la cloche.
Loterie, — Au mois de novembre 1711, on avait obtenu du Roi la permission d'une nouvelle loterie dans les mêmes conditions que la première, mais avec 250,000 livres de lots. Les distributeurs de billets étaient Lecoulteux, Planterose, Taillet et Béhic. Le tirage en eut lieu le 3 juillet 1713, à l'Archevêché.
Cette fois encore, au lieu d'un simple nom, la plupart des billets portaient des devises. Celles des billets gagnants sont toutes relevées nu regisire des délibération^. Nous en avons noté quelques-unes, laissant celles d'expressions trop osées et que l'Archevêque présidant entendait comme les autres :
Aux quaXre fîlles sans amants, Dieu leur en envoie,
car il est temps.
Argent emprunté n'est pas rendu.
C'est pour la belle Marianne.
L'homme est le feu, la femme est l'étoupe; le Diable
survient, qui souffle.
Il ne m'a rien coûté.
Fanchon demande le gros lot pour se marier, ne voulant point être religieuse.
Croissez et multipliez.
Sans y penser, j'ai gagné.
Pour une femme qui a trois hommes du Havre.
Je m*appelle Rasse ; mon Dieu, donnez-moi votre sainte
grâce.
Pour la petite joie.
Un profit cherche l'autre.
Je m'y attends.
Pour ma femme.
Pour faire le pèlerinage de M. Saint-Clair.
Va chercher le gros lot.
Si j'ai le gros lot, j'en ferai un bon usage. Je l'aurai ou je ne pourrai.
Notre-Dame de Bonne-Nouvelle pour les quatre pu-
celles.
Je l'ai bien manié avant de l'y mettre.
Nicolas Angot dit que s'il a le gros lot il se mariera ;
sinon il se consolera.
A sa belle affligée, pour la réconforter, un lot. Vendredi, Pinart voyant la pluie laissait pleuvoir. C'est pour la dernière fois.
A ce monsieur qui n'en veut point.
Eh bien ! Chariot, ta chance nous fera-t-elle avoir le
petit lot ? (Gagne mille livres.)
— Folelte, petite bergère.
— Tout ce que le hasard me voudra donner m'accommo-
dera.
— A la pucelle du « Figuier couronné ».
— Inter pocula.
— Pour payer le cochon de TAscension de la Chambre
des Comptes.
— Je serais bien picqué.
— Si vous m'en donnez, j'en aurai.
— Mon cœur est percé de flammes si je n'ai celle que
je pense.
— Si le gros lot me vient, j'en ferai bien du bien.
— Le Diable emporte la loterie si je ne gagne.
— Toc, mon tambour, toc.
— Ne va pas sans revenir.
— Le tout vient de Dieu.
Tous les billets n'ayant pas été pris, on ne tire la loterie que pour 300,000 livres, et on met ceux qui restent à 25 sous avec cinq cents bons billets de 20,000 à 200 livres. Mais cette loterie se traîne. Le 17 février 1714, il ny a que 87,478 billets placés. On tire 400 bons billets, toujours sous la présidence de l'Archevêque.
— L'argent assemblé, Dieu veuille qu'il me soit profilé.
— J'ai perdu ma fortune ; j'ai encore espérance.
— Aux deux liards du petit garçon.
— Si j'ai un lot, je n'aurai pas à partager.
— Le peu de cœur d'un cocu bien connu m'y fait mettre
et j'ai perdu.
— Catin n'a point d'amant; que Dieu lui en envoie un
promptement.
Si je mets i\ la lolerie, c'est pour avoir Thonneur de
leur compagnie.
Nous allons mettre nos pièces ensemble.
Margot a fait biribi.
La Compagnie m'a engagé.
Il faut notre fortune à nous deux de compagnie pour
bâtir un château.
J'aime tout ce qui vient à mon profit.
Perle ou gain, je suis consolé.
Je vous attends avec impatience pour remplacer folles
dépenses.
Les jésuites régnent à présent.
A Técu saussé des six têtes dans un bonnet.
A la femme qui en veut plus que de pain.
Il y aura bien des gens trompés.
Devalle demande un lot pour apaiser Margot.
Le réconfort des malheureux est d'avoir des compagnons.
Françoise Dupré est bien chagrine de n'avoir rien
pour entretenir sa cuisine. (Mille livres.) J'aime trop ma femme.
Pour la tendre amie mal récompensée.
Gaspard et Madeleine en demandent un bon.
Si tous les cocus avaient des sonnettes ?
Au hazard qui toque , femme qui pette n'est pas
morte.
Gens de village, trompettes de bois.
A la bonne aventure, oh gai !
L'argent diminue, les filles augmentent.
Au curé et au vicaire qui ont plus d'appétit que de
dévotion et au bon rouge rouge.
A brebis pelée Dieu mesure le vent.
Le 14 février 1715, 3" tirage de 66,300 autres billets. Les lots vont de 2,000 livres à 25 écus.
— A la plus noble dame.
— Je donne pour avoir.
— C'est la première fois que j'y mets.
— Petit capital, gros intérêts sans rêve.
— Malgré la mauvaise foi de Pierrot, Marie eôpêre un
gros lot.
— Si je gagne, je serai trompé.
— D'où il est venu je l'y remets.
— C'est M*" qui me l'a mis.
— Je n'y ai jamais rien eu.
— A Teau-de-vie naturelle.
— Les pertes sont sensibles à gens qui ne risquent que
la terre.
— L'hôpital m'enrichira.
— Hazard à la blanque c'est pour une crochue.
— Je suis assez fort pour porter le gros lot.
— Point d'argent, point de Suisse.
En 1715, grâce aux démarches du premier Président, Louis XV accorde pour l'Hôpital Texemption de tous droits sur les objets de consommation pendant dix ans. Sur Tavis du duc d'Orléans, Régent du royaume, le Roi donne aux pauvres 8,000 livres à revenir de suite sur les revenus de Tabbaye de Saint- Ouen (mars 1716).
En 1719, le budget présenté par le sieur Larchevêque, trésorier, accuse 75 à 78,000 livres de charges annuelles, savoir :
Dépenses.