‹ Histoire de l'Hospice-Général de Rouen, 1602-1840Chapitre 8 sur 21 · vente des foins, issues de la boulangerie · texte numérisé non relu

vente des foins, issues de la boulangerie

etc.

En tout 114 à 115,000 livres.

Le rapport fait valoir que ce résultat est meilleur qu'en 1710, où on consommait de 50 à 60,000 livres du capital. On décide de retrancher les aumônes passagères. Cependant, en 1724, le Bureau se trouve de nouveau dans la détresse. Le blé, entre autres, est rare et la réserve épuisée. II en faut 2,000 boisseaux par mois, soit pour 7,000 livres, c'est-à-dire près de

80,000 livres par an. On dépense en tout 185,000 livres, alors que les recettes ne vont qu'à 130,000 livres. L'Hôpital-Général est seul à Rouen a pourvoir aux besoins des pauvres, alors que pareil soin est réparti à Paris sur cinq ou six hôpitaux : Salpétrière, Bicétre, les Petites-maisons, les Quinze-Vingts, les Enfants Rouges ou Bleus, les Incurables, etc. L'Archevêque lance un mandement spécial à propos du jubilé, afin d'exciter les fidèles à Taumône.

Le 23 décembre 1725, le premier Président, Bigot de Graveron, conseiller, d'Houdetot, maire de la ville, Jude, Pomerais, Preuil, Deschamps, échevins en charge, Lemarquier et Cécile, anciens échevins, MuUot, procureur, Maurice Delamotte, Lemarchand, Gueroult et France, quarteniers, Larchevesque, Lenobleet Minetj trésoriers assemblés au Bureau, décident de ne faire de distribution aux pauvres qu'une fois par mois et de vendre quelques biens fonds.

En mai 1726, on fait une loterie des denielles fabriquées dans l'Hôpital.

Le Bureau, en 1734, est composé de Desmoulins, chanoine; de Coqueréaumont, conseiller; Davoult de Saint-Ouen, échevin; Demoy, Canivet, Bons et Lenoble, quarteniers; Desnoyers et Grossemy, trésoriers. A une des séances, où est agitée la demande de continuation de doublement du pied-fourché, l'Archevêque opine que cetle demande vient de la nécessité de secourir un grand nombre de pauvres, et que s'il y en a tant à secourir c'est parce qu'on les nourrit trop bien. Le premier Président fait observer que ce grand nombre

de pauvres est le fait du grand nombre des manufactures de la ville (11 mai 1736).

ihi [iliui il<? lîout'n, gravi: [lar Gasparii cie Boilieul,

En 17H8. on trouve présents nux séances : Le Carpenlier d'Auzou ville, conseiller; Dubos, chanoine ; GuerouU, échevin; Maurice Uelamolle, Hellot, de

Saint-Aubin et Cécile, quarteniers; Lefebvrc, Bocquet et Bachelier, trésoriers.

En 1741 : Pigon, conseiller; Cousté, chanoine; Chauffar et Graute, conseillers à la Cour des Comptes; Deprémagny, Levasseur, Guillaume et Elle Le Febvre, quarteniers ; Bordier et Casièvre, trésoriers.

Ce changement constant des Membres amenait toujours un manque de suite des plus préjudiciables au bon fonctionnement de rétablissement ; aussi l'un de ces Membres, M. Elie Le Febvre, ayant pendant plusieurs années fait preuve d'un dévouement et d'un intérêt spécial à l'administration des biens de pauvres, fut-il désigné par ses Collègues à l'attention du Roi. Il fut, par un édit rendu à Versailles le 17 mai 1743, nommé Administrateur perpétuel. Il y resta jusqu'à sa mort, survenue en 1771, prenant la part la plus active à la conduite des affaires.

De la même façon lui fut adjoint, par un édit du Roi de septembre 1764, M. Lebrun, ancien échevin, qui mourut la même année que lui.

Des séances exceptionnelles avaient lieu le dimanche au Bel de la Vieille Tour, où venaient les échevins de la ville afin d aider le Bureau toujours en quête de secours. Elles se tenaient à l'occasion de la procession de Saint- Barnabe, qui partait de là, et qui continua jusqu'à la fin à s'y rassembler. A une de ces séances, le 14 juin 1744, étaient présents : Dallet, Charles Deschamps, de Prémagny, Guillaume et Elie Le Febvre, échevins en charge; Cabeuil et Roland, anciens échevins; Mullot, procureur du Roi; Bigot, Lemonier,

Bocquet, quarteniers; Hurard, Huré, Renordun, trésoriers.

Les trésoriers étaient toujours nommés au suffrage, à THôtel commun de la ville, parmi une liste présentée par les notables.

Afin de diminuer les dépenses, un règlement d'avril 1750 ordonne de tenir des registres plus exacts et d'établir sans retard chaque budget annuel. En conséquence, le 23 avril, MM. LeFebvreet Bordier présentent rétat suivant des forces et charges de l'hôpital :

Revenu : 161.234 livres 15 sous 4 deniers.

Dépenses : 262.824 — 9 — 2 —

Pendant quelque temps on rendit compte à chaque séance du Bureau de Tétat de la caisse. A la fin de 1750 il y avait encore 104,109 liv. de déficit, et il y avait 1,867 personnes enfermées dans l'Hôpital. Ce déficit était surtout dû aux rentes viagères. L'Archevêque proposa d'y remédier par une taxe sur les propriétaires des maisons de la ville el les locataires. M. Le Febvre fut envoyé à Paris pour débattre les intérêts de THôpital et faire lever toutes les taxes qu'il payait encore. On fit des inspections dans la maison pour renvoyer tous ceux qui avaient chance de pouvoir se subvenir au dehors. En 1751, 35 valides, puis 22 autres, furent renvoyés, si bien que le 7 mai il n y avait plus que 1,688 enfermés. Mais l'année d'après ils étaient 1,815, et en 1753 1,982 présents.

On chercha à placer des billets d'une loterie lancée à Paris par le curé de Saint-Sulpice. Afin d'épargner

le pain, il fut distribué du riz trois fois par semaine. A ce moment (1752) le Bureau était composé de Wgr de Saulx-Tavannes, archevêque primat; Camus de Pontcarré, premier président; Bertaut, chanoine; de Pommeraye, de Saint-Ouen, maîtres des comptes; Elie Le Febvre, administrateur perpétuel; Bordier, Chapais, Levachier, Prevel, quarteniers; M. de la Motte, de Saint-Aubin, échevins; Hurard, Lejardinier, Laisné, trésoriers. La salle d'audience fut déplacée et mise à la place de la grande filerie, elle-même transportée entre la salle des hommes et celle des filles.

Une nouvelle charge s'ajouta vers cette époque (1756) à celles qui accablaient les finances du Bureau. L'autotorité militaire envoya à THôpital-Général les soldats des régiments en garnison dans la région qui étaient atteints d'affections vénériennes. Ils étaient nombreux. A chaque séance, on en trouve inscrits de 10 à 20. Ils viennent des grenadiers de France, des dragons de la Reine, du régiment de Touraine, du Pin, de Bouillon, de Mailly, et leur nom est accompagné de leur surnom. On y trouve : La Flèche, La Jeunesse, La Grenade, Jolicœur, Brin -d'amour. Sans- chagrin, Bienaimé, Tranche-montagne, Bellefleur, La Résistance, La Douleur, Sans-souci, etc. Peu h peu, cependant, l'habitude de noter ces noms de guerre tombe en oubli. A plusieurs reprises le Bureau proleste contre le trop grand nombre de soldats envoyés et qu'il ne peut caser dans ses salles trop petites. En 1763, il fait même observer à l'Intendant général que chaque malade coûte 20 sous à l'Administration, et que le Roy n'en donne que 10.

Déjà il y a 35 lils qui leur sont consacrés ainsi qu'aux gens de mer. Plus tard, en mai 1778, la journée du soldat fut fixée par le Roi à 14 sous. Les bâtiments agrandis pouvaient en recevoir 80; mais il fut décidé que Ton garderait les autres places pour les bourgeois de la ville qui y avaient le premier droit. Deux ans après, rinlendant étant revenu à la charge, le Bureau allégua qu'il n'en pouvait recevoir plus, sans augmenter encore son personnel déjà très lourd, y compris les officiers et chirurgiens, et que l'Hôpital, installé pour 1,500 pauvres ou malades, en renfermait déjà 2,116. Aussi les choses paraissent-elles être restées en l'état jusqu'à la Révolution.

Protocole. — Si les séances du Bureau étaient constamment assombries par les difficultés de l'équilibre budgétaire, elles étaient, en revanche, parfois égayées par la vieille querelle protocolaire entre Messieurs du Chapitre et les Conseillers de la Cour des Comptes. Périodiquement, dans les comptes rendus des séances, on trouve insérée une protestation des Membres de ces deux corporations. Déjà, en 1705, M. Carré, chanoine, refuse de signer le procès-verbal après MM. Richomme et Coquerel, maîtres des comptes. En 1732, M. Deschamps, chanoine, proteste pour la même cause et spécifie que l'édit de 1706 a été rendu en l'absence des Membres du Chapitre et n'est pas valable, d'autant plus que l'arrêt sur ce sujet, rendu en 1619, a été contesté par le Chapitre au sujet spécialement de cette signature. Chaque chanoine nouveau

venu ne manque pas de faire insérer pareille protestation au registre des délibérations. En 1743, M. Varin, de la Cour des Comptes, ayant demandé qu on lui procure un fauteuil dans la salle des délibérations, à côté de celui du Conseiller au Parlement, M. Degouy, chanoine, s y oppose absolument. A la séance suivante, le fauteuil ayant été apporté, c'est le chanoine qui s'y installe. Varin, survenant, interpelle. Degouy, ferme au poste, répond qu'il obéit au Chapitre et qu'il garde ce second fauteuil, à moins qu'on ne l'enlève. Cependant, il consent à ce qu'on en apporte un troisième. On renvoie l'examen du litige après les Rois ; mais rien n'est décidé, et la lutte continue sans merci.

Quelques années plus tard, en 1753, Y von, maître des comptes, proteste aussi contre la décision du grand Chancelier qui place avant lui le Procureur général, et en 1759, Lenoble, qui lui succède, se retire avec éclat de chacune des séances où de Folleville, procureur, prétend siéger avant lui.

Enfants trouvés et abandonnés. — Nous avons vu que les enfants trouvés ainsi que les enfants abandonnés étaient admis comme pensionnaires dans la maison de la Maresquerie à partir de l'âge de sept ans environ jusqu'à leur majorité. Pendant ce séjour, ils étaient instruits à l'école de l'établissement, puis apprenaient un métier manuel, soit à l'intérieur, soit chez des maîtres du dehors où on les plaçait comme apprentis. A partir de l'âge de sept ans, c'était donc l'Hôpital- Général qui en avait la charge. Avant cet âge, ils

étaient envoyés en nourrice çn dehors de rétablissement. Le placement des enfants en nourrice était une des grosses charges de THôpilal-Général. L'Hôtel-Dieu participait en Tentretien de ceux qui étaient abandonnés à sa porte ou dans sa circonscription.

Les familles pauvres apportaient au Bureau les nouveau-nés qu'elles ne pouvaient élever, et le Bureau payait les mois de nourrice. Mais dans Rouen et la banlieue cela devint à plusieurs reprises le sujet de fraudes. Les familles gardaient Tenfant et partageaient avec la nourrice la paie du Bureau. Aussi fut-on obligé de décréter, comme le 11 janvier 1753, que les nourrices devraient être domiciliées à plus de deux lieues de Rouen. 11 y avait à ce moment-là 27 enfants supposés en nourrice élevés par leurs parents.

Les enfants étaient portés en nourrice par un conducteur spécial qui partait de Rouen tous les vendredis. La famille Levasseur eut longtemps cette fonction, de père en fils. D'abord, on plaçait les enfants dans des paniers sur le dos d'un cheval; mais il parut que ce mode de locomotion était par trop rustique pour d'aussi frêles existences, et qu'on lui devait en partie la mortalité effrayante qui décimait les nouveau-nés. En 1778, MM. Lecoulteux et Lefebvre, quarteniers, firent remplacer les paniers par deux carrioles, les plus commodes possible, avec des bers, et Levasseur, qui logeait à Tauberge en ville, fut logé avec son cheval à THôpital, où les départs étaient surveillés par M"^ Le Massif. Les enfants portés à PHôtel- Dieu restaient parfois vingt-quatre heures sans aucun

soin; au»si, presque tous succombaient-ils en route. Dès 1757, on avait décidé que les Dames religieuses commenceraient leur alimentation sans attendre, et qu'on les amènerait le plus vite possible au conducteur. Celui-ci les portait surtout dans le pays de Bray, à BeUencombre, par exemple, mais bien peu survivaient, et le curé du pays recevait vingt sous par enterrement. La somme fut augm-entée par la suite jusqu'à une livre dix sous.

La pension payée aux nourrices, qui était de 50 livres la première année, puis de 40 jusqu'à six ou sept ans, fut, en 1778, portée à 64 livres. Le mefteur était tenu de ne recevoir aucun pourboire.

Le 21 jfiïillet 1758, on décida d'installer un tour du côté des Dames donnant sur la rue. M"' Le Massif en avait la clef pour la n:uit. Une sonnette était à proximité, permettant aux sergents d'avertir du dépôt d'un etifairt. Le matin, on les transportait au Lieu-de-Santé, d«ns une annexe prêtée par l'Hôtel-Dieu, où ils étaient baptisés et recevaient des soins jusqu'à l'arrivée du meneur. On les envoyait alors chercher, pour que le trésorier teur mît des colliers avec une médaille en ploiîib, et de là ils étaient portés au meneur, à èe)n auberge d'abord, puis à son domicile dans l'Hôpital, quand' il y irésida. Ces enfants abandonnés étaient trouvés- avec des objets permettant de les reconnaître pluff tard,, au besoin. Presque toujours c'étaient des rubama d'une certaine couleur ou d'une certaine largeur;. €e& particularités étaient notées dans un registre spéciale, et l'objet en question, annexé au pifocès-verbal

— Sade Tabandon de chaque enfant. Cette collection de registres, qui existe encore à THospice-Générai, est aussi curieuse que lamentable.

L'inspection des nourrices était faite deux fois par an. Une fois par les sergents du Bureau et une fois par les Dames religieuses, qui en rendaient compte dans un rapport présenté en séance.

En 1780, on admit, avec ceux de Rouen, les enfants des communes voisines, en vertu de Tédit qui ordonnait de les porter au plus proche hôpital d'enfants trouvés.

L'Hôtel-Dieu devait payer le tiers de la dépense totale; de ce fait, ce tiers s'élevait à 4,704 livres en 1780, à 5,357 livres en 1781, et à 6,803 livres en 1782.

En 1788, de concert avec les Administrateurs de l'Hôtel-Dieu, ceux de l'Hôpital-Général remplacèrent la carriole par des paniers, et on paya 20 sous pour la première lieue aux nourrices qui viendraient ellesmêmes chercher les enfants, puis 12 sous pour les autres lieues.

Ces changements fréquents dans les modes de transport et la réglementation des nourrices étaient déterminés par l'effrayante mortalité qui sévissait sans relâche sur ces pauvres enfants abandonnés. Déjà, à plusieurs reprises, les Administrateurs s'inquiétèrent de la dépopulation qui en résultait. On avait constaté que la moitié des enfants trouvés envoyés en nourrice mourait pendant le transport et les huit premiers jours, un quart dans la quinzaine, un huitième dans

l'année. Du huitième restant, un tiers à peine arrivait à la puberté. Sur 100 enfants, 4 à peine arrivaient à la puberté !

En 1762, les Administrateurs avaient consulté le Collège des Médecins de Rouen au sujet de Tallaitement artificiel qu'ils désiraient introduire dans l'Hôpital. Le Collège approuva le projet d'employer le lait de chèvre et de vache pour élever les enfants trouvés. La Faculté de Médecine de Caen l'approuvait, d'ailleurs. D'après elle, on pourrait nourrir les enfants, d'abord avec du lait d'ânesse plus séreux et plus analogue à celui d'une femme nouvellement accouchée, ensuite avec du lait de vache, en ayant soin de nourrir ces animaux de bonne nourriture. Elle était d'avis que, dans un âge plus avancé, les soupes avec le pain bien cuit et le lait sont de beaucoup préférables aux bouillies que proposaient les Administrateurs, et qui, par leur nature, ne fournissent qu'un chyle visqueux , gluant et grossier. Les médecins conseillaient de faire toujours bouillir l'eau dont on coupe le lait, et ils proscrivent l'usage du maillot. En attendant mieux, il ne faut pas le serrer. Tous les enfants, surtout les garçons, sei-ont couchés la tête pas plus haute que les pieds. « Au reste, dit le rapport des Médecins de Rouen, signé de Desmonds (doyen), Blascher, Jean de la Lande, Lepecq de la Clôture, etc., pour ce qui regarde l'usage de ces aliments et le passage d'un lait à l'autre, vous devez vous en rapporter à la sagesse de vos médecins, qui méritent si justement votre confiance. »

Cet élevage des enfants dans l'Hôpital entraînait i^ne grosse dépense. Un magistrat généreux et anonyme fournit des ressources; M. Tabbé de Gernxont donna une grosse somme. Cependant, on recula devant les dépenses d'une bâtisse, et on organisa d'abord 30 crèches chez le fermier du Jardin-Thierry et celui du Cotillet au Tronquay. Deux sœurs inspectrices furent chai'gées de veiller spécialement sur ces enfants.

Puis, Tannée suivante, en 1763, l'Administratioa décida la création d'un nouvel hospice où seraient envoyés une partie des enfants assistés pour y être uourris avec le lait des animaux. Cet hospice, qui éta,it situé dans le faubourg Saint-Hilaire, fut fondé grâce à la libéralité de M. de Germent,, qui avait donné à cet effet une somuje de 10,000 livres d'abord, puis de 60,000 livres par testament. 11 fut organisé sous le nom de Maison de i Esprit, avec une chapelle et un cimetière dans son enceinte. 11 fut étabii des règles générales à suivre pour l'allaitement et le gouverne^ ment des enfants trouvés, d'après les instructions du Collège des Médecins de Rouen, de la Faculté de Médecine de Caen, de la Communauté des Apothicaires de Rouen, de MM. de Champusset, Peslongchamps et Lioii, médecins, Lecat et Leschevin, chiru^i^gieiiis ^ Rouen, et d'après la i;néthode pratiquée à Paris, dai^, la Crèche des enfants assistés.

Les religieuses demandèrent à être déchargées des soius d,e cet hôpital, comme ayant déjà trop à faire.

L'établissement de la Crèche Saint-Bilai^e r^ donfl^

pas le résultat qd'on en attendait. La mortalité des enfants du premier âge y fut effroyable, au moins égale h celle des nouveau-nés qui , auparavant, étaient envoyés eïi nourrice. Dans les années précédentes, cette mortalité était de plus de 80 0/0 : 202 étaient morts en 1760 sur 226; Tannée suivante, 152 sur 183. A la Crèche Saint-Hilaire, il en mourut la première année 80 sur 96, et, sur 22 qu'on y apporta d'octobre à décembre 1764, un seul était vivant le P' janvier 1765.

Le Collège des Médecins rédigea une consultation expliquant les causes de cette mortalité.

Les femmes qui étaient employées dans Thôpital des enfants demandaient à s'en retirer au plus vite; elles n'y restaient qu'un ou deux mois, et on était danà le plus grand embarras pour suppléer aux vacances produites. Au bout de deux ans, la Commission adhfiinistrative décida, malgré le regret du Bureau, que Texpérience ne serait pas continuée, et Ton recommença à envoyer les enfants en nourrice à la campagne.

Il faut noter que les enfants abandonnés qui survivaient étaient fréquemment réclamés par leur famille, après quelques mois ou quelques années. L'Administration ne faisait aucune difficulté pour l^s rendre quand la parenté était bien prouvée. Ces abandons à VAlma mater étaient surtout fréquents pendant les années de trouble ou de disette, quand la misère du peiJpIe augmentait. On les trouve qui se multiplient aux approches de la Révolution. Le 16 mars 1791, il y

en a 22 pour une semaine, 11 le 9 novembre, 25 le 14 décembre, 32 le 18 avril 1792.

Ceux des enfants assistés qui restaient jusqu'à leur majorité à la charge du Bureau étaient placés autant que possible à la campagne, ou bien envoyés comme marins sur les navires du Roi. Les filles recevaient le tiers de l'argent qu'elles avaient gagné. Quand elles se mariaient, on les dotait de 40 ou 60 livres, avec un trousseau. Quelques-unes furent envoyées, nous l'avons vu, à la Nouvelle-Orléans, pour coloniser.

L'Hôpital-Général avait donc la charge d'héberger et de soigner les pauvres valides incapables de gagner leur vie, les enfants trouvés ou abandonnés, les vénériens civils ou militaires. Il devait encore recevoir les fous ou insensés que l'on enfermait dans un quartier à part. Il en fut ainsi jusqu'à la création d'asiles spéciaux. Il y eut même jusque dans ces dernières années quelques cabanons conservés pour enfermer, au moins provisoirement, ceux qui devenaient fous dans l'établissement, et pour punir par la réclusion les enfants assistés Irop indisciplinés ou les vénériennes révoltées. Au début, on construisit treize loges pour les débiles d'esprit que l'on avait été obligé d'envoyer, faute de place, à la tour du Colombier, où ils étaient mal. Il fallut même bientôt ( 1733) construire dix nouvelles loges pour eux.

La maison servit encore, surtout aux approches de la Révolution, de maison de réclusion pour les femmes débauchées, les ivrognesses ou les malheureuses qu'une famille influente voulait éloigner, au moins momenta-

nément, du monde. On les y envoyait par une lettre de cachet. Les motifs invoqués sont parfois plaisants ; en voici quelques-uns :

— Rose Doud..., 25 ans (ordre de Mgr de Miromesnil) : libertine infirme. — On en est content.

— Noble demoiselle A. de C. . ., 37 ans (16 octobre 1733, ordre du Roi) : elle a eu trois enfants avec un doniestique.

— Jeanne Rich..., 28 ans (ordre de M. le Président de Bec-Thomas) : a été trouvée au corps de garde pour la deuxième fois.

— Marie-Anne Tout. . ., 23 ans (ordre du Procureur général) : a eu un enfant. — C'est une bonne fille.

M.- A. Vaud..., femme Chap..., 64 ans (ordre de M. le Procureur général) : aime à boire.

— Victorine Aum..., 24 ans (ordre de M. le Président Bigot) : libertine avec un homme marié.

— Femme Laq..., 26 ans (ordre du premier Président) : a trompé son mari.

— Marie-Marthe Bau. . ., 33 ans (ordre du premier Président) : elle a accouché; c'est une imbécile.

Déjà, en 1708, une lettre de cachet avait envoyé à THôpital - Général une dame Callais, détenue au château de Pont-de-FArche par ordre du Roi, parce qu'elle était une protestante très opiniâtre. Son fils, qui était capucin, avait obtenu qu'on l'envoyât à Rouen, où on la traiterait bien pour 200 livres par an et où on chercherait à l'instruire.

La spécialisation de l'Hôpital, qui avait été réglée par redit de fondation et qui n'a guère varié depuis,

fut encore mieux délimitée à la suite d une longue contestation avec THôtel-Dieu. Cette contestation, qui dura presque cent ans, se termina par une délibération prise par les délégués des deux hôpitaux en 1779, à Tinstigation du cardinal de La Rochefoucauld , archevêque de Rouen, dont le portrait orne aujourd'hui le panneau de la cheminée dans la salle des délibérations de THôpital. Ces délégués étaient :

Pour THôpital-Général : MM. Alexandre, conseiller au Parlement ; de Belbeuf, procureur général ; Le Baillif et Ménager, chanoines; Le Bourgeois de Belleville, échevin; Midi de la Grennerais, Moulin, de Fontaine, Le Febvre, quarteniers ; Martin le jeune, Hardouin, Turgis le jeune, trésoriers.

Pour THôtel-Dieu : L'abbé de la Cauvinière, conseiller au Parlement ; l'abbé Bridel , chanoine ; l'abbé de Mésonval, chanoine; Gorlier, Patrix, Bournainville, administrateurs.

L'origine de cette contestation était dans ce figiit qu'en 1681, au moment de la réorganisation de l'Hôpital- Général, un tiers des revenus que l'Hôtel-Dieu tirait de l'octroi sur les vins , cidres et poirés , avait été provisoirement attribué à l'ancien Bureau des valides pour l'aider à faire face à son agrandissement. L'Hôtel- Dieu, riche alors, laissa faire; mais, au bout de quelques années, son transport au Lieu-de-Santé épuisa ses ressources, et il réclama ce tiers , que l'Hospice-Général ne voulut plus rendre. De part et d'autre on argua que cet octroi était destiné à soigner certaines catégories de malades , les scorbutiques , entre autres. Or,

l'Hôtel-Dieu en soignait, mais rHôpital-Général aussi. L'Hôtel -Dieu , pour les soins à ce genre de malades, avait encore le privilège d'entrer en franchise deux muids d>^u-de-vie, ce que n'avait pas l'autre maison. L'Hospice-Général finit par garder ce tiers des octrois sur les liquides, et il fut spécifié, par la délibération que nous citons :

1*" Qu'en ce qui concerne les enfants trouvés, l'Hôpital-Général doit continuer à s'en charger comme il l'a fait jusqu'à présent ; que même ceux qui seront délaissés à la gésine de l'Hôtel-Dieu devront être transférés à r Hôpital-Général ;

2*" Que les malades de THôpi lai-Général continueront d'y être traités, laissant néanmoins subsister la délibération du 19 février 1734 au sujet de la teigne, d'après laquelle les teigneux étaient soignés à l'Hôtel- Dieu. Pour ceux qui étaient envoyés à THôpiial-Général, l'Hôtel-Dieu payait une redevance de 10 livres;

3*" Que les scorbutiques continueraient à être du ressort de l' Hospice-Général, à l'exception de ceux auxquels cette maladie serait survenue à l'Hôtel-Dieu, y étant déjà reçus pour autre cause ;

4® El, enfin, que les bains et le lait continueront à être à la charge de l'Hôpital-Général, à la réserve des malades étant à l'Hôtel-Dieu qui en auraient besoin pendant le cours de leur maladie.

Arrêté, en outre, que la délibération du 29 janvier 1741, concernant les paralytiques et autres malades incurables des paroisses ayant droit à l'Hôpital-Général, sera exécuté en ses forme et teneur.

Un édit du Roi en 1770 avait spécifié que les hôpitaux-généraux recevraient en plus les femmes pauvres, qui étaient nourrices, pendant la durée de leur allaitement , et qu'elles pourraient y laisser ensuite leurs enfants pour y être élevés, de même qu'on recevait les enfants sans parents.

Enfin, THôpital recevait des pensionnaires qui venaient y finir leurs jours en payant une annuité variable dans les débuts, mais qui fut réglementée en 1778 de la façon suivante. Il y en eut trois classes :

V Ceux payant de 200 à 300 livres, pour lesquels on fixait Tentretien par jour à 3 sous 6 deniers;

2'' Ceux payant de MO à 400 livres , dépensant par jour 4 sous 9 deniers ;

3"* Ceux qui payaient 400 livres et plus, et qui pour leurs 7 sous avaient quatre onces de viande cuite au dîner, autant au souper, avec un demion de cidre par repas et du pain à discrétion.

Il convient, puisque nous énumérons les charges de THôpital, de noter dès maintenant ce que coûtait l'entretien des maîtres et officiers (1773).

L'économe recevait 150 livres par an pour son entretien. Les deux maîtres d'école , les deux garçons chi* rurgiens, les deux écrivains de la porte, le garde-masin , le piqueur des ouvrages , le commissionnaire , le dépensier, avaient tous les deux ans un habit-veste et deux culottes de molleton gris avec un chapeau de 5 à 6 livres. De plus, chaque année, une veste et une culotte en étoffe noire, trois paires de bas de laine, trois paires de souhers, l'entretien de six chemises,

six cols, six mouchoirs, en rapportant ce qui était usé.

Pour les maîtres des ateliers : brasseur, boulanger, fcoucher, tailleur, cordonnier, basdestaraier, menuisier, serrurier, vitrier, jardinier : tous les six ans, un liabit-veste et deux culottes de molleton blanches , un <3bapeau de 5 à 6 livres; tous les ans, une veste et une culotte de molleton pour le travail, un bonnet, deux paires de bas de laine et deux paires de souliers.

La plupart des officiers obtenaient leur place au concours parmi les apprentis gagnant maîtrise de leur métier, et suivant Tédit de Louis XIV, il obtenaient de droit cette maîtrise, sans bourse délier, après six ans de service à Thôpital. La place était parfois très disputée. Il y eut jusqu'à six boulangers candidats au même concours (8 décembre 1698). On leur distribuait les matériaux égaux pour la confection d'un pain ; chacun d'eux insérait un billet avec son nom dans son pain, et le jury dégustait. Cette année-là, ce fut Suard qui fit le meilleur pain et fut nommé pour six ans. Il en était de même pour le tailleur, le brasseur, le matelassier, le vitrier, le serrurier, etc.

Au début, ces officiers jouissaient d'une certaine liberté d'aller et venir; mais on dut restreindre cette liberté, parce qu'il y eut des plaintes contre eux. Ils s'étaient battus dans les rues en sortant du réfectoii-e (1704); d'autres étaient rentrés plusieurs fois ivres, etc. Il leur fut défendu de sortir sans une permission signée de la Supérieure et de sortir de l'hôpital ou d'y rentrer des objets quelconques par les fenêtres sur la

rue. De temps à autre, ces dispositions du règlement furent rappelées quand elles tombaient trop en désuétude.

Les chapelains avaient 600 livres par an et étaient logés. Les familles rjui payaient 24 livres avalent droit à un enterrement pour lequel on donnait au sacristain 10 sous, aux enfants de chœur 16 sous, aux porteurs 18 sous, aux fossoyeurs 15 sous et au sonneur 9 sous. Les chapelains pouvaient délivrer des extraits mortuaires pour 5 sous.

Une autre grosse charge de THôpital était renti*etien des écoles gratuites de la ville. Nous avons vu qu'elles avaient été fondées au moyen de l'argent donné par M. Tulle. Peu nombreuses au début, elles furent multipliées par la suite et installées dans la plupart des quartiers. Il y avait un directeur des écoles, choisi le plus souvent parmi les anciens Administrateurs faisant partie de la Cour des comptes. On trouve le nom de Guisdier, directeur en 1749. C'était encore Le Masson de Pelletot, en 1754, à qui succéda Samuel d'Hacqueville. Les frères de la Doctrine chrétienne furent chargés de renseignement dès la création de leur ordre. En 1705, ils étaient deux, envoyés de Paris sous le nom de frères des Ecoles de charité, personnes consommées dans rinbtruction de la jeunesse que Ton plaça d'abord à Saint- Maclou. En même temps j deux filles de la maison de la Providence étaient chargées des filles. En 1787, les frères étaient douze et demandaient une augmentation de traitement. Ils avaient 2,000 livres de l'Administration et 1,200 de

TArchevéque. L'Assamblée des notables les pria de continuer leurs services et demanda au Roi de leur venir en aide en leur donnant autant que TArchevêque. La Ville, de son côté, donnait pour eux 1,200 livres par an.

En 1790, frère Agathon , supérieur des frères, des Ecoles chrétiennes , écrit qu'il ne peut plus laisser à Rouen pour les écoles gratuites dont THôpital-Général a le soin que six frères, parce que la Ville et l'Archevêque ont supprimé chacun les 1,200 livres qu'ils donnaient jusqu'alors. Le Maire accorde alors pour une nouvelle année les 1,200 livres habituelles; mais TArchevêque, sur le point d'émigrer, écrit qu'il ne peut continuer, à cause de la situation que lui ont faite les circonstaHiCeSià cette époque, et malgré ce qu'il lui en coûte.

L'H6pitali av-ait a faire face non-seulement au traitemeBjt des instituteurs, mais aussi à l 'installation et à Fentreiien des locaux.

Il y avait encore h rémunérer les gardes des mendiants, au nombre de quatre, chargés d'arrête-r les^ vagabonds. Un de ces sergents du Bureau était chevalier. Ils produisaient des rapports sur les arrestations qu'ils opéraient. Après eux, il faut citer les hallebardiers, qui faisaient la police pendant les processions de^ SaintrBarniabé. En 1704,. ils avaient touché 70 sous.

Les gages des femmes employées au Bureau variaient à la même époque de 10 à 24 livres par an.

On achetait, quand l'occasion s'en présentait, les parcelles de terrain adjacentes à l'Hôpital; c'est ain^i

qu'en 1697 furent acquises les prairies de la ville, qui vinrent arrondir sensiblement le noyau primitif.

Au chapitre des dépenses, il convient encore d'ajouter le traitement externe des maladies vénériennes. Certains malades, qui n'étaient pas logés au Bureau, recevaient les soins et les médicaments gratis distribués par le chirurgien (1699). — La même année, on donne 9 livres à une Irlandaise de passage.

On délivrait, comme aux dispensaires actuels, des bandages aux hernieux. Ces bandages étaient toujours nombreux chaque année , et en 1789 on paya de ce fait 546 livres au sieur Pelou, dentiste herniaire.

Il y eut à différentes époques une perte dans les revenus par suite de la diminution de valeur des espèces d'or et d'argent tenues par le Trésorier (1699).

Le prix des denrées était parfois très lourd, sous l'influence des disettes qui sévissaient sur tout le royaume. Il est vrai que l'on se hâtait de faire le plus de provisions possible quand les cours étaient bas. En 1700, le prix du blé était de 7 livres la mine. L'Hôpital finit par le faire moudre dans un moulin à eau qu'on songea à installer sur le Robec, comme celui des Bénédictins, sur la proposition de M. Cécile; mais il ne fut construit que plus tard, et on se contenta, en attendant, d'un moulin à chevaux.

En 1758, le blé était à 10 livres 10 sous la mine.

Le Bureau se conjposait alors de Hue de Miromesnil, premier président; Demoy d'Ectot, conseiller; Lefebvre et Lcmoine, échevins; Malfilâtre, Lallemand, Delabarre et Huvé, quarteniers.

Le prix de la viande variait aussi nécessairement, et à plusieurs reprises on fut obligé d'en restreindre la distribution.

En 1700, on la trouve à 16 livres les 100 pesant, et grâce à la libéralité d'une personne charitable qui donna 4,000 livres à cet effet, on put en distribuer plus largement aux infirmiers et aux malades des diètes, c'est-à-dire aux vénériens (1704). On se rendra compte de la dépense annuelle qui incombait de ce chef, en considérant que du l*"* août 1776 au 31 juillet 1777, en un an, il fallut acheter 94 bœufs, 24 vaches, 59 veaux, 176 moutons, 46 porcs. La livre de viande revenait cette année-là à 6 sous 3 deniers 3/8, sans compter les issues, etc. Les achats avaient été faits par le sieur Poret, à qui on donna 1,000 livres pour ses peines.

L'entretien des bâtiments anciens absorbait aussi une partie des ressources, surtout quand le Bui'eau était mis en demeure, comme en 1783, de remplacer toutes ses couvertures en chaume par des couvertures en tuiles. Ces bâtiments anciens devaient être, de temps à autre , remplacés par des neufs nécessités aussi par l'augmentation de la population hospitalière. En 1766, par exemple, on construisit le bâtiment qui porte encore actuellement le nom de la « Pureté », et pour lequel l'architecte Gilbert reçut 400 livres d'honoraires. Parfois cependant des dons magnifiques, comme celui de Tabbé de Germont et de sa belle-sœur la Présidente, permettaient de faire face à ces grosses dépenses. Une inscription placée à langle du bâtiment principal sur la

rue Picchine, qui rectifiée est devenue la rue Edouard- Adam actuelle, rappelle que celte partie de Thôpital est due k leur munificence.

Parmi ces constructions diverses, celle de la chapelle ou église qu*on voit de nos jours, et qui, à son tour, est bien près de menacer ruine, après cent douze ans d'existence, fut une des grosses préoccupations de TAdministration. Ce fut aussi une dernière charge dont le budget, déjà déséquilibré, ne se releva pas. A TAssemblée des notables de la ville tenue le 16 mars 1783 au Palais, cette construction fut décidée pour remplacer Tancienne église qui n'était plus réparable, ainsè que ravalent constaté les architectes -jurés : Chartes» Thibault, Pierre Armand, Quinel de la Poterie et Fraijçois Le Queux en 1776. Une Commission fut nommée, comprenant MM. Ménard, conseiller, de Manneville, Durocnoir, maîtres des comptes, Ronde!, chanoine, Merry, écuyer, premier éche vin, Laisné, deuxième échevin, pour décider des lieu, plan et moyensv

Le 14 avril, réunion à THôtel-de-^VilLe de la Comr mission avec le Maire et les Echevins, pour approuver le rapport de M. Merry, qui demande que rentrée de Téglise soit sur le boulevard Martainville et qu'on gage un emprunt de 60,000 livres en rentes perpétuelles et viagères. Cet emprunt fut coacédé par lettres-patentes, et Vauquelin, constructeur de la Madeleine, chargé des- plans. D'après le devis, au pourtoui' de- Téglise,. dans la nef intérieure, devaieûit s'élever des tribunes, supportées par des colonne» doriques-. Au-dessutâ de cet ordire,. sur un nouveau soubassem^ait,.

devait s'élever un second ordre de colonnes ioniques terminées par un entablement. Les murs extérieurs et le portail devaient avoir 48 pieds 6 pouces de hauteur. Quant à Tédifice entier, il devait se prolonger sur 160 pieds de longueur, y compris le portail et les cages d'escalier, sur 16 pieds de largeur. Au fronton devait être une croix avec deux anges et les lettres D. 0. M. que devait sculpter JadouUe.

Il fallut démolir la boucherie qui occupait remplacement choisi.

La maçonnerie fut adjugée à Rabardy, de Quevilly, et la charpente à Dupont. La construction ne marcha pas sans mal, à cause du sol. On rencontra, en effet, à 5 mètres de profondeur, deux cuves de tanneur, un ancien mur bâti sur pilotis, deux anciens aqueducs, et Ton fut forcé d'abaisser de trois pieds les substructions du nouveau bâtiment. Le devis, prévu pour 150,000 livres, atteignit 344,057 livres qu'on essaya de se procurer au moyen de l'emprunt autorisé de 60,000 livres, de pareille somme accordée par l'Intendant sur l'octroi des marchands, des aumônes de Mgr de La Rochefoucauld, de la Chambre du Clergé et de plusieurs dons volontaires. Toujours est-il qu'à la Révolution on ne pouvait payer les adjudicataires et les fournisseurs. Vauquelin, l'architecte, qui devait recevoir 8,500 livres d'honoraires, ne pouvait être payé que par à-comptes, comme la veuve du charpentier Dupont, à laquelle on devait encore en 1792 1,000 livres, dont elle ne pouvait obtenir paiement.

Le 11 juin 1785 eut lieu la pose de la première

pierre de 'leglise nouvelle par le cardinal-archevêque? de La Rochefoucauld. Dans cette pierre a été enclavéd une boîte en plomb contenant une pièce d'argent monnayé frappée en cette année et appelée écu, valant six livres tournois, sur un côté de laquelle est l'effigie du roi Louis XVI ; autour est écrit : Domine salvum fac regem. Une plaque d'étain porte cette inscription :

REGNANTE LUDIVICO XVI

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