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CHAPITRE CINQUIÈME

Saint-Vincent de Paul et l’Hôtel-Dieu—Les Hurons à Québec— Leur admirable piété—La mère de la Nativité—Sœur de tous les Saints, religieuse sauvage—Mort de la mère Giffard de Saint-Ignace—Agrandissement de l’hôpital— Tentative d’une fondation à Montréal.

On a vu,au deuxième chapitre de cette Histoire, quel admirable directeur Dieu avait envoyé aw devant de la duchesse d’Aiguillon en récompense de l’offrande généreuse qu’elle lui avait faite d'elle-même, de son influence et de sa fortune, au profit de sa gloire et du salut des âmes.

Depuis cette rencontre jusqu’à la mort de la duchesse, saint Vincent de Paul fut non-seulement son guide spirituel dans les voies de la perfection, mais le conseïller et le dispensateur de ses bonnes œuvres. À la première ouverture qu’elle lui avait faite, quinze ans auparavant,

de fonder un Hôtel-Dieu à Québec, il y avait reconnu l'inspiration du ciel et en avait pressé vivement l'exécution. À partir de ce jour, ilavait suivi avec sollicitude le développement de cette institution dont il était le coopérateur. Pénétré de respect et d'admiration pour l’héroïsme des fondatrices quise dévouaien” au delà des mers à l'œuvre la plus chère à son cœur d’apôtre, il leur recommandait ses intentions, le succès de ses entreprises et leur envoyait souvent la bénédiction de ses prières et de ses ardentes exhortations. Une de ses lettres adressée à la mère Vironceau de Saint-Joseph, a été conservée jusqu’à ce jour à l'Hôtel-Dieu comme une précieuse relique et est le plus beau témoignage qu'aient reçu ici-bas les Hospitalières de Québec. Saint- Vincent de Paul s’y peint tout entier avec son âme de séraphin, toute brûlante de ce zèle et de cette charité qui embrassaient l'univers entier.

“ De Paris, ce 25 avril 1652.

Ma révérende mère,

La grâce de Notre Seigneur soit avec vous pour jamais.

Il est vray que ceux qui m'ont fait l'honneur de vous rapporter l’estime que je fais des missions du Canada ont eu sujet de le faire ; car en effet je regarde cette œuvre comme l’une des plus grandes qui se soient faites depuis quinze cents. ans, et ces saintes âmes qui ont le bonheur d'y tra-

vailler comme des âmes vrayment apostoliques qui méritent l'appronation et lesecoursde l'Eglise, particulièrement vous et votre communauté qui contribuez à l'assistance spirituelle et corporelle des pauvres et des malades qui est le comble de la charité chrétienne et en quoy je tiendray à singulière bénédiction de vous aider s’il plaît au bon Dieu de m'en faire la grâce quelque jour. Je prie Notre-Seigneur, ma révérende mère, qu’il suscite quelques bonnes personnes qui vous donne moyen de lui continuer vos services en ses pauvres membres et c’est ce que j ose espérer de sa paternelle providence qui est adorable partout. J'ai une particulière confiance en vos prières bien que je sois indigne d'y participer je vous les demande néanmoins avec toute l’humilité que je le puis et avec le désir qu'il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui suis en son amour, Ma révérende mère, Votre très humble et obéissant serviteur, VINCENT DE PAUL, Ptre., De la mission.

À ma Rde. mère, La mère Supérieure des Religieuses de la Miséricorde de l’Hôtel-Dieu de Kébec à Kébec.”

Les prières de ce grand ami de Dieu furent sans aucun doute d’un puissant secours à la

communauté, dont les charges étaient devenues plus importantes que jamais, comme on va le voir.

Après la dévastation du pays des Hurons, les restes infortunés de cette nation qui avaient échappé aux poursuites des Iroquois, vinrent se réfugier à Québec. On connaît les incidents de cette sanglante tragédie qui mit fin aux missions des Pères Jésuites sur les bords du lac Huron. On se rappelle cette nuit terrible du seize de mars dont les ténèbres couvrirent les approches de l'ennemi, l'incendie des deux bourgades de Saint-Louis et de Saint-Ignace après l’horrible boucherie de leurs habitants, le martyre des Pères de Brébeuf et Lalemant au milieu de tortures dont le récit seul fait frémir. Mais ce qui est moins connu, c’est l'acte de dévouement que fit en cette circonstance un humble religieux pour sauver de la destruction les restes des deux missionnaires.

Un manuscrit montagnais trouvé, il y a quelques années, dans un réduit de l’ancienne chapelle de Chicoutimi, nous a révélé ce trait d’héroïisme. Ce manuscrit contient la notice nécrologique du frère Malherbe, où il est dit que ce fut ce saint religieux qui accompagné de quelques français eut le courage de se rendre, au péril de sa vie, jusqu'à la bourgade de Saint-Ignace,à peine abandonnée parles Iroquois, et d'y recueillir parmi les cendres fumantes les ossements à demi calcinés des deux martyrs

gisant au pied du poteau où ils avaient été brülés. Le frère Malherbe chargea avec respect sur ses épaules ces vénérables dépouilles, et les transporta au fort Sainte-Marie, d’où elles furent apportées à Québec, Enfermées dans de précieux reliquaires, elles furent conservées au collège des Jésuites jusqu'à la fin du siècle dernier et probablement jusqu’à l'extinction de la compagnie de Jésus en ce pays. :

Les Hospitalières de Québec en sont devenues depuis les heureuses dépositaires, et les ont gardées comme des trésors inestimables dans des oratoires particuliers.

Les familles huronnes qui avaient été amenées à Québec sous la conduite du Père Ragueneau., se logèrent dans des cabanes qu'on leur fit dresser autour du monastère de l'Hôtel-Dieu.

Les Hospitalières, assistées des pères Jésuites et des colons, leur prodiguèrent tous les secours dont elles purent disposer ; elles se multiplièrent pour adoucir leurs maux et pour les raffermir dans leur foi : chaque jour on les réunissait dans la chapelle pour leur faire entendre la messe et pour leur faire réciter leur prière qu’on accompagnait ordinairement de quelque autre exercice religieux ; en l'absence des Pères Jésuites une des religieuses se tenait à la grille du chœur et présidait ces exercices.

1. On n’a pu constater la date précise de leur translation à l'Hôtel-Dieu.

Comme dans la primitive Eglise, les hommes se tenaient d'un côté, les femmes de l’autre, et se répondaient alternativement. Leur principale prière était le chapelet qu'on leur faisait réciter dans leur langue, soit à la manière ordinaire, soit en faisant dire une dizaine aux hommes, et une autre aux femmes, On terminait par le chant de quelques hymnes ou cantiques spirituels également en langue sauvage. La foule se dispersait ensuite pour faire place aux enfants auxquels on donnait matin et soir, comme aux adultes, des exercices qu’on accompagnait ordinairement de quelques instructions familières.

La ferveur de ces néophytes était un sujet d'édification et d’attendrissement pour les bonnes religieuses, qui ne pouvaient s'empêcher de redoubler de sollicitude à leur égard en songeant aux désastres inouis que Dieu, dans ses desseins impénétrables, avait laissé fondre sur eux au lendemain de leur conversion. Loin d’affaiblir leur foi, ces cruelles épreuves semblaient lui avoir donné une constance inébranlable.

La plupart des Hospitalières qui étaient venues de France à la suite des fondatrices, étaient originaires de la Normandie. Cette province ayant été le berceau de notre Hôtel- Dieu, il n'était pas surprénant que le plus grand nombre des sujets fussent sortis de son sein. Mais dans le cours de l’année 1654, ce fut le tour de la Bretagne. Elle détacha de ses âpres

rochers une de ses fleurs les plus délicates et les plus pures pour en enrichir notre institut. On la vit bientôt s'épanouir sur la montagne de Québec, et y répandre d'inestimables parfums. La mère Marie-Rénée Boulic de la Nativité appartenait à une famille bretonne de distinction.

# Madame sa mère qui mourut jeune, disent les chroniques, l'ayant laissée orpheline, Madame la marquise de Cornouaille, sa marraine, la voulut avoir pour l'élever avec ses enfants, comu e sa fille, Elle avait beaucoup d'esprit, qui, cultivé par une très-bonne éducation, la rendit un sujet accompli. Toute cette famille conserva toujours pour elle une estime et une amitié sincères. Madame la comtesse de Grandbois, Madame la comtesse de Laroche et M. le marquis de Molac, tous enfants de la marquise de Cornouaille, ne manquèrent jamais de lui écrire avec beaucoup d’aflection comme à une sœur. La mère de la Nativité sortait du couvent de Quimper-Corentin ; l'estime extraord'naire dont elle jouissait auprès de sa communauté et de son évêque avait mis des entraves à sa vocation pour le Canada. Ce n'était qu'avec la plus grande peine qu’elle avait obtenu son obédience. Nous avions dans sa personne l'exemple d'une sublime perfection et plus on . l’examinait, moins on pouvait trouver en elle de défauts. Elle était pénitente et dure à elle-même, et réservait toute sa douceur pour les autres. Elle joignait à ses rares vertus un esprit gai et

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agréable, une conversation charmante, ayant une facilité admirable pour s'énoncer et pour écrire en prose ou en vers.” On la verra lutter d'esprit avec les personnes les plus spirituelles, et particulièrement avec l’intendant Talon, l’une des intelligences les plus fines et les mieux cultivées qui aient paru à Québec. L'intendant prenait plaisir à lui adresser des sonnets et des épigrammes, auxquelles elle répondait sur le champ, dans le même style, avec une finesse et un à propos qui charmaient la société québecquoise.

Quoique la mère de la Nativité soit morte dans un âge peu avancé, elle a passé par les plus hautes charges de la communauté dont elle était l'édification et l’ornement.

Depuis quelques années, les Hospitalières avaient pris la coutume de recevoir chez elles un certain nombre de pensionnaires, tant françaises que sauvages. De ce nombre fut Agnès Skannud-Haroï, jeune sauvagesse huronne. Elle était la première enfant qu'avaient eue ses parents depuis leur conversion. Elle fut une desrares indigènes qui parvinrent à triompher des instincts de la nature sauvage, et à se faire aux habitudes de la vie civilisée. Sa fidélité lui valut même une véritable vocation pour la vie religieuse et quoiqu'elle soit morte très-jeune, elle eut le bonheur de prononcer ses vœux. Elle n'était guère âgée que de huit ans lorsqu'elle entra à l'Hôtel-Dieu ; elle s’éprit tout d’abord d’une

grande affection pour la communauté et pour les pratiques religieuses. À un naturel doux et sensible, elle joignait des talents remarquables. En moins de deux ans elle apprit si bien à lire et à écrire qu'elle devançait les petites françaises ses compagnes d'étude. La langue française lui devint aussi familière que sa propre langue, qu’elle possédait admirablement ; de sorte qu'elle servait d’interprète aux sauvages de sa nation qui étaient malades à l'Hôpital. Son humilité était si profonde que lorsqu'on l’accusait à tort de quelques fautes, elle aimait mieux laisser croire qu’elle en était coupable que de s'excuser.

Elle fit sa première communion avec une ferveur et une foi surprenantes. Cette sainte enfant était si vivement persuadée que c'était Notre-Seigneur qui la visitait,. qu'elle se donna à lui en le recevant, le suppliant de lui faire la grâce d’être religieuse ; sa confiance lui donnait la certitude qu’il lui acccrderait sa demande. La suite fit bien voir que son espérance n'était point vaine.

Les religieuses suivaient avec admiration le travail de la grâce dans cette candide enfant de la nature. À mesure qu'elle avançait en âge, ses aspiraions vers la vie monastique s’accentuaient plus vivement.

On ne découvrait plus rien en elle du caractère inconstant et farouche de sa race ; au contraire ses démarches étaient réfléchies, son

recueillement continuel, sa modestie incomparable, son obéissance parfaite.

Elle ne soupirait qu'après le jour où elle aurait le bonheur de se consacrer à Dieu au service des pauvres. Ses sollicitations devinrent si pressantes que la communauté se crut autorisée à l’admettre au noviciat, quoi qu'elle n’eût que quatorze ans.

La joie de sœur Agnès, en se voyant revêtue de l’habit de postulante, fut inexprimable. Elle se plia à toutes les observances de la règle avec une merveilleuse flexibilité. La maîtresse des novices ne lui épargna cependant ni les épreuves, ni les humiliations pour assurer cette vocation exceptionnelle qui jusqu'alors avait paru incompatible avec le génie sauvage ; mais rien ne put ébranler la persévérance de la jeune novice. Cette enfant de prédilection était déjà mûre pour le ciel.

Huit mois après son entrée au noviciat, elle fut atteinte d’une maladie mortelle qui, en quelques jours, la conduisit aux portes du tombeau. Aussitôt qu’elle reconnut que Dieu l’appelait à lui, elle supplia ses supérieures, avec une ferveur angélique, de lui accorder la grâce de se revêtir du saint habit et de mourir Hospitalière de la Miséricorde. Cette faveur lui fut accordée et elle prit le nom de sœur de Tousles-Saints. Peu de temps après, elle rendit sa belle âme à Dieu (3 novembre 1657.) C'est le

seul exemple que fournissent nos annales d’une fille sauvagesse qui ait fait des vœux de religion.

La même année (15 mars 1657), mourut la mère Marie-Françoise Giffard de Saint-Ignace, à l’âge de vingt-trois ans. Elle était fille du sieur Robert Giffard, seigneur de Beauport, cet excellent ami dont les services, comme médecin de la communauté, avaient été inappréciables depuis l’origine de la fondation. On lui avait donné er. religion le nom de la première supérieure de Québec pour perpétuer le souvenir de ses vertus. Mademoiselle Giffard fut la première canadienne qui se soit consacrée à Dieu par Ja profession religieuse. ‘‘ Elle s’acquittait de toutes ses obligations, disent les annales, avec une ferveur et une perfection que nous admirions. Elle était pleine d'esprit, d’une grande douceur et d’ane prudence au-dessus de son âge. Son innocence et sa piété étaient angéliques. Elle avait une humilité sincère et profonde, une charité ardente et une fidélité exacte à tout souffrir pour Dieu.

“Tout le pays accourut à ses funérailles, bénissant le Seigneur de ce que cette colonie avait donné au Ciel une si belle fleur. Comme sa vie était un modèle de toutes les vertus, sa mort nous causa une affliction sensible, quoiqu’elle fût adoucie par une consolation secrète qui nous assurait de son bonheur.”

Peu de temps avant sa mort, Madame Juchereau de La Ferté, sa sœur, lui ayant amené une de

ses enfants, Jeanne-Françoise, qui n’était encore âgée que de six ans et demi, la mère de Saint- Ignace la fit approcher de son lit, et, l'ayant bénie avec une vive expression de tendresse, elle lui dit d’un ton inspiré : “ Ma chère petite fille, sois toujours bien bonne et bien pieuse ; car Dieu te destine à devenizune sainte hospitalière. Je te lègue mon nom de religion que tu porteras un jour dans cette communauté.”

L'événement vérifia cette prédiction comme on le verra dans la suite de cette Histoire.

L’'Hôpital et la chapelle intérieure qui servait d'église conventuelle depuis 1646 avaient été bâtis sur de trop petites proportions pour suffire pendant longtemps aux exigences de l’hospitalité. Aussi dès l’année 1654, il avait fallu commencer la construction d’un nouveau corpsde-logis plus vaste, et d’une église dont la première pierre avait été posée le 15 octobre avec grande cérémonie, en présence du gouverneur M. de Lauzon, du Père Lemercier, supérieur des missions, des Pères Vimont, Ragueneau, Poncet et des principaux habitants du pays.

Quatre ans après, 15 10 août 1658, M. l'abbé de Queylus qui remplissait les fonctions de vicaire apostolique dans la Nouvelle-France, fit la bénédiction solennelle de cette église sous le titre du Précieux-Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Notre-Dame de Pitié. Le quinze du même mois, fête de l’Assomption, la première messe 7

fut dite par le Père de Quen, supérieur des Jésuites, et le sermon fut donné par le Père Dablon.

Le même jour les Hospitalières eurent la consolation d’inaugurer le nouvel hôpital, qui, disent les Annales, “ nous paraissait si beau en ce temps-là et à tous ceux qui venaient le voir, que, quoique nous en erssions vu en France de bien bâtis et fort comrnodes, nous étions charmées du nôtre. Il ne consistait cependant qu’en une salle qui est aujourd’hui pour les femmes ; mais comme nous 8o-tions d’un petit taudis, qui ressemblait plutôt à une cabane qu’à un hôpital, nous nous trouvions comme dans un Louvre.

Nous plaçâmes les lits des deux côtés à la manière de France, et nous y exerçâämes notre vocation avec beaucoup de joie. ”

Les grands travaux qu’exigèrent ces nouveaux édifces n'auraient pu être terminés sans les largesses toujours renouvelées de la duchesse d’Aiguillon, dont la charité grandissait avec les besoins de sa fondation. Non seulement elle puisait à pleines mains dans sa bourse pour ses chères sœurs de Québec, mais elle intéressait à cette œuvre les nombreux et puissants amis qui formaient son entourage, et qui lui accordèrent, les uns cent, les autres deux cents livres pendant une suite d'années. (C’est ainsi que l’'Hôtel-Dieu eut l'avantage de compter parmi ses bienfaiteurs et ses bienfaitrices insignes, les plus hauts personnages de la cour de France ;

entre autres l’abbé de Richelieu, neveu de la Duchesse, Madame la princesse douairière, Madame la princesse de Condé, la marquise du Vigean, la marquise de Melun, Madame de Lamoignon, première présidente, Madame Fouquet, Madame Bodeau qui avait pris pour sa filleule la petite religieuse sauvage, sœur de Tous-les-Saints, dont on connaît la vie. A ces noms qui sont écrits dans la mémoire reconnaissante de nos mères, il faut ajouter ceux des communautés de Dieppe, de Vannes, de Rennes, de Quimper, de Vitré, de Tréguier, de Bayeux, de Paris, des Carmélites du grand couvent de la même ville, et de celles du Faubourg Saint- Antoine, des Feuillantines, des religieuses de Sainte-Claire et de la Visitation, sans parler des parents de nos Hospitalières dont la générosité ne fut pas moins admirable.

Sur la demande de quelques-uns des fondateurs de la colonie de Montréal et d’après les conseils de M. l'abbé de Queylus, deux Hospitalières, les mères Marie-Renée de la Nativité et Jeanne-Thomas-Agnès de Saint-Paul, furent dirigées vers Montréal, sous la protection de M. l'abbé Souard, prêtre de Saint-Sulpice. Elles partirent de Québec le dix-huit septembre, 1658. Cette entreprise fut faite fort secrètement, parce que l'on craignait l'opposition de certains membres de la compagnie de Montréal.

L'année suivante, ayant appris que cette compagnie avait décidé de confier la nouvelle

fondation à des religieuses de la Flêche, les deux Hospitalières furent rappelées à Québec, où elles arrivèrent à la fin de septembre 1659, après une année d'absence. '

C’est à cette date que se rapporte le séjour que fit Mgr. de Laval au monastère de l’Hôtel-Dieu. Nommé vicaire apostolique dans la Nouvelle- France et sacré sous le titre d'évêque de Pétrée, il était débarqué à Québec le 16 juin de cette même année. Les Hospitalières furent heureuses de lui donner l'hospitalité durant les premiers mois qui suivirent son arrivée, et eurent ainsi l'avantage d’étre les premiers témoins de la vie édifiante, des austères vertus et des éminentes qualités de ce grand prélat, qui, de son côté, conçut une estime et une vénération extraordinaires pour les mères de l’Hôtel-Dieu et particulièrement pour la mère de Saint-Augustin.

1, Voir la Vie de Mile. Mance et l'Histoire de l'Hôlel-Dieu de: Ville-Marie par l'abbé Faillon, où cette tentative de fondation est racontée en détail,

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