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Consiitulions… Traité fer chap, IL p

Tout, dans le monastère, rappelle cette pauvreté : l'apparence austère des appartements, les murailles blanchies à la chaux, les boiseries simpl's et sans aucun ornement, les planchers nus, les ameublements rustiques. Il n’y a de permis qu'un seul genre de luxe, celui de la propreté; mais cette propreté est exquise. Aucune des améliorations moderres n’est adoptée dans cette maison des pauvres, à moins d’être reconnue pour son évidente utilité. L'éelairage au gaz mème, quoique établi depuis longtemps à Québec, n’y est pas introduit: on n’emploie aujourd’hui, comme au temps jadis, d'autre luminaire que l’humble chandelle de suif à laquelle on a ajouté dans ces derniers temps l’usage de l'huile de charbon à cause de son prix réduit.

Au réfectoire, les anciennes écuelles d’étain sont encore en usage. Chaque religieuse y trouve préparée d'avance à sa place la part d'aliments qui lui est assignée pour son repas. Cette nourriture est saine, substantielle, mais commune et sans apprèt qui puisse flatter la sensualité.

Le Vendredi-Saint, en signe de deuil et de pénitence, toute la communauté mange par terre.

Dans les cellules des sœurs, c'est le même esprit d’austérité, la mème pauvreté. Ces cellules s'ouvrent de chaque côté d’un vaste corridor qui divise le troisième étage de deux ailes dans leur longueur. Sur la porte de chacune de ces cellules est inscrit le nom de l’hospitalière qui l’occupe ; elles sont toutes à peu près de même dimension et fort petites, l'œil ne s’y repose que sur des murailles nues, un plancher nu. Dans ur coin un lit bas et étrois, fermé de rideaux de coton gris poussière et sur lequel est jeté un matelas avec une couverture de

flanelle du pays à carreaux bleus et blancs, à côté sur un buffet un pot et un bassin en poterie commune, une chaise en paille et un prie-Dieu sur lequel reposent quelques livres de piété et un crucifix, voilà tout l’ameublement. En un mot pas un objet qui ne prèche la sainte pauvreté.

‘ La chasteté des Religieuses de la Miséricorde de Jésus doit être angélique en pureté de corps et d'âme, rebutant au p'us tôt avec horreur tout ce qui se présente aux sens et à l'esprit de contraire à cette belle vertu...” 1

‘ L’obéissance des Religieuses Hospitalières, ne consiste pas seulement à exécuter ce qui est enjoint mais à soumettre leur volonté et leur jugement à la volonté et au jugement de la supérieure, se persuadant que ce qu’elle commande par elle-même, où par autre, est comme une ordonnance divine...

Il faut obéir en toutes choses, faciles ou difficiles, plaisantes ou répugnantes à la sensualité pourvu qu'en ce qui sera commandé il n'y ait aucune vraie apparence de péché...” 2

L'hospitalité engage chacune des religieuses à se sacrifier pour le service des pauvres malades. ‘Il faut qu’il y ait un saint combat entre les sœurs à qui échèront les malades qui font plus d'horreur et qui donnent plus de répugnance à la sensualité ; remportant sur elles-mêmes des victoires dignes de la vocation sublime d’une fille de la Miséricorde de Jésus...” 3

La novice étudie les règles de la ci.ture vu

1, Conslilutions. Traité ler Chen. III, p. 21. 2. Constilulions. Traité ler Chap. IV. p. 23. 3, Constilulions. Traité 4ème Chap. ler p. 175.

qu'elle doit s’y engager en prononçant ses autres vœux, et l’observer d’après les prescriptions du concile de Trente avec les modifications jugées nécessaires par l’évêque.

Après un an de nouvelles épreuves, elle est examinée par l’évêque ou son délégué, et si elle a les qualités et les dispositions requises, elle est acceptée par le chapitre et admise à la profession.

La célébration de ses fiançailles avec Jésus-Christ se fait avec toute la pompe religieuse que peut déployer la communauté. Les parents de la novice et le public y sont admis.

Après la messe durant laquelle la novice communie immédiatement après la supérieure, elle prononce ses vœux et reçoit le voile noir des mains de l’évêque. C'est alors qu'a lieu l’imposante cérémonie des adieux au monde. Debout au milieu du chœur des religieuses, la novice fait une inclination profonde aux quatre coins de l'horizon pour dire un éternel adieu à 1a terre. Puis elle se prosterne la face sur le parvis. Pendant ce temps, les quatre plus jeunes professes s’avancent lentement tenant chacune un coin du drap mortuaire qu’elles vontétendre sur elle, tandis qu’on chante les litanies des saints.

Lorsque la novice se relève de ce tombeau vivant, elle est ressuscitée à une vie nouvelle et devenue pour jamais l'épouse de Jésus-Christ. Sa reconnaissance s'exprime par le chant du Te Deum qu’elle entonne elle-même et que toute la communauté poursuit en chœur. La cérémonie se termine par le baiser de paix que la nouvelle professe reçoit de la supérieure et de toutes les religieuses, en signe d'alliance et de fraternelle réception.

En prononçant ses vœux elle se lie pour toujours à la communauté et celle-ci l’adopte pour un de ses membres. Désormais l'Eglise seule pourra rompre le sceau de cette alliance. La jeune professe demeure encore quatre ans sous la conduite de la maîtresse des novices, et assujettie à toutes les observances et pratiques du noviciat tout en étant employée comme aide dans les offices que la supérieure lui assigne. À l'expiration de ces quatre années, la jeune professe dit adieu au berceau de son enfance spirituelle et va prendre place dans la communauté à côté de celles qui, ayant parcouru les différentes étapes du noviciat, sont arrivées à la maturité de leur vocation. Parvenue à ce terme tant désiré n'est-ce pas le moment pour l’hospitalière de se reposer, de jouir en paix de seslabeurs. Loin d’elle une pareille pensée : ce serait la plus dangereuse des illusions, un assoupissement précurseur de la mort. Au contraire, elle doit travailler avec plus de zèle et de ferveur que jamais à l'œuvre de sa perfection, afin de correspondre à l'accroissement des grâces, afin d’être l'édification de la communauté et surtout le modèle des jeunes sœurs qui s'avancent à sa suite dans la carriere de la probation. A l'exemple des vierges sages de l'Evangile, elle doit toujours tenir sa lampe allumée afin de n'être pas prise au dépourvu à l’arrivée de l’Epoux. D'ailleurs comment pourrait-elle s'endormir dans une lâche inaction, à la vue de ses compagnes plus âgées qu’elle qui portent si vaillamment le joug du Seigneur, à la vue surtout de ces vénérables anciennes qui ontblanchie dans les saintes rigueurs de la pénitence, dans les devoirs de l'hospitalité, et qui, courbées sous le poids de leurs années et de

leurs mérites, marchent d'un pas si ferme dans les sentiers du ciel. La limite de sa perfection est de n’en point avoir, comme le divin idéal qu’elle a sous les yeux, et qu’elle cherche sans cesse à reproduire en elle-même, avec l'espérance d'en approcher toujours de plus près, et avec l’'humble conviction de ne l’atteindre jamais. Son ardeur est ainsi toujours tenue en éveil et à mesure qu’elle avance dans la vie, elle monte de clartés en clartés, découvrant denouveaux horizons qui, en élargissant son âme, la font aspirer davantage vers cette complète transfiguration qui ne sera consommée que dans l’Eternité.

Dans la crainte que l'épouse de Jésus se ralentisse dans ses sublimes ascensions, la règle place, à des époques rapprochées, des jours de rénovation et de retraite durant lesquels l’âme se replie sur ellemême, pour scruter et purifier ses moindres intentions, afin de se dilater ensuite avec plus de générosité, d’allégresse et d'amour. Car, il ne faut pas l'oublier, tout ici est marqué du sceau de l’amour ; et c’est pour cela que la vraie religieuse ne marche pas mais qu’elle vole dans la voie des conseils évangéliques, éprouvant chaque jour de plus en plus combien le joug du Seigneur est suave et son fardeau léger. Y a-t-il, en effet, dans le monde, des âmes plus gaies, des esprits plus libres, des figures plus souriantes que parmi les vierges consacrées à Dieu ?

Dans cette puissante législation du cloitre, rien n’est omis, tout est prévu, tout est réglé. Les combats de la mort ont leurs lois comme ceux de la vie. '

Dès les premiers symptômes de la maladie, l’hos-

pitalière doit faire preuve de générosité, l’accueillant comme un dernier moyen qui lui est présenté pour achever de se sanctifier, ‘ acceptant la maladie comme un don de Dieu ; ne recherchant aucun soulagement superflu, se mortifiant avec courage ; embrassant la croix du Fils de Dieu avec amour ; remettant tout le soin d'elle-même en sa sainte providence et entre les mains de sa supérieure et des infirmières.” 1 Celles-ci de leur côté, doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour procurer à leur sœur malade les soins propres au rétablissement de sa santé.

Dès que le médecin a prononcé que la maladie peut tourner à la mort, la supérieure se hâte de l'i procurer tous les secours spirituels en son pouvoir. Autant que possible, la communauté est présente lorsqu'on lui apporte le Saint-Viatique et qu’on lui administre l’Extrême-Onction. Un moment avant que le prêtre lui présente la Sainte-Hostie, la malade demande pardon des fautes qu’elle a commises en l’observance régulière, puis renouvelle à haute voix ses vœux. Les consolations spirituelles continuent de lui être prodiguées jusqu'à son dernier moment. Toutes ses sœurs demeurent auprès d’elle pendant son agonie ; le chapelain s’y doit trouver aussi, afin de l’assister, de la consoler et de l’encourager en ce dernier combat.

En présence de ce spiritualisme si élevé, dont la religion environne la mourante, lesimages sinistres de la mort s’évanouissent pour ne laisser place qu’à l’idée du sacrifice suprême qui termine et

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