‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu Saint-NicolasChapitre 27 sur 36 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

de l'Hospice des Orphelins

à la mort de l'abbé LOPPIN

Porte d'entrée

Chapelle

Réfectoire des sœurs

Loge de la portière

Oratoire des Sœurs

lO.

Cuisine

Petite cour

lO.

Sacristie

Lavoir

Atelier

Basse-cour. dopendan .

Réfectoire des enfant

Chambre d'hôtes

Cour principale

lO.

Ouvroir

Salles de repassage

Dépôt

2i. Classes

Classe

Ouvroir des sœurs

Jardin

« Comme la décence de cette maison exigeait que le Jardin en fut « renclos. J.oi![)in s'adressa de nouveau à Mf^c révoque d'Amiens qui « se prêta encore à rendre cette dépense moins â cliai-^^e à cet liopi- « tal (1). » I>ans ce but, le 10 juillet 17(50, Antoinette .Jouvet lui cédait deux pieds do KM-rains (2) dont le prix fut acquitté à l'aide d'un leds de de 1700 livres (ait, le 21 octobre 1703 par Marie-Jeanne Picquet veuve de Nicolas Laurent (,S).

Lopiûn ])()uvait donc considérer comme achevée son œuvre de reconstruction. Mais là ne devait pas s'arrêter son z(Me. Comprenant combien les administrations précédentes s'étaient éloignées des vues des bienfaiteurs par l'aliénation dans les temps de misère, il est vrai, de quelques-unes des principales dotations de l'hospice des Orphelins il n'eut point de plus ardent désir que d'arriver à les lui faire restituer. Dès ses premiers elïbrts du reste, il se vit encouragé dans cette voie par l'annulation prononcée par ai-rèt du Parlement du 5 mai 1708 en faveur des Orphelins de l'aliénation faite à la fin du siècle dernier au profit d'un nommé Thomas de la ferme de la Réderie et cela malgré une saisie pratiquée contre ce dernier par le sieur Philippe Defër, fermier général des domaines du maréchal d'Esfp^pg ( /i)

Ce succès engagea l'abbé Loppin, le 14 septembre 1708, à provoquer é^'alement contre le meunier Bernard Grossel, une demande en résiliation du bail à rente du 12 septembre 1661, concernant le moulin à eau de la Basse-Ville donné aux Orphelins par le comte de Lannoy Mais pour résoudre d'autre graves questions, l'abbé Loppin crut devoir s'entourer d'un Conseil organisé d'après les conditions exprimées par le comte de Lannoy dans ses règlements et qui partageât avec lui la responsabilité des mesures à prendre.

Pour la première fois le 25 mai 1770, MM. J. B. Jacques Poultier, lieutenant général du Baillage, Marie Grégoire Placot, représentant le chapitre de Saint-Firmin ; J.-B. Havet, curé de Saint-Walloy ; de Bernes, seigneur de la Haye, Maire, et Heuzé, seigneur de Hurtevent, premier échevin, étaient donc appelés à délibérer sur les affaires de l'hospice des Orphelins. . .

Dans un langage ému, Loppin leur rendit compte de son administration et le Conseil « pénétré de tout le bien qu'il avoit procuré à « l'hospice des Orphelins et de celui qu'il pouvoit faire encore, » le pria « d'une voix unanime » de continuer la direction de la maison et de poursuivre les procès entrepris spécialement celui intenté pour la revendication du Moulin de la Basse-Ville.

Cette fois pourtant Loppin et le Conseil furent trompés dans leur attente : un arrêt du Parlement du 26 juin 1773 maintint le contrat de 1661 et condamna les Orphelins aux frais du procès (5).

Avant qu'il en eut connu l'issue, au cours de la séance uu 25 avril 1773, Loppin avait fait part au conseil de la résistance des habitants de

(i) E I Case lo.

(2) Â 8 Case i.

(3; B 86 Case 6

(4) Regisue E i Case 10.

(5) B 23 Case 3.

Groffliers à s'aquitter du droit d'avenage, dans un discours où paraît au grand jour son grand attachement à la cause des Orphelins.

« Messieurs, dit-il, l'hôpital des Orphelins auquel je me suis voué dès mes premières années est pour moi un objet de la plus tendre prédilection. Vous me l'avez vu sauver d'une ruine qui paraissait inévitable ; vous avez vu des bâtimens commodes et réguliers, vastes et solides, s'élever sur les débris d'une masure ; vous avez vu un temple propre et décent prendre la place de la plus mince chapelle ; vous avez vu un jardin immense et fructueux se former et se ceindre de murs; en même temps vous avez vu plus, Messieurs, vous avez vu le nombre des Orphelins augmenter en raison de la plus grande étendue, de la plus grande commodité de l'hôpital : des soins continuellement agissants, une administration intérieure bien entendue et toujours surveillée, des secours, mon propre patrimoine ont tout produit.

« Il ne se peut pas. Messieurs, que des avantages de ce genre n'aient point été sentis par tous les ordres de cette ville et singulièrement par vous. Messieurs, protecteurs nés de cet hôpital.

« Cependant, messieurs, il faut oser vous le dire, les possessions les plus précieuses de l'hôpital sont attaquées, tous ses débiteurs sont devenus réfractaires à leurs engagemens ; on refuse même aux religieuses qui y sont attachées une existence légale que confirment cependant les titres les plus saints. Les sentences du siège royal de cette ville n'ont pu vaincre l'obstination, faire cesser l'aveuglement, il faudra, Messieurs, qu'un arrêt de la Cour paraisse, il paraîtra sans doute : il est dû à l'équité de la cause des Orphelins et le Ciel ne le refusera pas à leurs innocentes prières... »

Puis il expose longuement l'obstination des habitants de Waben et de sa banlieue, principalement ceux de Groffliers, dans leur refus de pa^er le droit d'avenage, les mesures qu'il a dû prendre pour les y contraindre, et il termine ainsi : « Néanmoins, Messieurs, quelque triomphante que soit la cause de l'hôpital, je la soumets aujourd'hui à vos lumières et je demande à ce bureau d'administration si ce que j'ai fait jusqu'aujourd'hui doit être conduit à sa fin : illi derelictus est pauper, adjutor erit orphano (1). »

Non seulement le Conseil approuva la conduite de l'abbé, à l'unanimité elle l'invita à poursuivre tous les moyens d'arriver à une prompte et heureuse solution. Mais cette satisfaction ne lui était pas réservée. Le 2 janvier 1776, il mourait au milieu de la Communauté et des Orphelins éplorés, et le Parlement ne renouvelait son arrêt de 1768 concernant la ferme de la Réderie que le 23 juillet suivant (2), tandis qu'en 1782 seulement il devait proclamer la légitimité des réclamations des Orphelins sur l'avenage de Groffliers (3).

(i) Amator hominum benignissime, tibi derelictus est pau^ er, orphano tu eris adjutor. Dernières méditations de saint Augustin. Registre E i C^ lo.

(2) V, Précis signifié pour les Religieuses de l'hôpital des Enfants Orphelins de Montreuil sur -Mer, défendresses, contre le sieur de Fougeroux^ ancien capitaine de Dragons, chevalier de Saint-Louis et quelques autres créanciers du nommé Thomas demandeurs, Paris, de l'Imprimerie de la veuve Ballard, rue des Mathurins, liasse B Case 3 .

(3) Liasse 6 102 Case 16.

La mort de Loppin laissa un vido immense dans la maison. En ville ce fut même un deuil public. Du reste on a vu ce bienfaiteur à l'œuvre, ses seules actions le peuvent louer et Ton peut dire sans crainte de contradiction (ju'il a bien mérité de sa ville natale et de rbumanito par ses services, ses talents et ses vertus. Il est fâcheux que les regrets occasionnés par sa mort se traduisirent en des scènes peu convenables. Le jour des obsèques, le curé de Saint-Walloy et le chapitre de Saint Firmin se disputèrent les restes du vertueux et charitable chanoine ; mais ils appartenaient aux Orphelins et ceux ci les obtinrent au grand contentement de la population qui se livra alors à un infernal charivari contre le malheureux chapitre et le curé de Saint-Walloy. Ces précieuses dépouilles reposent aujourd'hui encore dans la chapelle de l'hospice où se lit, près du chœur des sœurs cette inscription gravée sur une plaque en marbre blanc :

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