‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu Saint-NicolasChapitre 3 sur 36 · GILLES DANZEL · texte numérisé non relu

GILLES DANZEL

Originaire d'Abbeville ainsi que ses uoni et prénom semblent l'indiquer, succéda à Pierre Adam entre les années 1385 et 1390.

Depuis que l'Hôtel-Dieu avait une chapelle spéciale, de regrettables discussions s'élevaient à tout moment entre cette maison et le curé de Saint-Waloy. Si, en effet, l'érection de cette chapelle avait été vue de mauvais œil par le clergé de la ville, elle portait surtout ombrage au curé de la paroisse Saint-Waloy dans le ressort de laquelle elle se trouvait, sans toutefois en dépendre. Aussi que d'entraves ne suscitat-il point pour empêcher la constiaiction d'un édihce qu'il prévoyait devoir lui être si préjudiciable ! Mais toute opposition de sa part avait été vaine. Les privilèges accordés par le pape Innocent IV étaient formels : Non seulement l'Hôtel-Dieu était autorisé à avoir une chapelle, mais il lui était loisible de célébrer n'importe quel office concurremment avec la paroisse alors que de son c(Mé le maître ou gouverneur pouvait et devait « confesser et sçavoir toutes les consciences « des frères et sœurs dudit hospital et de tous les malades qui sont

(i) A 5 Case lo.

(2) A 5 Case 10.

(3) A 5 Case 10.

« oudit liospitnl sans ([uo nul y ait (|ue veir iio que co^'iioilre, » les coiiiinuiiiei', loin* ^< i)aill(M* le (l(M'i-aiii sacreiiieiil (U; iiiiclioii, ^> (•(■'l(''l)i-(;i' les i'elo\ailles dcis leiiiiiu^s iiomelleiiieiiL acc()Uch(U;s à rilnlel-l)ir'ii et bai)tiser les « entants des pox i-es femmes (jui y «gisent. »

A eette ('pocpie, le (•l(»i'<i(î (»xi<4eait, même des jdiis pan\i'es, de l'argent ])()ui* visiter les malades et leui' administrei* les saci-ements ; de plus, le maître de riIùtel-Dieu pouvait exercer, comme les autres pi'ôtres, les ['onctions de notaires et, par suite rfMlij^-er his testaments des personnes reçues à riIùtel-Dieu. Ou ne s'étounei*a plus dès lors de l'hostilité du curé de Saint-Waloy euvei's cet établisseuient et cela avec iraulanl plus de raison (jue l'Hotel-Dieu n'ayant poifit de cimetière i)arliculier, bieu qu'il y fut autorisé, entei*rait ses moi-ts dans celui de la paroisse.

Le curé de Saint-Waloy i)i*éten(lant à la totalité des droits du casuel eu même tem})s (pi'au legs que tout paroissien devait faii'C i)Our obtenir la se[)ulture, le maître de l'Hôtel-Dieu soutenant par contre qu'il ne lui était du aucune rétri])ution,il im})Oi'tait de mettre un terme à ces contestations. En l;^l)(), Jean de Hoissy, évoque d'Amiens, délégua à cette fin un de ses vicaires généraux pour déterminer les droits de l'Hotcl-Dieu et ceux du curé de Saint-Waloy, ce qu'il fit de la manière suivante '.

Désormais lorsqu' « il y a obseque ouchire on baise doit le dit curé « de Saint-Waloy en emporter le moitié sans qu'il })uist contraindre de « en faire quelque obseque s'il ne plaist aux maistre et sœurs, synon « tant seulement du nuaistre dudit liostel i)Oui' lequel il doibt faire le « service ou faire laire et prendre tout le luminaire et oblation qui y « seront faictes à celle cause. Mais ledit liostel ne doibt recepvoir nulz « corps mors qui soient mors hors dudit hostei sans le congiet du curé « dont ils seront quil nappere par voix dudit curé ou par lettre signée « de luy quil soit content de ses droits. » Par contre à l'Hôtel-Dieu devait appartenir « tout ce que Ion donnoit et donne aux reliques tant « à le talDlette comme ailleurs » et aussi « le congiet de assir et mectre « chierge devant les saincts en ymaiges dudit lieu » sans que ledit curé eut rien à prétendre. Quant aux deniers de confession et de visites-, il fut décidé que, moyennant une redevance annuelle de douze sols envers le curé de Saint-Waloy, le maître de l'Hôtel-Dieu pourrait « toutes et quantes fois que mestier sera bailler et administrer aulx « frères et sœurs et malades dudit hospital les sacremens cest ascavoir « confesser, conimuniei' et le dernier sacrement de unction. Et ne y a « ledit curé quelque auctorité de confesser oudit liostel synon le « maistre, le varlet et le mesquine qui gaignent argent, voire encoirre « se ledit varlet ou mesquine ne demandent le salle des malades pour « Dieu et par povreté car adonc nen auroit il rien (1)».

Les droits respectifs des parties ainsi réglés, (xilles Danzel s'efforça de donner aussi à l'Hôtel-Dieu toute l'extension qui lui était nécessaire, et ce fut pour stimuler le zèle des fidèles à se signaler par leur bienfaisance que pendant son séjour à Montreuil en mai 1394, Jehan de Boissy, évéque d'Amiens, publia une bulle de Clément VII adressée d'Avignon, des calendes de février 1393, à son légat en France le célèbre don Pedro de Luna cardinal du titre de Sainte Marie in Cosmedin, par

(i) A 4 et A 5 Case lo.

sa

laquelle ce pape concédait à tous ceux qui, contrits et confessés, visiteront chaque année la chapelle de l'Hôtel-Dieu, de nombreuses indulgences, et spécialement « ung an et quarante jours de vrais pardons » les jours de la Nativité de Notre Seigneur, de la Circoncision, de l'Epiphanie, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de l'Annonciation, de la Purification et de l'Assomption de la Vierge, de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, de la fête des Apôtres, de la dédicace de l'Hôtel-Dieu. Des indulgences particulières devaient être accordées aux fidèles qui f)rendraient part à la construction ou à la i-éparation de l'Hôtel-Dieu, qui pourvoieraient aux besoins des malades ou qui viendraient mourir à l'Hôtel-Dieu (1).

Dès lors les donations se multiplient :

Le 7 Août 1394, Pierre Darras et Jehanne de la Berquerie, sa femme, que l'évêque d'Amiens Jehan Rolland avait autorisée à se retirer à l'Hôtel-Dieu en 1385, donnent à cette maison une i*ente évaluée plus de 13 livres parisis qu'ils avaient acquise en 1383 de Boulet de Warjies sur la maison du coin de la place du Darnetal formé par la rue «ainsy que len va de la porte du travers(2) à Saint-Firmin» depuis dite des Cornets et par celle « ainsy que len va de la Poissonnerie au chastel du Roy » ladite maison faisant face d'un côté à la Croix élevée devant l'église Notre-Dame et de l'autre « à lostel du Blanc Chine (^i)» et sur deux autres maisons lui faisant suite vers la porte du travers dont la dernière, dénommée « lostel des Erminettes » et en dernier lieu VA gneau Pascal, attenait à « lostel du Rouge Chei'al(A). »

Le 5 octobre 1394, Jehan Cointeriaulx, afin de libérer l'Hôtel-Dieu d'une rente de 2 s. p. dont il était débiteur pour l'emplacement d'une partie de la chapelle ou fut reportée plus tard la porte d'entrée ouvrant sur la place Saint Saulve, la rachète de ses propres deniers à Grebert Pillée (5).

Vraisemblablement vers la même époque, Jehanne Godin dite la Béguinette donne à l'Hôtel-Dieu où elle décédée, des rentes sur des terres sises « es vaulx de Nœufuille » et « en le valée de Biausse » prés des terres des Chartreux de Notre-Dame-des-Près (6).

Jehan de la Berquerie donne d'autres rentes sur Neuville et Montreuil (7).

Le 26 janvier 1396, Gilles Danzel achète avec le produit de certain don 33 s. p. de rente sur le domaine d' « Hersemville... paroisse Saint Martin es fourbours assize hors des murs de Monstrœul (8). »

Le 3 Août suivant, grâce aux bienfaits de Laurent Hullot, bourgeois de Montreuil, il achète encore diverses rentes sur 25 journaux de terre à Airon-Notre-Dame situés près du « vivier des religieux de Saint-Josse, » au clos castel au flos de la oner tenant au chemin des corps saints et au Lamberval{d).

(i) A I Case i.

(2] Cette porte existait près du château des sires de Heuchin situé sur l'emplacement de l'hôtel de France actuel.

(3) Il est conservé aux Archives de l'Hôtel-Dieu un acte passé en 1623 devant Nicolas Bellin, notaire et procureur à Montreuil, Cailri de la seigneurie de Fauquembergue en Montreuil « scituie en ceste ville en Vhostel du Chigne blauc, chef lieu de ladicte seigneurie. »

(4) A 4 et A 5 Case 10.

(5) (6) (7) (8) (9) Cueilloir A 5 Case 10.

Dans le cours de la môme aiinC^e, l'abbé Thomas Bouquedopois acquiert pour ou Caire don à THôLel-Dieu, de Messire Jeliau de Grebelaye eL d'Ysabel Descin^uecourL, sa ieuiine, qui eux-niêuies les tenaient de Marie Descin^necourt et de Jacques de Wailly, époux de cette dcM'uière, 10 iivi'es parisis de rentes « (jui sont toutes bonnes et bien assises » sur 10 journaux de terre sis entre Ecuires et le Peu, et 8 autres journaux de terre entre Gami)i^nieulles et Sorrus près du chemin de Monti'ouil à Airon, ainsi que sur nombre d'immeubles à Montreuil, entre autre près de la fontaine de la Balotte, depuis dite des Clercs, sur une maison tenant au moulin Brasier, sur une autre sise près de la porte extérieure du château, sur la maison de la Teste d'Or au Grand Marché, sur une autre tenant « à latre Saint-Martin, sur les bien de Guillaume Krambault, sur une maison «joignant dune part à le porte du PoArier(l) au destre costé en issant de la ville » près la Gauche, etc. (2).

Le 5 juin, la noble dame Jehanne de Sains, veuve du sire de Fromessent, lègue les Roultis, fiel' de 27 journaux de terre situés au dessus du pai'c d'Aix-en-Issart(3).

Guillaume Delattre et sa femme, dès 1394, avaient donné à l'Hôtel Dieu une maison à Ecuires (4) et acquis de Jehan de la Marlière le 13 avril 1396, également pour en faire don à cet établissement, plus de 6 livres parisis de rentes sur une maison qui dans la suite prit pour enseigne les Armes de France au coin des rues des Barbiers et du Petit Goquempot près de lostel des Trois filles] sur trois autres maisons « en le rue des Chave tiers ou Gordouaniers » dont lostel des Lorseignols et celui du Vaii d'Or ; sur la maison du Bras d'Or tenant à la maison de laCroix de Fer et a VHostel du Regnart d'Or devant la Poissonnerie de la place du grand Marché, sur d'autres immeubles enfin situés entre autres quartiers rue d'Avignon près de la porte des Gélestins au Becquerel et sur 7 journaux de terre longeant le chemin de Montreuil à Saint-Nicolas (5). Non contents de ces libéralités, le 23 juillet 1398, ils ajoutent à ces donations de nouvelles rentes provenant d'une saisie faite par Jehan le Gensier, sergent du roi, sur Pierre Poitevin, et à percevoir sur une maison située en face de celle des Mailles paroisse Saint-Josse-au-Val, sur une autre « séant au dessoulz de la porte Brunel » paroisse Saint-Jacques et aussi sur d'assez nombreuses terres à Gamiers aux lieux dits. Le Marquet Blanquart, la fosse des prés, le Mont du Sol, le Herquendale, le Mont de Camiers (6). En cette même année 1398, Jehan le Bourgeois, de Montreuil, donne un petit jardin qu'il avait acquis de Beaudouin Fare, de Sempi, en 1394 pour en faire un cimetière afin que l'Hôtel-Dieu put enfin jouir du privilège que le pape Innocent IV lui avait accordé (7).

(i) Cette maison a été expropriée lors de la construction du chemin de fer.

(2) A S Case 10. Bxxv.

(3) B 3 Case i. B iio Case 9.

(4) A 5 Case 10. Bxix.

($) A 5 Case 10. Bxxi.

(6) Ibidem.

(7) Ibidem. Bxxxix.

Le 20 février 1390, Jehan du Quesnoy, sei^^neur de Nempont, délaisse au pr-ofit de l'Ilôtel-Dieu .'32 s. }). de renie auxquels il a droit sur le lieCd'Ki)y(l).

Avec le produit de bien d'autres dons restés inconnus, le 6 juillet 1400 rnôtol-I)i(Mi aciiète de Jehan de la Marlière et de sa fenirne environ 70 journaux de terre sis à Saint-Xicolas aux lieux dit le Longue lioye, le Camp de Lescange, le Crœuloc des Moines à l(i Haye ronde, le Cam/p de le Marre qu'on nomme les IlaîeUes, le treu des Moines, le gardin du Val près de rhosi)ice Saint Julien à Beaumerie, d'autres enfin contre le cimetière de ce A^illag'e(2).

].e 11 novembre 1 iO'i, Pierre de Roussent et sa femme lèguent à rii()tel-I)ieu et à l'Hôpital Aotre-Dame un iief de plus de 150 journaux de terre à Enocq, un autre de grande importance à Waben, Groffliers, Gonchil et lieux environnants ainsi qu'une i-ente de 50Ô anguilles sur les moulins de Nem[)ont et de Tigny appartenant aux religieux de Dommartin : « Sy vous plaise avoir bien souvent memore dudit Pierre et de sadite femme en vos oraisons, car ce sont les grants bienfaiteurs qui ont esté oncques oudit Ilostel Dieu (3). »

En 1408, Ancel Gatot lègue douze sous de rente sur une maison de la i)ai'oisse Saint-Josse-au-Val en face de la maison des Mailles ('i).

Le 10 octobre 1409, Mahieu de la Vacquerie donne à rH(3lel-Dieu un pré ou courtil au Val le Roy sous les murs du château de Montreuil (5).

Ainsi les dons ne cessaient d'aflluer lorsque maître Gilles Danzel mourut au commencement de Tannée 1412 laissant l'Hôtel-Dieu dans un état relativement prospère.

Pierre DOBERT 1412-25

Après une année de probation passée à l'Hôtel-Dieu de Montreuil, le 30 janvier 1411, le frère Pierre Dobert avait reçu l'habit religieux des mains du maitre de l'Hôtel-Dieu d'Abbeville, délégué à cet effet le 28 du même mois, par les vicaires généraux d'Amiens, en l'absence de l'évêque Bernard de Ghevenon alors retenu à Paris comme membre du Gonseil royal. Elu par les sœurs comme gouverneur de leur maison en remplacement du frère Gilles Danzel, il vit son élection ratifiée, le 6 mai 1412, par les mêmes vicaires généraux d'Amiens, encore en l'absence de leur évêque (6).

(i) Ibidem.

(2) A 5 Case 10.

(3) B 41 Case 5 . A 4 et A 5 Case 10.

(4) A 5 Case 10. Dxviii.

(5) A 5 Case 10.

(6) A 10 Case i.

Malj^iH'î les li'()ul)l(»s excessifs au milieu (l(^s(|uels il vécut, Lfoubles occasiounés laul par la crainle d'une occupalion du ])ays ])ar les An^^ais que pai- l(»s dissensions des maisons de J^our^'o^ne et d'Orléans, Pierre no.ter, dès le d(d)ul de son adminisli-ation, ti'ouva le moyen de lortilici- et de consolider la situation de l'Ilôtel-Oieu.

De frôquentc^s contestations divisaient depuis nonibi-e d'années riTôt(d-I)ieu (U les rcdi^ieux de S<iiul-Aiidi-('-au-Bois au sujet (k; diverses redevances qui devaient leur èli*e ac(iuittées pour :^() journaux de terre près de la censé de Hloville (jue Heaudouin de Hébecourt avait donnés à l'IIôtel-DifMi dès les ])i'einières années de sa fondation. Pier*re Bobert s'ellbrc^-a d'y mettre un terme et c'est sui' ses instances qu'intervint, le 31 mai 1 117, une transaction enti'e l'abbé Guillaume du Ikis et lui, par laquelle, moyennant l'ahandon par les sœurs de 12 jour-naux de terre, l'Hotel-Dieu obtint l'aHrancliissement des 24 autres en ce qui concernait les dimes, le terrage et autres droits seigneuriaux (1).

Les principales donations constituées en faveur de l'Hôtel-Dieu sous l'administration de Pierre Dobert sont :

Le 26 juin lilT, celle par Jehan le Telier à l'Hôtel-Dieu de 26 sols de rente sur une maison rue Tirewic qui appartint à Jehan Pesacq(2).

Le 18 juillet suivant celle de Mahieu Ducrocq et de Marie, sa femme, d'un fief de 40 journaux de terre à Airon-Saint-Wast tenue de la seigneurie de Nempont, ledit fief situé au Val d'Anton près de Ilalloy et tenant « au chemin qui maisne à le crois de Bavemont, » au chemin aux Cailleux et k la haie Robert (3).

Et le legs de Pierre Darras, déjà cité pour sa bienfaisance.

Après avoir exprimé dans son testament du 8 septembre 1417 le désir d'être enteri'é près de sa femme dans l'église collégiale de Saint Firmin à laquelle il laissa 22 s. p. de rente à la charge de trois messes annuelles pour lequelles le curé prélèverait 6 s. p. pour lui et le clerc 18 d. p. Après avoir laissé au curé de Saint Waloy 4 s. et à son clerc 2 s. p. puis donné « à le benoiste Notre-Dame d'Amiens, aux pénitents Saint Jacques du Haultpas à chascun » 6 d. p. et à la charité de Saint Justin 16 s. p.; après avoir demandé un pèlerinage à Saint Antoine de Gastenoy et à Sainte Gatherine-au-Bois à Valhuon, Pierre Darras, à la seule condition d'un obit et d'une messe à dire à perpétuité le vendredi de chaque semaine, donna à l'Hôtel-Dieu le reste de ses biens comprenant savoir : diverses rentes sur des immeubles sis à Saint-Josse-sur- Mer près du chemin de Saint-Josse à Gucq, près du chemin de Montreuil « deuant le crois Saint-Josse en Gromont, » sur « lostel de la Rose qui soloit estre les Barilles, » etc.. que Guillaume de Vernon et Catherine Loflage avaient vendues à Jehanne de Riomme, de GampigneuUes, le 1 avril 180 i, et que celle ci avait cédées en 1371 à Guillaume Darras; un fief sis « es Gapelles les Saint-Josse » que sa lemme et lui avaient acheté de Perrette Darras, veuve de Jacques le Tourbier, héritier de Willemont le Tourbier, par acte du 14 décembre 1380 par devant Wiard Augrin, balli de l'abbaye de Saint-Josse-sur-Mer, Golart de Biencourt, Ancel Dugardin, Martin Asselin, hommes liges des

(i) B 29 Case 4.

(2) A 5 Case 10. axlx. axlii.

(3) B 2. Case i.

religieux de Saint Josse et plusieurs autres assistants « en le court de lesglise Saint-Sauve en Monstrœul comme en terre amy prestee par Monseigneur l'abbé de ladite esglise;» diverses rentes sur les maisons sises à Montreuil sur Tirewic « sous le courtil du conte Hargot et les anchiens murs de la ville » qu'ils avaient achetées en 1407 à Emeline Maulnourie et dont l'une donnait accès au jardin dit les Poullies où les sœurs mirent dès lors « pendre leurs buées » et leurs « vaques herbiller; » enfin un fief assez considérable à Merlimont « aboutant dun lès au inoustier de la dite ville » et aussi « au dessus et assez près de lesglise Saint Nicolay dudit Mellimont. » Pierre Darras et sa femme avaient acquis ce fief de Jehan Belin par acte du 24 mai 1396, passé devant Wiart Tabaut, lieutenant du bailli deWaben. Jehan Belin l'avait hérité de Régnier, son père, qui l'avait reçu en 1369 d'Aliénor de Saint Pol, dame de Graville et de Merlimont en récompense des services qu'il avait rendus alors comme vicomte de Merlimont.

L'Hôtel-Dieu entra en possession de tous ces biens après avoir obtenu l'assentiment de Jehan le Sueur, curé de Saint Waloy, qui constata l'authenticité du testament de Pierre Darras, son paroissien. A partir de ce moment Pierre Darras et Jehanne de la Berquerie, sa femme, furent mis au rang de ceux qui « firent moult de grands biens » à l'Hôtel-Dieu (1).

La communauté se composait alors des sœurs Basille, maîtresse, Marguerite, Jehanne et Flandrine, cette dernière fille de Pierre Darras, qui, dans la suite, « fust maistresse dudit Hostel Dieu, quy fust longtems religieuse en iceluy et qui moult bien se porta toult le tems de sa vie (2)» et des frères Denis Lepetit et Jehenny Dantin (3).

Le 21 janvier 1420, Delefontaine, mayeur de Montreuil, et les échevins vidimèrent une copie des statuts de l'Hôtel-Dieu faits à Montreuil par Pierre Davaleur et Michel Glève, prêtres et notaires apostoliques, Hugues Beauvarlet, prêtre, et Nicolas d'Embri, notaire apostolique du diocèse de Thérouanne; présents Etienne Hucquet dit Mainnart, Jehan Galet, prêtre, Oudart du Moulin, écuyer, Jehan Cresson et Ruinart, clerc du diocèse d'Amiens (4).

Pendant les dernières années de l'administration de Pierre Dobert, l'Hôtel-Dieu se ressentit vivement de l'état lamentable dans lequel le pays était plongé par suite des dissensions des maisons de Bourgogne et d'Orléans. Montreuil, séduit par les trompeuses promesses de Jeansans-Peur, avait embrassé sa cause. Depuis lors, Philippe-le-Bon,sous le prétexte de venger la mort de son père traîtreusement tombé à Montereau sous les coups des gens d'armes du roi de France, n'avait pas hésité à se déclarer l'allié de l'Angleterre et force avait été aux Montreuillois qui de tout temps avaient manifesté l'hostilité la plus grande à l'égard des Anglais, de reconnaître leur roi pour leur souve-

(i) B 12 Case 2. B 20 Case 3 et A 5 Case 10.

(2) A 4 et A 5 Case. Case 10. Ce sont les i«"" sœurs connies. On ignore à quelle époque vécut la supérieure Marie Blarie qui a laissé son nom à an pré sitaé à Beanmerie.

(3) B 20 Case 3.

(4) A 10 Case i.

rain sei^nicur. Alors « la ville iMonstei'eul et los niaiises à lenviron furent inoiill li'()ul)lées » dit l>icn'(^ l<\Miiii dans ses Mcinoircs et le dire de cet hisloi-icii (•()iiteini)()raiii semble être coiidriiKi par quelques titres des Archives dans lescjucls il est question du « l'eu i)itoial)le advenu en ladite ville (i) » et de censés « rosl)ées, arses et ^astees » par des l)aiidcs coini)os(^es d'An<4lais, de Bour^^uignons, (juchiueCois même de Kiaiiçais ([ui rava«;eaient les hoi'ds de la Canche, levaient des contribulions et s'imdemnisaient, sur les habitants qu'ils réduisaient à la lamine, des frais de la ^aierre.

Pierre Dobei't mourut au milieu de ces tristes événements. Ses obsèques furent célébrées le 18 du mois de mai 1425.

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