‹ Histoire de l'hydroscopie et de la baguette divinatoireChapitre 4 sur 17 · FAITS QUI FIRENT PRONONCER L^EXCOMMUNICATION · texte numérisé non relu

FAITS QUI FIRENT PRONONCER L^EXCOMMUNICATION

— Voici les faits qui firent prononcer la défense émanée du synode. Le cardinal Le Camus, en 1687, avait appelé, à Grenoble , le père Le Brun de l'Oratoire pour enseigner la théologie au séminaire. Ce père, ayant assisté à des expériences de baguette, fut c( entièrement convaincu que rien de corporel ne causait le tournoiement de la baguette , et qu'on ne

pouvait ratlribuer qu'au démon. ^ » Cette opuion fut coDDue de M^^^ Ollivet ; elle avait plusieurs fois découvert des métaux cachés à dessein. Gela lui fit craindre d'avoir offensé Dieu ; elle courut chez le père Le Brun, et lui exposa ses doutes.

— Votre bonne loi , lui répondit le père , vous a mise à couvert de toute faute , mais il ne faut plus vous servir de la baguette. Pour lever tous les doutes, ajouta-t-il, vous devez demander à Dieu la grâce de ne pas permettre que la baguette tourne jamais entre vos mains , si le démon y est pour quelque chose.

L'avis est agréé, M^^^ OUivet passe deux jours en retraite , communie le troisième , en adressant à Dieu d'ardentes prières , le père Le Brun , à Tautel , s'unit à elle d'intention.

Dans l'après-midi , on fait mettre des pièces de métal dans une allée du jardin ; la demoiselle y va. prend la baguette, et passe plusieurs fois sur ces pièces sans les découvrir. Enfin, elle avance vers un puits où la baguette lui tournait autrefois avec force , il n'y eut pas le moindre signe d'agitation.

Encouragé par ce succès , le père Le Brun voulut

' Lettres qui découvrent l'illusion des philosophes , par le père Le BruD, pag. S78 et suivantes. Réimprimées dans VHistoire critique des pratiques superstitieuses y du même auteur, 2«édit. , vol. III, pag. 376.

en oblenir de nouveaux : il s'adressa à la fille d'un marchand de vin de Grenoble , nommée Martin ; cette jeune personne » simple et fort sage, était d'une habileté connue par quantité d'épreuves , elle avait souvent découvert des métaux cachés.

Le père Le Brun la fit venir chez lui.

— On veut , monsieur , dit-elle , que je vous parle du don que Dieu m'a fait de me communiquer la vertu de la baguette de Moïse et du bâton de Jacob.

— Est-ce que vous faites sortir de l'eau des rochers , en les touchant avec une baguette ?

— Non pas cela , reprit-elle ; mais je trouve l'endroit où sont les sources : je découvre plusieurs autres choses; et Dieu m'a fait une grâce particulière, qui est que la baguette me tourne sur les reliques.

— Et qui vous avait dit que les reliques pourraient faire tourner la baguette ?

— Personne ; je savais seulement qu'elle tournait sur les ossements des morts , et sur beaucoup d'autres choses ; et je voyais bien que les reliques devaient avoir plus de vertu que tout cela. Je l'ai essayé , et j'ai réussi. *

Après cette conversation , M"® Martin fit de nombreuses expériences qui réussirent. Elle tenait beau-

' Conversation citée textuellement. — Lettres qui découvrent ^ pag. 282, et Bist, crit,, vol. Ili, pag. 380.

coup à sa faculté ; pourtant plusieurs ecclësiasti* ques et religieux qui étaient présents furent assez éloquents pour lui persuader que le tournoiement de la baguette était une action diabolique. La jeune fille effrayée y renonce de tout cœur , et la baguette reste immobile non-seulement sur les reliques , ce qui n'est point surprenant, mais encore sur les métaux et sur les sources. Quelques temps après, regrettant la faculté dont elle jouissait auparavant , elle reprend une baguette , désire vivement qu'elle tourne, et recouvre complètement la faculté perdue.

A ces deux faits , on pourrait ajouter ce qui est arrivé au prieur Barde et à du Pernan , chanoine de St-Chef * : la baguette leur tournait sur les sources ; mais après avoir prié ardemment le Seigneur de faire cesser ce mouvement s'il n'était pas naturel , la baguette ne tourna plus.

EXPLICATION DE CES FAITS . — De prime abord ces faits paraissent très surprenants ; plusieurs personnes pourraient être tentées d'en tirer la même conclusion que le père Le Brun et le cardinal Le Camus. Mais avec un peu de réflexion , on les explique facilement. La faculté de la baguette n'est donnée qu'à des natures très impressionnables , à des natures qui sont douées d'un système nerveux fort sensible , il est tout simple

* Lettres qui découvrent , pag. 290, el Hist. crit,f vol. IIF, p. 380.

que les actions morales fortes produisent de grands effets sur ces natures et détruisent complètement une action ou sensation très délicate. M"®^ Ollîvet et Martin, le prieur Barde et le chanoine du Pernan , tous fort religieux, sont persuadés qu'il peut y avoir une influence diabolique dans le tournoiement de la baguette, ils renoncent avec ardeur à la faculté dont ils jouissent; cela suffit pour annuler l'action physique produite sur les nerfs par les sources ou les métaux. Ne voyons-nous pas de nombreux phénomènes analogues ? Vous voulez fermement vous réveiller à une certaine heure, votre volonté vainc la nature et vous vous réveillez. La peur produit un tremblement général ; Témotion , l'intimidation agitent et occasionnent de violents saisissements. Tout prouve que le moral a une fort grande influence sur les nerfs.

SOLDATS DE GUSTAVE- ADOLPHE. L'évêqUC de

Grenoble ne fut pas le seul qui s'éleva contre l'usage delà baguette. Les docteurs suédois le condamnèrent formellement comme entaché de magie. Dans ce pays, aussi bien que dans toute rAltemagne, on faisait grand usage de la baguette pour rechercher les métaux et les mines. Lorsque Gustave- Adolphe ravagea l'Empire, ses soldats s'en servirent pour découvrir les trésors que les. bons catholiques cachaient sous terre avec le plus grand soin. *

* Mercure galanl, janv. 1693. .^

JACQUES AYMAR CHERCHE LES LIMITES. Ce fut

vers le temps où le père Le Brun était à Grenoble que le fils d'un paysan , Jacques Aymar-Vernai , né le 8 septembre 1662 , à St-Véran , village près de St- Marcellin (Isère), s'aperçut qu'il avait la faculté de la baguette. Aussitôt il se mit à chercher des sources moyennant un léger salaire. Cédant à l'entraînement général, non-seulement il indiqual'eau, mais il fit servir sa verge divinatoire à tout autre chose et surtout à l'indication des limites , industrie alors fort en vogue. c( Beaucoup de gens de la campagne, hommes, garçons et filles, vivaient du petit revenu de leur baguette, et une infinité de différends touchant les limites , se terminaient par cette voie ; on avait volontiers recours à ces juges qui portaient en leurs mains la justice et toutes les lois de leur tribunal. La sentence était promptement expédiée , et les frais en étaient modiques : cinq sous étaient le prix de la découverte , aussi bien que de la vérification d'une limite. ^ »

IL DÉCOUVRE UN CADAVRE. — Uu jour, Aymar seut vivement tourner la baguette sur un point peu étendu; ne sachant ce qui pouvait causer ce mouvement , il fait creuser, et, à six ou sept pieds, on trouve le sque-

• Le BniD, Histoire critique des prat, sup. , U^ édît. , part. I; 2« édit., part VU, vol. Il, pag. 347.

leHe d'une femme ayaot une corde au cou. Alors, suivant la route que la baguette lui indiquait , il arrive dans une maison dont la maîtresse avait disparu depuis deux mois. Il essaya la baguette sur toutes les personnes qui s'y trouvaient , elle ne tourna que sur le mari , qui prit aussitôt la fuite , et ne reparut plus dans le pays.

IL DÉCOUVRE DES VOLEURS ET l'aUTEUR d'uN MA- LEFICE. — Celte anecdote fut bientôt connue dans tout le Dauphiné. On appela notre paysan à Grenoble , où il fit plusieurs choses extraordinaires. On avait volé des bardes à un babitant de la ville , Aymar est conduit dans l'endroit où le vol avait été commis. La baguette y tourne » elle continue à tourner en sortant du logis et en avançant dans les rues jusqu'aux prisons. Aymar entre, et, guidé par sa baguette , il va vers quatre fripons enfermés depuis peu de jours ; il les fait ranger sur une ligne , met son pied sur le pied du premier , la baguette ne remue pas ; sur le pied du second , la baguette tourne. Aymar, malgré les protestations de cet homme, assure que c'est le voleur. On passe au troisième , la baguette ne se meut point , mais elle tourne vivement sur le quatrième; celui-ci, tout tremblant, avoue le fait , et déclare que le second est son complice. Tous les deux , ils disent que les objets volés sont dans une grange près de la ville. On y va , et la ba-

guette décQuvro sur-le-champ ce qui avait é(é caché avec soiD.

Ce qui est encore bien plus surprenant , c'est qu'une autre fois Aymar reconnut « au moyen de sa baguette , Tauteur d'un maléfice. Tout ceci est rapporté avec beaucoup de sérieux par le père Le Brun , historien par excellence des temps fabuleux et héroïques de la baguette. Ce dernier fait donne une juste idée du charlatanisme qui malheureusement avait remplacé le véritable usage de la baguette , et qui a fait nattre contre lui des préventions qui le font repousser Bon-seulement par les savants , mais encore par beaucoup de gens du monde.

DÉCOUVERTE DES MEURTRIERS DE LYON. Ce fut

sur ces entrefaites qu'eut lieu le fait le plus étonnant de la vie d'Aymar, le fait qui fit sa réputation. Cette fois, l'authenticité du fait paraît incontestable : je vais le rapporter d'après les journaux du temps, laissant à chacun le soin de l'expliquer comme bon semblera ; quant à moi , je ne connais pas d'explication satisfaisante.^

* Mercure galant , 1692, août, pag. 113; septembre , pag. 226; octobre, pag. 12, 212. — 1693, janvier, pag. 16, 36, 47, 284; février, pag. 236, 311; mars, pag. 104, 166; avril, pag. 171, 260, 287; mai, pag. 75, 140; juin, pag. 66, 201, 332; jalllet, pag. 26; août, pag. 52.

Journal des savants, iD-4", 1793, 12 janvier, pag. 26, 27; avril,

Le 5 juillet 1692, vers dix heures du soir, on assassina , à Lyon , dans une cave , un marchand de yin et sa femme. Tout d*abord , personne ne s'aperçut de ce meurtre , et les coupables échappèrent aux poursuites de la justice. Un voisin des victimes fit venir Aymar, qui promit de suivre les assas- ^ sins, et de les découvrir. Le procureur du roi, de Vagini et le lieutenant criminel renvoyèrent prendre son impression dans la cave où le meurtre s'était commis , et lui donnèrent trois personnes pour l'accompagner. La baguette le conduisit dans la cour de Tarchevéché , de là à la porte du Rhône ; il suivit le fleuve, trouvant tantôt la trace de trois criminels, tantôt seulement celle dé deux. Arrivé à la maison d'un jardinier, il soutint que les coupables avaient touché une table et bu à une bouteille qu'il désigna. En effet , deux enfants de neuf à dix ans , qui d'abord avaient tout nié de peur d'être punis par leur père pour avoir tenu la porte ouverte contre sa défense , avouèrent ensuite que trois hommes , qu'ils dépeignirent , s'étaient glissés dans la maison , et avaient bu le vin de la bouteille. Ces premières découvertes engagèrent à suivre Aymar. A une demi-lieue plus

pag. 189. Cu extrait de ces deux morceaux a été donné dan» la Collection académique , vol. YI , pag. 252.

Lettres historiques , 1692, octobre, tom. Il, pag. 393; décembre, pag. 637 ; — 1693, mars, toro. III , pag. 312 ; juin, pag. 658.

Mercure historique et politique, mai 1693, pag. 565.

bas que le pont de la Guillotière, il fallut prendre un bateau , Ja baguette indiquant que les coupables étaient allés par eau. Le paysan suivit leur route, abordant partout où ils avaient pris terre ; il allait droit à leur gite , et reconnaissait les lits où ils avaient couché , les tables sur lesquelles ils avaient mangé , et les pots et verres dont ils s'étaient servis. Arrivé au camp du Sablon, Aymar reconnut que les assassins y étaient, mais redoutant les soldats» il alla à Lyon chercher des lettres de recommandation. A son retour , les meurtriers n'étaient plus au camp ; il les suivit jusqu'à Beaucaire ; sa baguette le mena à la prison dont les portes lui furent ouvertes, et elle tourna sur un bossu , enfermé depuis quelques heures pour un larcin ; on abandonna la poursuite des autres complices, et le bossu fut mené à Lyon. D'abord, il niait tout; mais se voyant reconnu par les hôtes chez lesquels il avait logé, il avoua, à Bagnols , que c'était lui qui avait conseillé le meurtre , et qu'il gardait la porte de la boutique pendant que deux provençaux consommaient le crime avec une serpe de bûcheron. De Lyon , Aymar fut renvoyé à Beaucaire. Les complices du bossu venaient de quitter cette ville; il marcha sur leurs traces jusqu'à Toulon , et découvrit qu'ils s'étaient embarqués ; enfin , il les poursuivit sur mer jusqu'aux frontières du royaume sans pouvoir les atteindre.

Cependant le procès du bossa , nommé Joseph Ârnoul , s'instruisait : « Sa confession » fut-il écrit à Tabbé Bignon , s'est trouvée si conforme à tout ce que la baguette a indiqué, et à cinquante autres preuves et circonstances que Ton a eues d'ailleurs , que jamais affaire de cette nature n*a été mieux éclaircie. » Aussi, ce criminel, qui ne se donnait que dixneuf ans , fut rompu vif sur la place des Terreaux.

Aymar , de retour de sa dernière poursuite , fit des expériences devant les magistrats et les premiers habitants de Lyon , avec la serpette du crime mêlée à deux autres semblables ; soit qu*on les ait cachées ou enterrées , soit qu'on lui ait bandé les yeux , il a toujours reconnu , au moyen de sa baguette , la serpe dont les criminels s'étaient servis.

SUCCÈS d' AYMAR A PARIS. — Le fait de Lyon eut un retentissement immense: de nombreuses lettres manuscrites ou imprimées^ se répandirent dans toute la France, et les journaux ne parlaient que d'Aymar. Cette célébrité détermina le prince Henri-Jules de Bourbon-Condé , fils du grand Condé, à faire venir à Paris Yhomme à la baguette,

* Lettre à madame la marquise de Senozan , sur les moyens dont on s'est servy pour découvrir les complices d*un assassinat commis à Lyon, le b juillet 169S ; Lyon , 1 vol. in-12 sans date. ( 169S, par Chauyin , son nom se troave dans le permis d*imprimer.)

Cette lettre a été réimprimée dans le III' yol. de VHistoire critique des pratiques superstitieuses , deuxième édition.

Au commencement de 1693 , Aymar fît dans la capitale de nombreuses expériences qui d abord réussirent. Au Luxenibourg , il trouva des bornes enfouies danslaterre et perdues déptiifi20 ans. Chez le prince, il découvrit de l'or caché à dessein, et reconnut entre plusieurs autres une table sur laquelle on avait, trois ans auparavant, volé des flambeaux. Enfin , chez un particulier, il déterra une assiette d'argent cachée dans un fumier.

Elle fnt d*abord imprimée in-i°; mais cette édition que je n'ai pu voir a été désavouée par Tantenr.

Dissertation physique en forme de lettre à M* de Sève , dans laquelle il est prouvé que les talents extraordinaires qu'a Jacques Aymar , dépendent d'une cause très naturelle , par Pierre Garoicr > Lyon , 1692, 1 toI. in-IS. Réimprimé dans le HP vol. de V Histoire critique des pratiques superstitieuses , deuxième édition.

Histoire de la baguette de Jacques Aymar ^ pour faire toutes sortes de découvertes ; Paris , 1693, 1 yoL in-18, par Gamier ; son nom se trouTe dans les approbations. C'est sous uo titre nouveau la réimpression de l'ouvrage précédent.

Lettre à M. l'abbé Z), L„ sur les véritables effets de la baguette de Jacques Aymar , par P. B. (Buissière) ; Paris, 1694 , 1 vol. Je n'ai pu la trouver.

Réflexions sur les indications de la baguette , par le père Ménes- Irier, S.-J. ; Lyon, 1694, 1 vol. Réimprimé à Avignon, in-12, en 1840, sous le titre De la baguette divinatoire, par le père Ménestrier. Inséré dans uo recueil de pièces sar les diverses actions attribuées au diable.

Revue du Lyonnais, 1837, tom. V, p. 81. — Un procès à Lyon en 1992 , ou Aymar l'homme à la baguette , par Alphonse Gibardin. Rien de neuf sur ce sujet.

IL AVOUE qu'il est UN CHARLATAN. CeS SUCCës

ne furent pas de longue durée. On feignit un vol , on cassa un carreau à une fenêtre, et Ton appela Aymar. Il se laissa prendre à cette ruse , et dit qu'en effet il sentait qu'un larcin avait été commis ; sa baguette le conduisit au carreau cassé et qui plus est lui fit découvrir un voleur. Des essais analogues renouvelés trois ou quatre fois eurent à peu près le même résultat. Le prince irrité fit appeler le tourneur de baguette, et lui adressa une sévère réprimande. Il termina en lui promettant 100 louis, et lui dit que * puisqu'il Tavait pris sous sa sauvegarde, il le renverrait chez lui , à condition toutefois qu'il avouerait ses fourberies , sinon il allait le livrer à la justice et il serait puni comme faux accusateur. Aymar n'avait pas à hésiter , il déclara qu'il était un fripon, un charlatan , prit la somme et partit heureux de sortir ainsi du mauvais pas où il se trouvait. Ce qu'il y a dé fâcheux dans la déclaration du paysan de St-Véran , c'est que pour se tirer d'affaire, il sacrifiait ce qu'il y avait de vrai dans sa faculté , la découverte des sources et des métaux, aussi bien^quc ce qu'il y avait de faux. Je le répète, les abus que l'on a fait de la baguette lui ont fait le plus grand tort ; mais de quoi n'a-t-on pas abusé ?

DÉTAILS SUR AYMAR. -^ Aymar avait un grand air de bonne foi qui disposait en sa faveur, il était simple

et affectait beaucoup de religion. Tous les jours il allait à la messe , il se confessait souvent et disait, à qui voulait l'entendre, qu'il s'était toujours abstenu de femmes , condition suivant lui indispensable pour avoir la propriété de la baguette. Aymar, en un mot, était l'homme du grand siècle , l'adroit Tartuffe. Il semble, en outre , être la personnification de la magie et de toutes les superstitions du passé venant mourir devant la civilisation et le progrès , et ensevelissant dans leurs ruines d'utiles vérités.

Plusieurs fois, dit Gomiers, on fit au pied des autels renoncer Aymar à sa faculté , comme étant un don et une embûche du démon; mais la baguette tourna toujours.

L'adroit dauphinois se faisait un petit revenu en prétendant connaître avec sa baguette le sexe des enfants dans le sein de la itière , la fidélité des époux , etc. Bayle ^ rapporte qu'un jour un ouvrier se présenta chez lui avec sa fiancée et lui donna 10 francs , désirant savoir si elle était vierge.

PIECE SUR AYMAR. — Lcs prétcutious ridicules d'Aymar, comme de juste , égayèrent beaucoup le public, les écrivains s'en emparèrent et les tournèrent en ridicule. Régnard fit, en collaboration avec

^ Dictionnaire în-foL, deuxième édition, vol. I. A l'article Abaris, il y a de longaes notes sur Aymar et la baguette.

Dufréni, une pièce de circonstance intitalée : La baguette de Vulcain. Elle fut jouée à Thôtel de Bourgogne. La première représentation eut lieu le 10 janvier 1693. Le succès fut prodigieux; aussi les auteurs y firent une addition sous le titre à* Augmentation à la baguette de Vulcain. Voici la scène m de la première pièce.

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