LA TERRE DE LA FABRIQUE DE L'ILE-AUX- COUDRES
Dominique Bonneau, dit Labecasse, concéda des messieurs du Séminaire de Québec, le 16e jour de mai 1730, la partie des terres qui est bornée à l'anse de l'Eglise.
Suivant la tradition, l'endroit qui porte le nom de Pointe-des-Sipins fut réservé pour servir de terrain à la fabrique, quand une église serait bâtie sur l’île,
A la date du 22 janvier 1732, pendant que M. Lyon de Saint-Féréol était procureur du Séminaire de Québec, Dominique Bonneau, dit Labécasse, avait célé au même Séminaire, sur la terre qu'il avait prise en concession, une étendue de ter-
rain de sc arpents de front sur dic de pro-
fondteur, dont les messieurs du Séminaire se réservaient le droit de disposer comme bon leur semblerait.
Ce terrain, dont ces messieurs n'avaient pas fait connaître la destination, demeura entre leurs mains pendant l’espace de seize ans.
Comme on le sait, l'arrêt du Conseil d'Etat du Roi de France du 3 mars 1722, qui confirmait le règlement du Conseil Supérieur de Québec, fait le 20 septembre 1721, déterminait l'étendue d’un grand
| nombre de paroisses de la Nouvelle-France.
J'aime à en reproduire ici ce qui a rapport à l’Ilo-aux-Coudres, faisant partie à cette date de la paroisse de la Baie-Saint-Paul :
L'étendue de la paroisse de Saint-Pierre et de
Saint-Paul, située au dit lieu, sera de celle du fiet de la Rivière-du-Gouffre et des trois lieues da
front de la dite partie de la seigneurie de la Baie- Saint-Paul, qui est comprise dans cette paroisse, ensemble des profondeurs du dit fief et de la dite partie de seigneurie et l’Zle-aux- Coudres ; le fief des Eboulements et celui de la Malbaie continueront à être desservis par voie de mission, par le curé de la Baie-Saint-Paul, jusqu’à ce qu'il y ait un nombre suflisant d’habitants pour y ériger une paroisse.
Les choses en étaient là lorsque, dans l'été de 1748, Mgr de Pontbriand jugea à propos d'envoyer M. Charles Mangue Garrault pour être le premier curé résidant sur l’Ile-aux-Coudres ; la tradition lui donne ce titre. Ce fut à cette date que les messieurs du Séminaire de Québec firent, par contrat devant maître Lavoie, notaire, cession à l’église de l’Ile-aux- Coudres du terrain qui avait été distrait de la terre de Do uinique Bonneau, dit Labécasse, comme on le voit par une note de maitre Crispin, notaire, du 18 octobre 1782, conservée dans les archives de la cure de l’[le-aux-Coudres.
La fabrique de l’île n'eut pour garantie du terrain où était bâtie son église que cette note de M. le notaire Crispin, jusqu'à l'année 1827, Ce ne fut qu’à cette dernière époque que les messieurs du Séninaire de Québec donnèrent, par devant maitre Louis Bernier, un fifre-nouvel, qui est conservé dans les archives de la fabrique et qui porte la date du 3 août 1827, Le sieur Germain Demeulle, marguillier en exercice, représentait la fabrique.
Par la teneur de ce titre-nouvel, on voit que la terre de la fabrique est concédée aux mêmes conditions que les autres terres de la seigneurie de l’Ile-aux-Coudres, les seigneurs s’y réservant les mêmes droits et y imposant les mêmes charges. Je me hâte, cependant, de faire connaître que, malgré la teneur de ce fitre-nouvel, les messieurs du Séminaire de Québec n'ont jamais exigé de cens et rentes de cette terre, et, qu'après l'abolition de la tenure seiuneuriale, ils n’ont exigé, pour l'affranchir, aucune indemnité quelconque de la fabrique, et ne lui ont point vendu le foin des grèves qui se trouvaient comprises dans les limites de la largeur de cette terre.
Cette terre de la fabrique, dont une moitié environ se trouve sur la haute côte qui sert de rampart à l’île, et l’autre au
bas de cette côte, sur le bord du rivage, a toujours été et est encore à l'usage de M.
le curé, qui n'a jamais payé aucune redevance à la fabrique.
Sans être d’une qualité supérieure, cette propriété est très-utile au curé, qui y trouve du pacage pour ses animaux et qui a l’avantage de pouvoir l'améliorer par la quantité de varech que la marée jette sur le rivage.