LE JUIF-ERRANT EN FLANDRE
Dans sa notice sur la Licorne et le Juif-Errant, publiée dans le tome X, n° 1, du Bulletin de la Commission royale d'histoire de Belgique , le docteur Coremans dit que le nom d’Isaac (ou Joseph) Lakedem (ou Laquedem) est encore le nom populaire du Juif-Errant en Flandre, en Brabant, en Hollande, en Westphalie et dans la basse Saxe.
« Dans nos campagnes, ajoute le commentateur, il y a peu de villages où les bonnes vieilles ne sachent raconter quelque histoire du passage du Juif-Errant dans tel ou tel endroit. Une idée générale qui se rattache à lui, chez nous, c’est qu’il possédait le secret de rajeunir les vieilles fem-
mes. »
NOTES RELATIVES AU JUIF-ERRANT
Le Juif-Errcint. Le Blond excudit , Avec privilège du Roy. — Au bas de cette gravure sont les vers que j’a cités page 56. On peut placer la publication de cette planche entre 1640 et 1650, époque à laquelle le graveur Le Blond exerçait son commerce.
Musée de Caen. — Planche sur bois; feuille double divisée en quatre compartiments, représentant la vie du Juif-Errant. Le titre n’existe pas, non plus que le nom de l’imprimeur. Décrit aux pages 57-61.
Bonnet (rue Saint-Jacques, 31). — Paris. (Imprimerie de Ghassaignon, rue Gît-le-Cœur.) — Le Juif-Errant, les pieds chaussés de sandales, marche à travers les déserts; sa vie passée est expliquée en deux dessins dont le premier représente Jésus allant au Calvaire; courbé sous le poids de sa croix, il ne recueille que les dures paroles du cordonnier : Avance et marche donc . Dans le second dessin, on voit les bourgeois de la ville parlant au Juif- Errant. M. Garnier, dans V Histoire de V imagerie populaire à Chartres, donne cetle estampe (sem-
L’IMAGERIE POPULAIRE
blable à celle que je publie en frontispice) comme originaire des ateliers cliartrains. La propriété intellectuelle était peu développée à cette époque; les graveurs se copiaient les uns les autres, il est possible que le libraire Bonnet, à qui l’idée de la gravure cliartraine semblait bonne, en ait fait exécuter une imitation.
Jean (rue Saint-Jean-de-Beauvais). — Paris. — Remarquable et véritable portrait au naturel du fameux Juif- Errant lorsqu'il arriva en France. Le Juif est en route. Divers sujets de petite dimension autour de la figure principale représentent le Juif repoussant le Christ; un élégant et une femme à la mode rencontrent le Juif; au bas, le Christ porte glorieusement sa croix. Cette gravure sur cuivre finement coloriée (H. 28e. L. 21e.), imprimée vers 1800 sur papier fort, se rattache plus au commerce d'estampes de la rue Saint-Jacques qu’à celui de Yimagerie. La façon dont est traité le sujet, le manque de complainte, indiquent que cette gravure s’adressait plutôt à la petite bourgeoisie qu’au peuple.
Desfeuilles, graveur. — Nancy. — Le véritable portrait du Juif-Errant. La plus ancienne delà collection des Juif-Errant du cabinet des Estampes1. Feuille simple. Elle date de 1816 à 1820.
Boucquin. — Paris. — Véritable portrait du Juif -Errant, tel qu'il a été vu à Bruxelles , en Brabant, en 1774. Le Juif, coiffé d’un haut feutre avec plume au rebord,