‹ Histoire de l'imagerie populaireChapitre 52 sur 64 · ENTRETENYS PAR SA MAJESTÉ · texte numérisé non relu

ENTRETENYS PAR SA MAJESTÉ

« Le Chevalier de fin matois est une si plaisante Comédie que nous ne pouuons pas douter qu’il n’y ait vne grande et belle Assemblée le Yendredy xnj, iour de Février, à la représentation que nous vous en donnerons ; et, pour vous faire connoistre que nous cherchons vos plaisirs auec empressement, vous aurez à l’issue la Farce de LiVsse-tv-Crv. Nous ne prendrons que l’Ordinaire [c’est-à-dire que les prix ne seront pas augmentés].

« En attendant nos grandes et superbes Machines de la Conquste de la Toison d’Or.

« C’est à l’IIostel du Marais, vieille rue du Temple, à deux heures. »

Cette affiche est imprimée en rouge brique sur gros papier bis commun.

Lustucru, d’après une gravure normande.

LUSTUCRU

N’est-ce pas assez de facile érudition pour cette satire, qui se continue dans la Bibliothèque bleue par la Méchanceté des filles et les Misères des maris ?

Je dois à l’obligeance de M. Poulet-Malassis la communication d’un vieux bois qui n’est ni fin ni délicat, et qui cependant a tenté les vers (on le voit par les nombreuses piqûres). Cette planche, provenant d’une ancienne imprimerie normande au dixhuitième siècle, est remarquable par ses tailles naïves et farouches. Si elle étonne les graveurs sur bois d’aujourd’hui, qui s’obstinent à imiter avec leurs burins la taille-douce, elle réjouira, je l’espère, les véritables bibliophiles.

A quel usage servait ce bois ? Serait-ce celui de l’almanach dont parle Tallemant des Réaux? Sa forme carrée donne à croire qu’il était imprimé en tête d’une feuille volante avec la légende au-dessous. Ainsi, il eût été un trait d’union entre le livre et l’imagerie.

^Maître Lustucru le forgeron, en compagnie d’un ouvrier, frappe à tour de bras une tête de femme qu’il tient avec des pinces sur une enclume, et s’écrie : Je te rendrai bonne. A quoi le compagnon ajoute : Maris, réjouissez-vous.

On remarquera qu’une autre tête de mauvaise femme se trouve sur le foyer de la forge, attendant que le forgeron lui fasse subir la même opération pour la rendre bonne également.

Voici bientôt deux siècles qu’a été opérée cette cure féminine. Les maris eurent-ils véritablement sujet de s'en réjouir ? Le cas est douteux, ce violent moyen curatif, auquel la douceur de nos moeurs s'oppose, ayant été abandonné.

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