Collection Didot, t. II, p
2. Emilie, c'est la fille de la marquise Françoise de Beaahamtis. Le plus jeune des frères de Napoléon avait été placé dans la
même pension qu'Eugène.
lettres et celles de ton frère la consolent d^étre éloi* gnée de ses chers enfants. Adieu encore; je t'embrasse bien tendrement.
ce Joséphine Bonaparte, n
Il est impossible d'attester en meilleurs termes que ceux de cette première lettre y son bonheur d'épouse et de mère, et la sensibilité de ce cœur de héros si plein d'adoration pour elle et de tendresse pour les siens. On s'étonnera de voir Joséphine parler aussi froidement de ses succès personnels en Italie et des hommages qui l'enTironnent. Elle est sincère dans l'expression de cet ennui que lui causent de précoces honneurs et les tracas de la vie publique. A ces triomphes achetés par des fatigues, à cette existence de glorieuses aventures, son indolence native, son penchant pour la simplicité, eussent alors préféré le bonheur doux et tranquille d'un intérieur charmé par l'amour de son époux et embelli par la présence de ses enfants. Sa mauvaise santé, d'ailleurs, ainsi qu'elle vient de le dire , contribuait beaucoup à cet accès d'humeur chagrine. Mais cet état de marasme n'eut qu'un temps. Â mesure qu'elle avancera dans la route de la grandeur et de la représentation , elle y prendra plus de goût en y trouvant plus de succès, quoique fidèle sans cesse à la modération et 'à l'égalité de son caractère. Son âme s'élèvera avec sa fortune , et son époux trouvera toujours en elle une compagne qui décorait sa vie en même temps qu'elle consolait son cœur.
L'irruption de Wurmser avait relevé en Italie les
espérances des partisans de rAutriche. Plusieurs États montrèrent des dispositions hostiles aux Françaisy dispositions entretenues par Tannonce de Tarrivée d'une troisième armée impériale. Mais Bonaparte, de son côté, avait reçu quelques renforts , et il pouvait mettre 30 000 hommes en ligne, d'un moral aussi solide que celui des Autrichiens était affaissé.
En attendant le maréchal Alvinzi, qui devait commander cette nouvelle armée, Bonaparte reprit la campagne pour se mettre à la poursuite des restes de celle de Wurmser, qui s'était rallié vers Trente, le détruire ou le forcer à se jeter dans Mantooe. Revenu, le 31 août, à son quartier général de Brescia, il donne d'abord ses soins aux choses militaires, puis, reprenant la plume, il se livre avec une ardeur nouvelle à tout son amour à la fois exigeant et inquiet :
« J'avais espéré, dit-il*, recevoir une lettre de toi; cela me met dans une inquiétude affreuse. Tu étais un peu malade lors de mon départ ; je t'en prie, ne me laisse pas dans une pareille inquiétude. Tu m'avais promis plus d'exactitude ; ta langue était cependant bien d'accord alors avec ton cœur.... Toi à qui la nature a donné douceur, aménité et tout ce qui plaît, comment peux-tu oublier celui qui t'aime avec tant de chaleur? Trois jours sans lettres de toi ! je t'ai cependant écrit plusieurs fois. L'absence est horrible ,