Lettre du 31 août. Collection Didot, t. !•', p
les nuits sont longues, ennuyeuses et fades; la journée est monotone. Aujourd'hui, seul avec les pensées, les travaux, les écritures, les hommes et leurs fastueux projets, je n'ai pas même un billet de toi que je puisse presser sur mon cœur. Le quartier général est parti. Je pars dans une heiïre...* Pense à moi, vis pour moi, sois souvent avec ton bien-aimé, et crois qu'il n'est pour lui qu'un seul malheur qui Teffiraye, ce serait de n'être plus aimé de sa Joséphine. Mille baisers, bien doux, bien tendres , bien exclusifs. »
Trois jours après, le général était parvenu à A la, près des montagnes du Tyrol. 11 est plein d'ardeur guerrière et de confiance en sa nouvelle marche : « Nous sommes en pleine campagne, écrit-il, mon adorable amie, nous avons culbuté les postes ennemis.... La troupe est très-gaie et bien disposée. J'espère que nous ferons de bonnes affaires...*. Pense à moi, écris-moi souvent, bien souvent ; c'est le seul remède à l'absence; elle est cruelle, mais sera, j'espère, momentanée*. »
Le 10 septembre, deMontebaldo, près d'Ala, il envoie à sa femme dès détails qui lui font connaître le résultat de cette courte campagne, qui a suffi pour ruiner les dernières espérances de Wurmser : « L'ennemi a perdu, ma chère amie, 18 000 hommes prisonniers; le reste est tué ou blessé. Wurmser, avec une colonne de 1500 chevaux et 5000 hom-