‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 111 sur 317 · Souvenirs d*un sexagénaire^ t. UI, p · texte numérisé non relu

Souvenirs d*un sexagénaire^ t. UI, p

2. Vie de Napoléon Bonaparte^ par Waller Scott, t. VI, p. 224.

DE L'IMPËRATBIGE JOSÉPHINE. 375

che 9 du pape , des rois de Naples et de Sardaigne, du duc de Parme, des cantons suisses, de plusieurs États d'Allemagne; la foule des généraux, des hauts fonctionnaires, des députés des Tilles, l'arrivée et le départ des divers courriers ; le mouvement des affaires importantes, mêlé aux fêtes et aux banquets, aux bals et aux parties de chasse , tout réalisait le tableau d'une cour splendide, et Tensemble de toutet ces choses fut, en effet, appelé par les Italiens, la cour de Montebello. »

On a peine à s'éloigner de ces jours si beaux , si radieux de la première campagne d'ItaUe ; aussi demandons-nous à compléter ce volume par quelques détails sur la remarquable négociation qui amena la paix de Gampo-Formio.

Nous avons là-dessus les souvenirs de trois témoins oculaires : Bourrienne, l'académicien Arnault et le duc de Raguse. Ils nous font vivre de cette vie si brillante et, on peut le dire, si poétique. Ils appellent un château magnifiqne cette résidence que Walter Scott qualifie d'un nom plus modeste. M* Arnault nous apprend qu'elle était ornée d'une grande terrasse à l'italienne, et qu'elle possédait de grands jardins, « autour desquels régnait une allée couverte qui , tout à fait semblable aux arceaux de Marly, offrait une voûte impénétrable aux rayons du soleil*. »

Le marquis de Gallo , ministre de Naples à Vienne, ayant la confiance de l'Impératrice, caractère souple,

l. Mémoires de Napoléon ^ t. UI, p. 24.

jours laissés à rintimité, le général revenait avec joie aux aRections et aux souvenirs de la famille. JoséjAine organisait chaque soir une modeste partie de t^tfi^l H un^ et Bonaparte forçait Arnault à jouer avec lui ao jeu de Voie, qui ne l'empêchait point de pdnser i ses affaires, .et où il prenait un véritable plaisir d*enfant. Puis on allait prendre des glaces sur la terrasse, en respirant cette atmosphère parfumée que Dieu a donnée à lltalie, et en admirant les mille étincelles dont les mouches phosphoriques éclairent sur les bords des lacs, Tépaisseur des ténèbres'. Rentrés au salon , Mme Léopold Berthier chantait des romances , aidée parfois par Joséphine. Eugène jouait, en s'attristant» avec son cher Fortuné , qui lui rappelait son père et sa mère prisonniers aux Carmes V On racontait des histoires merveilleuses qu'affectionnait le général, et dans lesquelles il excellait, et quelquefois, les daines retirées, sauf pourtant Joséphine, dont nous connais* sons le goût pour les entretiens sérieux, la soirée finissait par une de ces conversations instructives, attachantes, animées, sur la politique, les sciences, les arts qui s'engageaient entre le général en chef, Monge et Berthollet , dont Bonaparte avait réclamé le concours pour l'éclairer dans les questions scientifiques et artistiques concernant l'Italie'.

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