‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 112 sur 317 · Marmont, t. I, p · texte numérisé non relu

Marmont, t. I, p

Dans les loisirs que leur faisaient les lenteurs calculées de rAutriche, les hôtes de Montebello eurent .6 temps et Toceasion de parcourir les délicieux environs de ce château célèbre. Ce furent pour Bonaparte et Joséphine de poétiques émotions et des réceptions touchantes. Le souvenir de ces promenades autour des lacs enchantés de la campagne lombarde, a élé recueilli par les compagnons du captif de Sainte-Hélène 9 si heureux quand il se reportait à cette aurore de sa vie. a La cour de Montebello, liton dans les Mémoires publiés sous le nom de Napoléon *f fit plusieurs voyages au lac Majeur, aux îles Borromées , au lac de Gôme. Elle séjourna dans les différentes maisons de campagne qui environnent ces lacs. Chaque ville, chaque village voulait se distinguer et donner une marque d'hommage et de respect au libérateur de f Italie. Le corps diplomatique était frappé de tout ce qu'il voyait. »

Toutefois l'Autriche ne devait pas se rendre encore. Après ces trois mois passés à Montebello, les négociations n'avançaient pas. Sans rien rompre , on se sépara, et Bonaparte donna la fin du mois de juillet et le mois d'août à Milan. Les lenteurs et les refus du gouvernement autrichien venaient de la connaissance qu'il avait du mouvement royaliste qui se préparait à Paris, et que fit avorter le 1 8 fructifor. Le Directoire l'ayant emporté sans montrer de grands scrupules dans les moyens, le cabinet de Vienne comprit qu'il

1, Mémoires pour servir à Vhistoire de France sous le règne de Napoléon. Paris, 1830, t. U, p. 237.

fallait travailler de nouveau à la paix , mais d'une manière sérieuse, sous peine de voir la guerre recooimencer immédiatement. Les conférences furent donc reprises, et la ville d'Udine, dans le Frioul, fut choisie pour cet objet comme plus rapprochée des terres de TEmpire et affectant une plus évidente neutralité.

Vers le milieu de septembre, le général Bonaparte» accompagné de sa femme seule, sa famille étant repartie après le mariage de Pauline, se rendit à Passeriano, afin de terminer cette longue et difficile négo* dation. Passeriano était une fort belle maison de campagne, appartenant à Tex-doge Marin et située sur la rive gauche du Tagliamento , à quatre lieues d'Udine et à trois lieues des ruines d'Aquilée. A son jardin était attenant un parc magnifique , mais décoré avec plus de luxe que de goût*.

L'Autriche se trouvait représentée encore par le marquis de Gallo et de plus par le comte de Cobenlzel , celui ci d'une corpulence énorme, dur et difficile en affaires, où il apportait les éclats d'une voix retentissante et des gestes impérieux, mais ao salon très-homme du monde, agréable causeur, possédant et racontant volontiers les anecdotes de toutes les cours de TEurope, et, par conséquent, d'une société très-précieuse pour Mme Bonaparte, que cette négociation ainsi prolongée devait amuser peu'. Les conférences se tenaient alternativement chez les di-

1. Mémoires de Napoléon^ t. II, p. 332 ; et Souvenirs àe M. Arnault, t. ni, p. 325.

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