Souvenirs de M. Ârnault, l. III, p
On ne connaissait aucun détail de cette visite. Son récit forme une des pages les plus littéraires et les plus animées des Mémoires de Mannont, choisi par le général en chef, dans cette circonstance, pour accompagner sa femme. Une telle description est essentiellement de notre sujet; il vaut mieux la reproduire textuellement ici, que de redire les mêmes choses en d'autres termes assurément moins exacts que les paroles d'un témoin oculaire K
a Les Vénitiens ne pouvant se mettre aux pieds do vainqueur de l'Italie, de celui dont leur destinée dépendait, furent empressés de faire, pour la réception de sa femme, tout ce qui pouvait lui plaire, la flatter et l'honorer. Mme Bonaparte resta quatre jours à Venise; je l'y accompagnai. Trois jours furent consacrés aux plus belles fêtes.
« Le premier jour on donna une régate, course de barques et genre de fête réservé à la seule Venise.... La course se fait avec des bateaux extrêmement allongés, très-étroits, montés par un seul homme et quelquefois par deux. Cinq ou six de ces bateaux luttent ensemble , et la course commençant dans le grand canal, finit au Ponte-Rialto. Ces barques volent, et Ton ne peut se faire une idée de leur vitesse si on ne les a vues. La beauté de la fête consiste surtout dans lafQuence des spectateurs, Les Italiens sont très-avides de ce spectacle ; on arrive de la terre ferme pour en être témoin ; il n'y a pas un individu de la ville