‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 137 sur 317 · Mémorial de Sainte-Hélène , V' partie, p · texte numérisé non relu

Mémorial de Sainte-Hélène , V' partie, p

DE L'IMPÉliâ^mjBI JOSÉPHINE. ri5

créole était déjà on orades-vous de la bonne coin*pa^ia, cemjQM il eo fut TaBile^ Napoléon iiou« la dit, après le 9 thermidor.

Dana son désir d'aitiurer èa lui les classes qiii avaient tant souffert de la révolution , le Premier Consul voyait avec plaisir raffluence des parents d'émigrés qui venaient chez sa fennne à titre de selliciieurs et de vieilles connaissainces* En effets une fois son mari tout-pnissant , Joséphine devint le point de mire de toutes; les demandes et de tontes les espérances des hommes de Tancienne cour. On réclamait de son obligeance les démarches nécessaires pour obtenir la radiation de quelque parent non rentré,, ou pour être réintégré dans» de» biens non vendus, et même pour obtenir dies secours justifiés par d'honorables besoins. Joséphine, avec son inépuisable obligeance, se faisait Tinterprète de toutes les réclamations , et fort souvent elle réussissait auprès de son époux.

Cette conduite de Mme Bonaparte à l'égard de Témigration et de la noblesse parisienne, de ce qu'alors, par ce mot qui avait toute sa signification bien* définie et bien tranchée, on appelait le faubourg Saint-. Germain^ s'est presque élevée à la hauteur d'un rôle politique Ce rôle, conforme à sa nature et expliqué par sa vie passée , elle le joua de très-bonne foi , et ■on pas seulement, cela est facile à prouver, avec L'assentiment tacite de son mari : il nous a dit qu'il en avait calculé Timportance, il dut donc en favoriser le jeu pour la réussite de sa politique de

fusion. Aussi sans déchirer encore la liste des émigrés, il se montra, dès les premiers mois de son pouvoir ^ très-disposé à accorder de nombreuses radiations quand les demandes des intéressés étaient convenablement formulées.

Lorsque le 18 brumaire eut été connu dans les centres de lemigration , cet avènement de rancienne vicomtesse de Beauharnais y produisit une vive sensation. (( J'étais à Londres à cette époque, raconte M. de Las Cases, et je disais à l'Empereur que nous j avions conçu de grandes espérances. Plusieurs de nous, qui avaient connu jadis Mme de Beauharnais, partirent aussitôt pour Paris, dans Te^poir de parvenir par elle à exercer quelque influence ou imprimer quelque direction V » Ces espérances étaient excessives, mais c'est là le propre des partis qui ont éprouvé de longs malheurs.

C'est surtout dans une circonstance où elle fui laissée, par la politique de son mari, à Tentraînenient de son cœur, que Ton vit toute cette bonté, cette passion d'obliger qu'il faut constamment redire, au risque de se répéter, quand on parle de l'impératrice Joséphine; car c'est bien une réalité et non un dicton banal. Là est son caractère et sa popularité. A mesure que de nouveaux émigrés rentraient , les parents et les amis qui avaient obtenu leur radiation les amenaient chez Mme Bonaparte qui , pendant quelques mois , se trouva entourée ainsi d'une en-

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