Études (le M. le docteur Rufz, t. I, p. k'Sk
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ses profondeurs, lamer envahit ses rives, chassant et brisant devant elle les goélettes^ les vaisseaux même qui se trouvaient dans les rades ou qui naviguaient autour de Tîle. Dans ce cataclysme cinq cents personnes perdirent la vie; un plus grand nombre fut grièvement blessé. « De mémoire d'homme, ajoute une lettre écrite le lendemain de la catastrophe, on n'avait point vu de tempête si furieuse*. » M. de La Pagerie eut sa maison d'habitation entièrement ruinée et ses cultures dévastées ; le bâtiment seul de sa sucrerie resta debout. C'est là qu'il se réfugia avec ses deux jeunes enfants; et sa femme, alors au terme d'une pénible grossesse, mit au monde dans ce lieu même leur troisième fille, celle qui a été prise pour Joséphine*.
Nous savons peu de chose des premières années de celle-ci. Elles s'écoulèrent en grande partie sur l'habitation des Trois-Ilets, où l'enfant reçut, dès l'abord, l'éducation patriarcale et religieuse de la famille créole. Libre dans ses mouvements, dégagés de tout l'attirail qui en Europe compromet souvent la santé et altère la souplesse de Tenfance, Joséphine se développa rapidement, entourée de cette tendresse admirative qui teint, aux colonies, l'amour maternel d'une légère nuance d'idolâtrie, ce paganisme que le bourru d'Andilly reprochait si fort à Mme de Sévigné. Mais la gentillesse, la douceur et la grâce de la
1. Histoire générale des Antilles^ par M. Adrien Desales, t. V, p. 502.