‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 153 sur 317 · Ibid. p · texte numérisé non relu

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DE L'IMPfiRATRICE JOSÉPHINE. 97

devieiiDent plus abondants et plus prëcis sur le rôle, la conduite , les habitudes que la fortune ascendante de Bonaparte impose aux personnes qui vivent à ses côtés. K Conservez ( écrit à son élève l'oracle de Saint-Germain ) votre modeste extérieur et dans le maintien et dans la parure. Tant que vous n'êtes pas mariée vous n'avez pas d'état à tenir. Ne frappez les yeux des étrangers que par votre simplicité; soyez d'une grande politesse. Craignez vos distractions : on ne les jugera jamais favorablement. Quand les grands du temps passé étaienf impolis , ils dissent qu'ils avaient été distraits ; ainsi l'excuse n'a plus de valeur, même quand elle est réelle ; elle est usée. Soyez attentive avec les femmes âgées, ce sont elles qui font la réputation des jeunes personnes; et, en général, la jeunesse se livre trop dans les cercles, au penchant de rejoindre la jeunesse. Donnez aussi des marques d'une grande bienveillance aux femmes de province, aux étrangères dont vous remarquerez aisément la gène et l'embarras dans le cercle de votre maman, et qui y sont introduites à raison de l'état de leurs maris : que d'autels vous vous élèverez dans ces cœurs qui, s'ils ne sont pas formés aux manières et aux usages du grand monde, n'en sont que plus purs. Hélas! les malheurs que la calomnie a attirés sur une tète qui m'a été bien chère, n'ont eu pour principe que la faiblesse de rire des vieux bonnets, et la bassesse des femmes de cour, qui , pour lui plaire, excitaient et faisaient naître ces funestes moqueries.

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(f Votre situation ne doit pas tous ébkiair; ee serait un grand malheur pour tous, ma chère enfiml; mais elle doit vous porter à vous pénétrer des deroîn qni y sont attachés. Tout ce qui a existé ayant Toin, dans les palais que vous habitez , n*a cronlé vniqnment que pour avoir voulu jouir des avantages des position, sans en reconnaître et sans en sentir les eharges. Ne vous mêlez jamais d'afbiree; c*e8t ceqoe vous pouvez faire de plus sage au monde; nnii dites^le avec franchise , et ne laiseez jamais espérer vainement ; on finirait par vous taxer de nanvaise foi; et lorsque vous promettez de perler à votre ntman pour quelque chose qui intéresse votre cœur os votre sensibilité, rendez réponse avec ezactitodeel sincérité*. »

Grâce à Texemple de sa mère , comme anssi à ■ simple et droite nature , Mlle de Beauharnais anrt résisté aux éblouissements de sa position que k$ succès du Consul rendaient chaque Jour plus bnllante. Mais il paraît qu'il n'en était pas de même df toutes les femmes dont la fortune s'élevait avec le poovoir de Bonaparte. Mme Campan en loue Hortensr, sans nommer celles dont elle signale le ridicnlf- « Vous êtes un ange, lui mande-t-elle, de m'avoir»voyé la nouvelle de la signature de la paix (la ptn d'Amiens). Vive Bonaparte! sera le cri de toute âme pure, qui aime non-seulement son pays mais l'Iismanité. Quelle attitude est la sienne en ce moment!

l. Lettre du 2^ février 1801, I. !'% p. 1^0.

Pacificateur de Taiiiveral Auprès de quel bcnnme Yout vivez ! quel nom glorieux ¥0iu9 portez, ma obère eafanl! N'en conservez pas iBoins votre extrême simplicité ; qu'elle est belle au milieu de la gloire 1 Qu'il est sot de devenir maniérée avec un pareil entourage 1 il relève assez par lui-mâme; et lorsqu'on le tempère par les habitudes simples et modestes, on attire avec les hommages un respect, un amour, un sentiment qui valent œnt fois mieux ^ et qui font que tout le monde vous loue , sans être jaloux de vos avantages. Voilà de grandes vérités; peu de gens les sentent, parce qu'il y a peu de gens qui unissent l'esprit à la bonté, et qu'on leur dit : H vous famt de la dignité. Il en faut au chef du gouvernement, oui sans doute; mais i toute autre personne placée auprès de lui, c'est la décence des habitudes qui £ait sa dignité. D'ailleurs vous avez toutes l'extérieur de la grande richesse , et cela est à la fois nécessaire et suffisant : mais la bouffissure, l'air empesé, le salut de ci-devant princesses, etc., ah! fi! fi! ce n'est pas cela, et vous ne tomberez jamais dans ce plat étalage cpi cache la médiocrité, en faisant disparaître ce qui la ferait pardonner, la bonté d'âme. Ceci pour nous deux, ma chère enfant; je me livre d'abondance à mes réflexions; j'écris aussi vite que je pense, et c'est pour vous seule : on croirait que je critique quelques personnes; j'en suis à cent lieues, ce sont des réflexions que j'ai faites, il y a bien des années \ »

l. Lettre du 27 mars 1802, t. 1", p 205.

Malgré cette précaution oratoire , oa voit bien que Mme Campan n'en a pas aux nuages, et il 8*agit sans doute ici de quelque camarade d'Hortense qui anra pris de travers les principes de tenue enaeignés à Saint-Germain .

Pour être plus sûre de son fait, et empêcher que dans la pratique ses leçons ne fussent ainsi tnvesties» Mme Campan avait grand soin de les réduire en axiomes à ses anciennes élèves. On peut en juger par cette exacte et complète définition du bon ton qui convient aux femmes , insérée par elle dans une de ses lettres à Mlle de Beauhamais : « Bon ton dans k rang élevé, comme dans la société priYée — de la dignité sans hauteur, de la politesse sans fadeor, deb confiance sans hardiesse, du maintien sans roideor, des grâces sans affectation , de la réserve sans {Nroderie, de la gaieté sans bruyants éclats, de rinstructk» sans pédanterie, des talents sans prétention et de l'envie de plaire sans coquetterie^ »

Traitant, à la veille du Consulat à vie, sa jeaoe amie en princesse véritable, Mme Campan , dans on style qui s'élève avec la matière, lui recommande b protection intelligente des Arts et des Lettres, la mettant en garde contre les arguments employés dans les cours, pour se soustraire à cette obligation essentielle des souverains, arguments tirés des hautes prétentions, de l'amour-propre parfois excessif des écri* vains et des artistes : « N'allez pas croire qu'es

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