‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 154 sur 317 · Correspondance, 1. 1*% p · texte numérisé non relu

Correspondance, 1. 1*% p

DE L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE. iOi

aimant les arts je ne juge pas les artistes; vous vous tromperiez. Je sais qu'il n'y a pas d'êtres plus vains, plus orgueilleux; qu'ils veulent absolument marcher sur la ligne des premiers personnages ; mais Thistoire de tous les siècles les autorise dans cette prétention, et la leur rend légitime. Vous ne rencontrerez pas le nom d'un grand prince, d'un grand con* quérant dans Thistoire, qu'à sa suite, et sans aucune ligne de démarcation, vous ne trouviez les noms des grands hommes de son siècle. Alexandre, Périclès marchent avec Apelles, Zeuxis , Phidias ; Auguste, César ne sont jamais nommés sans Virgile, Horace, etc.; François V va visiter Léonard de Vinci; Téclat du nom de Louis XIV se relève par les noms de Racine, Boileau, Lebrun, Lesueur, Perrault, etc.*. Voilà leurs titres ; ils sont anciens et respectables , et cependant je ne les fais valoir à vos yeux que par l'intérêt que je porte à vous et au Premier Consul. Les princes qui ont senti cette vérité, ont été servis par eux. Eux seuls portent au loin les renommées. La plume, le ciseau, le pinceau, voilà ce qui donne en entier cette récompense de l'avenir, si justement désirée par des cœurs généreux. Je vous ai dit cent fois que Louis XVI et Marie -Antoinette , les derniers, les plus infortunés de tous nos monarques, n'avaient fait que des fautes politiques, et que leur vie privée les ferait toujours chérir par ceux qui les ont approchés.

1. Cest sans doute par une inadvertance que dut relever avec empressement Bonaparte, s*i1 vit cette lettre, que Corneille n*est pas nomnné ici.

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Une des grandes faates de la reine a été de me sorfir qne la musique parce qu'elle Taioittity et les modes parce qu'elle aimait la parare. Peinture, poésie, arli, manufactures nationales^ jamais on n'a pa loi faire entendre an mot de tout cela\ »

Complétant enfin ses conseils de condoile dans les derniers mois du Consulat qui tourne yisiblenieiil i TEmpire , Mme Campan résume ainsi les obligatioM que lui semble imposer cette déeîsiTe élévalien : « 0 £uit la faire chérir de tout le monde f et c'est «R tache bien difficile à remplir. L'égoïsme Tègne si généralement dans tous les cœurs , que le rang, la richesse ^ Téclat blessent presque tons les homnei» Il faut donc^ en quelque sorte, se iaire pardonner «s avantages par une politesse y une affiabilifé eaOrèoKMj et surtout en ne se croyant dégagée d'anenn des d^ voirs de la société. Vous connaissez ce que TétîqiKtte établit pour la famille du Premier Consul, et ce qu'elle interdit; ainsi vous ne risquez pas de tous y tromper. Votre pureté , votre haine pour T intrigue voos po^ tent , avec le tact que vous avez , à discerner les intrigants; vous ne courez donc aucun risque de fow compromettre de ce côté ; mais tout ce qui est attention, politesse, service sincère, mémoire pour servir ceux que vous aimez et estimez, devoirs dans tsHv société habituelle, tout cela doit vous occuper flé* rieusement, et la paresse ou le mauvais emploi <h temps, qui fait gaspiller des journées précieuses,

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