‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 157 sur 317 · Mémoires sur le Consulat, p · texte numérisé non relu

Mémoires sur le Consulat, p

DE L'IMPÉRATBICE JOSÉPHINE. i05

santé d'un palais , et surtout le rang et la gloire du Premier Consul. La Cour était alors ce qu'elle devait être, peu nombreuse mais décente. Le titre de Madame fut généralement rendu aux femmes chez le Premier Consul et dans les billets d'invitation qu'il leur faisait adresser : ce retour à l'ancien usage gagna bientôt le reste de la société. »

Outre ses réceptions du soir, Joséphine avait pris rhabitude d'inviter de temps en temps à des déjeuners tout à fait intimes, les plus jeunes de ses assidues, dont la timidité redoutait la supériorité des hommes distingués que l'on voyait au palais , et qui avaient encore besoin d'encouragements et de conseils. <c En causant avec Mme Bonaparte, pendant le déjeuner, repas toujours sans aucune cérémonie, de modes, de spectacles, de petits intérêts de société, ces jeunes femmes s'enhardissaient, et devenaient bien moins tapisserie^ pour le salon du Premier Consul , lorsqu'il venait y chercher quelque distraction : Mme Bonaparte faisait les honneurs de ce déjeuner avec une grâce charmante ^ »

C'est dans le salon de famille que Bonaparte était véritablement lui-même , sans préoccupation de son rôle et sans contrainte. C'est là qu'il était surtout intéressant de le voir et de l'entendre, au milieu d'une société plus restreinte, où il se laissait aller à tout l'élan de sa pensée, à toute l'inspiration de sa parole. Ceux qui fréquentaient les Tuileries étaient sûrs d'y être

Page 1