‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 161 sur 317 · Mémurial, V' partie, p · texte numérisé non relu

Mémurial, V' partie, p

n'ayant eu longtemps qu'une même chambre et qu'un même lit : ce Circonstance très-morale, disait TEm- « pereur, qui influe singulièrement sur un ménage, or assure le crédit de la femme, la dépendance du a mari, maintient l'intimité et les bonnes mœurs. « On ne se perd point de vue en quelque sorte, « continuait-il, quand on passe la nuit ensemble; « autrement on devient bientôt étrangers. Aussi tant a que dura cette habitude , aucune de mes pensées, <c aucune action n'échappaient à Joséphine; elle suia vait, saisissait, devinait tout, ce qui parfois n'é- « tait pas sans quelque gêne pour moi et pour les a affaires. » Et de son côté, Joséphine écrivant à sa mère , le 1 8 octobre 1 801 , lui attestait en ces termes son parfait bonheur : « Bonaparte vous écrira lorsque nous aurons pris possession de la colonie. Il désirerait bien que vous veniez en France , si vous pouviez vous accoutumer à vivre dans un climat si différent du vôtre. Vous devez bien aimer Bonaparte, il rend votre fille bien heureuse; il est bon, aimable, c'est en tout un homme charmant. * » Ce n'est que de sa femme que Napoléon pouvait recevoir cette qualification d'homme charmant. C'est en un seul mot tout un portrait nouveau de lui ; c*est rhomme intérieur avec sa sensibilité qui, au dehors, joue le stoïcisme, avec ses manières attentionnées et séduisantes, sa facilité de vivre, sa bonne humeur • que Ton devinerait peu sous l'accent du soldat et

1. Lettre autographe et inédite (Archives de famille). Nous la reproduisons in extenso dans l'Appendice.

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la tenue du politique. Mme Bonaparte qui connaissait le fond d'un cœur bon jusqu'à Texcès en présence des affections de famille, affirmait et se plaisait i exciter cette sensibilité, reprochant souvent à son époux de la renfermer trop soigneusement en lui, comme un signe de faiblesse , quand son âme ne voulait laisser voir que la grandeur et la force.

Dans son intérieur, le Premier Consul donnait i sa femme tous les instants que ne lui prenaient point les affaires; souvent même, avant le dîner, il descendait à sa toilette , touchant à tout, brouillant tout, et la taquinant amoureusement sur la pose de ses coiffures et le choix de ses robes, où certes, Joséphine n'avait rien à apprendre de lui. « Mme Bonaparte, qui possédait dans une réelle perfection Tari de se bien mettre , ajoute Mme d'Âbrantès en parlant de ees premiers temps*, donnait l'exemple de la plus extrême élégance.... Sa toilette était une des parties de sa vie bien autrement importante que celles qui regardaieut le soin do son existence. Elle n'aurait pas vécu si, le matin, le travail des trois toilettes n'avait pas été fait. Au reste, il n'y a rien à dire sur cette occupation daib une personne qui est assise auprès de la suprême puissance. » L'exemple de Joséphine était suivi, et cet elao profitait au commerce et aux manufactures dont le Premier Consul essayait de relever la prospérité. Aussi exiji;eait-il de tout le monde jeune et brillant des Tuileries, Tusagc exclusif des étoffes françaises, e!

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