‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 191 sur 317 · Mémoires do M. Thibaudeau, p · texte numérisé non relu

Mémoires do M. Thibaudeau, p

i94 HISTOIRE

formes, les manières, le jargon et les traditioDi de lancienne cour. Ces personnes-là s'égayaient donc sur la nouvelle; cependant elle fit de rapides progrès, el fut bientôt en état de le disputer, sous tous les rapports, aux. époques les plus brillantes de la monarchie. Pour y arriver on n'avait pas besoin de faire ses preuves. On y trouvait donc réuni ce qull y avait de plus distingué dans toutes les classes de la société, dans les arts, les sciences, le conunerceet les professions libérales. On y voyait une foule de guerriers^ de héros, tout resplendissants de la gloire de nos armes, fondateurs et soutiens inébranlables de Tindépcndance de la patrie. »

Les costumes finirent par se civiliser tout à hit. L'épée et les bas de soie remplacèrent le sabre et les ' bottes. L'habit noir à la française fut généndement adopté, et le ministre des finances, Gaudin, introduisit le premier à Saint-Cloud la bourse à cheveux et les manchettes de dentelle VC'étiiit là le costume habillé; chacun le prit (sauf bien entendu les militaires de profession) pour être agréable au Premier Consul qui voulait qu on ^liabillât. L'entraînement était général; on revenait aux modes comme ou voulait revenir au (lonverncmcnt d'autrefois. Les ultras tle la toilette et de la forme monarchique , entendaient même rétrograder jusqu'à la poudre et aux perruques. (( (Chaque matin, on regardait la tête du Premier Consul; si on l'eût vu une seule fois avec de la poudiv,

1 ThihiMidL'aii, |>. 15.

c'en était fait d'Une des modes les plus saines et les plus commodes de la Révolution ; les cheveux au naturel eussent été proscrits. Mais le Premier Consul ne put se résoudre, pour son compte, à cette réaction, et l'on conserva du moins la liberté de porter ses cheveux comme on le voulait.... Les femmes qui poussaient à Tancien régime par légèreté et par vanité, étaient cependant ennemies déclarées de la poudre; elles avaient de bonnes raisons pour cela. Elles tremblaient surtout que la réforme ne les atteignît, et qu'on ne finît par les grands paniers, après avoir commencé par les chignons et les toupets. Mme Bonaparte était à la tète de l'opposition; il appartenait de défendre la grâce et le bon goût, à la femme de la cour qui en avait le plus. Elle détestait la gène et la représentation. Elle répétait souvent son mot favori : < Que tout ceci me fatigue et m'ennuie ! ce Je n'ai pas un moment à moi. J'étais faite pour être « la femme d'un laboureur *. »

C'est que l'existence à Saint-Cloud était toute en dehors , toute d'apparat. Ce n'était plus la liberté presque bourgeoise de la Malmaison. L'étiquette avait augmenté en proportion de la grandeur de la résidence. La vie du Consul, rendue moins laborieuse par la paix, se partageait presque en audiences publiques, en grands dîners, en cercles le soir et en spectacles. »< Les audiences de Saint-Cloud, ajoutr le chroniqueur du Consulat*, étaient très-nombreuses

Page 1